Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 5

Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

68. Un Maître Spirituel du dix-neuvième siècle (1958)

Le P. Athanase Sage s’est attaché dans cet ouvrage magistral, mais de présentation sévère, à retracer les étapes de la pensée du P. d’Alzon, en analysant chronologiquement tous ses écrits. Il n’enlève rien à l’inspiration ou à l’influence augustinienne que le P. Cayré avait précédemment relevée ; mais son point de vue démontre supérieurement que c’est en étudiant d’abord la pensée propre du P. d’Alzon, ses grands articulations et ses thèmes majeurs dans leur déroulement progressif, que l’on peut mieux saisir ses intuitions et son apport original.

« Rien ne favorise l’intelligence d’une doctrine comme d’en connaître la genèse. Assister à la construction d’une maison fait mieux percevoir sa solidité. Que d’œuvres humaines sont mieux comprises par celui qui connaît par le détail leur longue réalisation. Ainsi, l’étude des sources et de l’évolution du droit est essentielle à une intelligence complète de celui-ci. De même, si on veut saisir le plus fidèlement possible les consignes d’un chef, on doit se rendre compte de ce qui les a motivées.

Il y a deux ans, au cours de la retraite annuelle de la Curie Généralice et des Supérieurs Majeurs, un premier aperçu synthétique de la pensée alzonienne nous fut donnée par le P. Athanase. Il nous enthousiasma, car il nous faisait mieux apprécier les richesses et l’unité organique de la spiritualité du P. d’Alzon. De plus, il faisait déjà entrevoir combien serait avantageuse et formatrice l’étude plus poussée que le Père se proposait de poursuivre. Elle nous aiderait à mieux percevoir le développement de la pensée spirituelle de celui que Dieu nous a donné pour père et ferait apparaître plus nettement les lignes maîtresses et constantes d’une pensée doctrinale, si féconde en aperçus théologiques ; elle révélerait le souffle toujours plus puissant de son amour pour Notre-Seigneur, la très Sainte Vierge et l’Eglise. Il ne peut être que salutaire et enthousiasmant de méditer la maturation de cette doctrine et de cet amour, sur le fond d’une vie intérieure très ardente, inspirant une activité intensément apostolique… ».

Extrait de la Préface du livre du P. Sage par le P. Wilfrid Dufault, Rome, 1958, pages 5-6.

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