Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
77. L’Assomption dans le Dictionnaire de Mourre (1978)
A partir du début du XXème siècle, les dictionnaires et encyclopédies commencent à mentionner la Congrégation des Augustins de l’Assomption dans leurs colonnes, de même que les Manuels d’histoire. Cette notoriété leur provient d’une façon générale, du moins en France, des luttes politico-religieuses qui ont précédé la loi sur les Associations et celle de la séparation des Eglises et de l’Etat, avec une connotation sulfureuse due à leur implication dans l’affaire Dreyfus à travers les colonnes de La Croix. Michel Mourre (1928-1977) a consacré ses 25 dernières années à rédiger le premier dictionnaire d’histoire universelle édité en langue française depuis 1857. Avec le temps, les passions se sont apaisées et l’historien qui auparavant prenait volontiers des allures d’idéologue ou de pamphlétaire, apporte désormais un ton informatif plus impartial.
« Assomptionnistes : nom commun des Augustins de l’Assomption, congrégation religieuse fondée à Nîmes en 1845 par Emmanuel d’Alzon et approuvée par Pie IX en 1864 ; elle est régie par la règle de st Augustin. Les assomptionnistes français se consacrèrent particulièrement aux œuvres de presse et fondèrent la Maison de la Bonne Presse, dont le quotidien La Croix (1883) fut le principal organe. Les positions antirépublicaines prises par ce journal au moment de l’affaire Dreyfus, sous l’impulsion du P. Vincent de Paul Bailly, provoquèrent une vive réaction du ministère Waldeck-Rousseau, qui fit condamner les assomptionnistes pour constitution d’association non autorisée (24 janv. 1900). Depuis les années 1930, les assomptionnistes ont travaillé, au contraire, dans des publications telles que La Croix et La Documentation catholique, à rallier les catholiques à la démocratie sociale ».
Article Assomptionnistes dans Mourre, Dictionnaire encyclopédique d’histoire, t. I a-c, édition Bordas, 1996, page 448.