Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 5

Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

60. Le souvenir du P. d’Alzon chez Mgr Girbeau (1950)

L’évêque de Nîmes en 1950, Mgr Jean-Justin Girbeau (1870-1963) présida les fêtes du Centenaire des Augustins de l’Assomption, célébrées à Nîmes et au Vigan les 30-31 mai et 1 er juin 1950. On retint cette date à cause de l’émission des premiers vœux publics des Assomptionnistes dans la nuit de Noël 1850, mais la Congrégation avait pris son départ dès la nuit de Noël 1845.

« ‘Grand roi, cesse de vaincre ou je cesse d’écrire’. L’historien du P. d’Alzon pourrait transposer ces paroles de Boileau à Louis XIV et les appliquer à la fécondité inépuisable de son héros. L’esprit de l’abbé d’Alzon était en perpétuel travail de création et d’organisation. Une Dame de la Miséricorde disait : ‘A chacune de nos réunions, il nous apporte deux idées nouvelles’. Il s’est peint lui-même dans une lettre à un ami : ‘Je fais comme les poules ; dès que leurs poussins ont grandi, elles leur donnent des coups de bec pour les forcer à s’éloigner et elles vont à d’autres’. Il se calomniait. S’il multipliait les œuvres autour de lui, il attendait pour les quitter et les confier à d’autres qu’elles fussent bien consolidées. Une œuvre ne sortait jamais de ses propres mains sans qu’elle n’eût reçu une empreinte ineffaçable de son âme d’apôtre et de son talent d’organisateur. Telle l’Association des Dames de la Miséricorde, qui languissait avant lui et sur laquelle il fit passer un souffle qui la rénova et multiplia ses membres et leurs activités…

Les œuvres de Dieu sont lentes. La première ouverture de ce dessein hardi s’était faite en 1845. Au collège, les ‘postulants’ commencèrent leur noviciat. Ce noviciat connut des fortunes diverses. Ce ne fut qu’à la nuit de Noël 1850, que les premiers vœux furent émis devant la crèche du Sauveur. Comme à Bethléem, l’enfant qui naissait dans l’humble chapelle du collège était la faiblesse et l’impuissance. Mais il devait grandir, comme grandit l’Enfant de la crèche sur les genoux et sous les regards de sa Mère. La Congrégation a franchi les limites du diocèse, les frontières de la France, et, comme un grand arbre, le grain de sénevé de Noël 1850 couvre de ses branches tous les continents… ».

Extrait de la Lettre de Mgr Girbeau à l’Eglise de Nîmes, à l’occasion du centenaire de la Congrégation, d’après La Documentation catholique, 17 décembre 1950, n° 1084, col. 1652-1654.

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