Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
73. L’Assomptionniste d’après Adrien Pépin (1963)
Le P. Adrien Pépin (1894-1980) qui ne prit la direction des Archives générales à Rome qu’en 1965, consacra à la Congrégation un livre qui rappelait son aventure d’un siècle et son ouverture aux larges horizons missionnaires, à l’époque même où l’Eglise avec le concile Vatican II entendait donner au monde une nouvelle image d’elle-même et poursuivre avec lui un dialogue renouvelé.
« L’Assomptionniste est d’abord un vrai religieux, puis un apôtre zélé. Avant de faire régner Dieu dans les autres, il le fait régner en lui-même par sa sanctification personnelle, à l’aide des trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, consacrés par l’Eglise comme des moyens efficaces de perfection, et avec tous les secours surnaturels que lui procure l’appartenance à une communauté aussi monastique que peut le comporter l’apostolat moderne.
Le P. d’Alzon a traité, dans une lettre au noviciat, de l’avènement du royaume de Dieu en nous. Il écrit : ‘Quel est ce royaume de Dieu ? C’était l’état de relations intimes où nous devons arriver, selon ce que Dieu est et selon ce que nous sommes. Mais Dieu, infiniment parfait, est immuable. Ce n’est pas de son côté que peut avoir lieu le changement, c’est du nôtre, en ce sens que, nous dépouillant tous les jours de nos défauts, de nos habitudes coupables, nous nous rendions moins indignes de ces communications ineffables que Dieu ne dédaigne pas de faire par sa grâce aux âmes qui, dans la sincérité et la générosité de l’effort , s’appliquent à lui donner une puissance absolue sur elles-mêmes’… L’instauration du règne de Dieu en nous s’impose au nom de nos devoirs de créatures, de chrétiens et de religieux… ».
Extrait de l’ouvrage du P. Adrien Pépin, Les Religieux de l’Assomption, Paris, B. P., 1963, page 97. L’ouvrage reprend un certain nombre de notes que le P. Pépin avait déjà consignées dans un cahier de 138 pages en 1956, intitulé Les Assomptionistes.