Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 5

Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

6. Opinion de Jean Reboul (1851)

Jean Reboul Le P. d’Alzon eut la chance et la grâce de développer une belle amitié avec un poète nîmois, boulanger de profession, Jean Reboul (1796-1864) qui avait acquis un brin de célébrité littéraire avec un poème intitulé L’Ange et l’Enfant en 1828. Lamartine (1790-1869) lui dédia quelques-unes de ses œuvres romantiques majeures et Chateaubriand lui-même (1768-1848), au sommet de sa gloire, ne dédaigna pas de lui rendre visite en 1838 dans son commerce. Il y eut entre le P. d’Alzon et Jean Reboul quelques divergences d’appréciation sur la situation politique née de l’avènement de la République en 1848, mais elle n’entama pas durablement une confiance et une estime réciproques solides.

« Vous me parlez de M. d’Alzon. C’est, mon cher ami, un bon et digne ecclésiastique, instruit, plein de distinction dans les manières, charitable jusqu’à la perfection, ardent dans l’apostolat ; c’est un de ces esprits tels qu’en a enfantés l’Univers, et qui, comme ce journal, sacrifierait peut-être les garanties les plus nécessaires à la société pour conserver la liberté de l’Eglise. Je sais bien que nous ne guérirons que par le Christ ; mais je sais aussi qu’il y a un ordre temporel qui ne peut se passer du droit et qu’il est et qu’il sera toujours peu catholique de professer l’indifférence pour un principe qui n’est, en définitive, que la copie du type religieux. Grâce au ciel, les enseignements n’ont pas manqué aux deux ordres ; l’Etat a vu ce qu’il avait à gagner à la servitude de l’Eglise, et celle-ci aux caresses qu’elle a pu avoir faites à la révolution ».

Lettre de Jean Reboul, Nîmes, 29 mai 1851, à Marcellin de Fresne, d’après l’édition de sa correspondance faite en 1865 par J. Poujoulat. Texte présenté dans Lettres d’Alzon, t. V, p. 435. Jean Reboul est le poète boulanger de Nîmes, ami du P. d’Alzon, mais resté un légitimiste sourcilleux et critique durant la phase romantique de 1848 où l’Eglise avait béni les ‘arbres de la liberté’. Marcellin de Fresne est à cette époque un Conseiller d’Etat, ami de Reboul et de Poujoulat. Ce dernier (1800-1880), parent de Mère Marie-Eugénie de Jésus, est un journaliste, éditeur de textes, également tenté par une carrière politique.

 

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