Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 5

Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

74. Le P. d’Alzon et l’Assomption d’après Daniel-Rops (1962-1965)

L’écrivain, académicien et historien catholique Daniel-Rops [Henri Petiot] (1901-1965) écrivit entre 1948 et 1965 sa série historique à succès, intitulée : Histoire de l’Eglise du Christ dont le tome XI contient un certain nombre d’appréciations sur le P. d’Alzon et les Assomptionnistes. La partie la plus fournie concerne évidemment leur situation à partir de 1900. Nous en relevons l’extrait suivant :

« Après avoir frappé les nationalistes et les antisémites, il [Waldeck-Rousseau] engagea un procès contre les ‘assomptionnistes’, exactement les ‘augustins de l’Assomption’, congrégation fondée en 1850 (sic) par le père d’Alzon tout exprès en vue de l’apostolat par l’imprimerie et dont, en effet, la maison d’édition la Bonne Presse et le journal La Croix avaient une influence considérable dans le public catholique.

Cette congrégation n’était pas autorisée. On poursuivit douze de ses chefs, dont le supérieur général, le père Picard et le directeur de La Croix, le père Vincent de Paul Bailly, en vertu de l’article 291 du Code pénal qui vise les associations illicites. Ils furent frappés d’une amende et la congrégation [fut] dissoute.

A la suite de quoi le cardinal Richard alla faire à leur maison de la rue François-Ier une visite de sympathie ; mais Léon XIII, comme on l’a vu, les invita à abandonner le journal, lequel fut repris par un grand industriel du Nord, Paul Féron-Vrau.

Jeter à la meute les assomptionnistes (sic), et bien entendu les Jésuites (sic) – encore qu’Albert de Mun eût démontré qu’aucun des accusateurs de Dreyfus ne sortait de leurs écoles – et, de surcroît, les Frères des Ecoles chrétiennes, à propos d’un d’entre eux, le frère Flamidien, accusé de meurtre dans des conditions encore plus révoltantes que celles du procès Dreyfus, tout cela suffirait-il à calmer les loups hurlants ?…

Ce fut donc contre toutes les congrégations religieuses qu’il engage la lutte. Le point d’attaque contre l’ Eglise était bien choisi. Les grandes congrégations n’ont-elles pas pour fonction essentielle, du centre de l’unité catholique et sous le contrôle direct du Saint-Siège, de veiller sur cette unité même et de lutter contre ce qui risque de la compromettre ? Les frapper, c’était atteindre la catholicité en un centre vital ».

Daniel-Rops, Histoire de l’Eglise du Christ, t. XI Un combat pour Dieu, édit. Arthème Fayard, 1966, page148-149.

 Webmestre: D. Remiot
Vers la page d'accueil du site