Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
67. Le Père d’Alzon d’après Bernoville (1957)
La Congrégation eut à plusieurs reprises la préoccupation de faire connaître la figure du P. d’Alzon par la plume d’un publiciste catholique assez connu, dont en 1957 celle de Gaétan Bernoville (1889-1960), lequel avait déjà commis le même exercice pour le P. Pernet (1824-1899). L’auteur lui-même, en préface, reconnaît pour son essai sa grande dépendance à l’égard du P. Siméon Vailhé. Il enrichit cependant le portrait du Fondateur de l’Assomption en tenant compte à son sujet des dernières recherches faites sur la personne controversée de Lamennais (1782-1854).
« … Les arbres ne cachent pas la forêt. Ils ne la cachent pas, parce que, si riche, exubérant, divers et contrasté que soit l’homme, si abondant et même surabondant en entreprises très différentes qu’ait été l’apôtre, le P. d’Alzon est mû en tout par une grande idée simple, une seule, et une unique passion. On lui a beaucoup reproché, de son vivant surtout, sa dispersion. Pour ma part, je suis au contraire frappé par l’unité de sa pensée, de son action et de sa vie et par la façon magistrale dont il ramenait les variétés et contrastes de sa nature, la multiplicité de ses initiatives, à un objectif essentiel, une fois pour toutes perçu et dont il n’a jamais démarré (sic). De ses quelque trente mille lettres et dix mille sermons, des deux congrégations qu’il a fondées, à celles qu’il a contribué à fonder ou qu’il a animées, des associations et des œuvres qu’il a conçues, réalisées et constamment inspirées, de son labeur de vicaire général, de ses luttes pour la défense de l’Eglise, et l’avènement du royaume de Dieu, enfin, de son action multiforme, vertigineuse, il surgit comme une flèche dont la trajectoire, ne dévie pas et dont le point de départ est identique au point d’arrivée. Le P. d’Alzon a toujours eu l’obsession, et comme le tourment de l’unité. Le principe de cette unité est dans le dernier mot qui s’échappa de sa bouche expirante : Jésus ».
Finale du livre de l’auteur, Un promoteur de la Renaissance catholique au XIXe siècle, Emmanuel d’Alzon (1810-1880), Paris, Grasset, 1957, page 255