Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 5

Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

76. Le Père d’Alzon dans La Nouvelle Histoire de l’Eglise (1975)

Le tome V de cette Nouvelle Histoire de l’Eglise, L’Eglise dans le monde moderne (R. Aubert, M.D. Knowles, L.J. Rogier), parue en 1975 au Seuil, comporte quatre allusions au P. d’Alzon : pages 144, 505, 522 et 523, que nous estimons utiles de reproduire partiellement :

« Dès le pontificat de Pie IX, des fondateurs de congrégations religieuses comme le père d’Alzon ou don Bosco orientent nettement leurs disciples dans cette direction [d’apostolat conquérant], et le phénomène ne se limite pas aux religieux » (p. 144).

Le père d’Alzon, fondateur des augustins de l’Assomption, y voyait un motif de préparer la grande mission orientale, celle qui devait supplanter ‘la fausse croix’. Du tremplin fixé à Sofia (sic), où la mission assomptionniste butait contre d’autres forces missionnaires mieux enracinées (les résurrectionnistes autrichiens et polonais), le père d’Alzon voulait atteindre Odessa. Il y préparait des ‘sujets’ bien doués pour cette ‘croisade catholique’, car il doutait déjà des destinées sociales et politiques de cette prestigieuse Russie qui venait de briser la puissance de l’Empire ottoman… » (page 505).

Le père Emmanuel d’Alzon, le fondateur des augustins de l’Assomption, fut sans contredit l’un des pionniers les plus représentatifs de cette offensive anti-schismatique dans la seconde moitié du XIXème siècle. Dès le mois de juillet 1862, il cherchait à coordonner avec les responsables de la Congrégation de la Propagande et avec Mgr Brunoni, le délégué apostolique à Constantinople, un plan audacieux que la conjoncture politique de l’Empire ottoman lui semblait devoir favoriser… » (pages 522-523).

D’une façon générale, les ouvrages et manuels d’Histoire de l’Eglise en français et les mieux informés, dès les années 1930-1940, consacrent quelques lignes au P. d’Alzon et à la Congrégation des Augustins de l’Assomption, en direction de quelques traits accentués de leur spiritualité, de leur apostolat et de leur histoire, principalement l’ultramontanisme, l’héritage mennaisien, l’apostolat oriental, les pèlerinages, l’éducation et l’œuvre de presse, surtout au temps de l’affaire Dreyfus, du procès de 1900 et de la loi d’Association de 1901. Un rapide coup d’œil à ce sujet le démontre éloquemment. Remontons à un classique, l’ouvrage de Lecanuet, dominicain d’inspiration libérale, intitulé L’Eglise de France sous la troisième République, t. I, 1910, Paris, Poussielgue, qui épingle le P. d’Alzon quatre fois, de façon assez mordante (p. 127, 163, 276, 306) et dans le t. II deux fois, p. 73 et 84. De façon plus contemporaine et de jugement plus équilibré, citons l’ouvrage d’André Latreille et de René Rémond, Histoire du catholicisme en France, t. III (la période contemporaine), édité à Paris, Spes, 1962, qui cite deux fois le P. d’Alzon, respectivement aux pages 432 et 436 ; celui de l’historien Pierre Miquel, La Troisième République, Fayard, 1989, consacre trois citations au P. d’Alzon (p. 117, 120, 267) ; celui de François Lebrun, Histoire des catholiques en France du XVe siècle à nos jours, Privat, 1980, fait référence trois fois soit au P. d’Alzon soit aux Assomptionnistes : pages 356, 359 et 364 ; Histoire du catholicisme en France de Paul Christophe, t. II, L’Eglise dans l’histoire des hommes, du quinzième siècle à nos jours, Droguet-Ardant, 1983, fait référence au P. d’Alzon à la page 412. Pierre Pierrard, L’Eglise et les ouvriers en France (1840-1940), Hachette, mentionne 4 fois le P. d’Alzon, aux pages 285, 289, 296 et 325. Gérard Cholvy et Yves-Marie Hilaire, dans Histoire religieuse de la France contemporaine, 1800/1880, t I, Privat, 1985, cite six fois le P. d’Alzon, aux pages 93, 159, 190, 173, 194 et 195. Preuves sont faites de l’importance et de la notoriété accordées à une congrégation et à son Fondateur dont l’histoire devient incontournable pour prendre en compte leur vécu ecclésial et leur insertion dans le cours du temps. Quant aux jugements ou aux opinions, ils se font au cours du temps nettement plus apaisés ou plus iréniques.

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