Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
81. Une identité, la Règle de vie ; une filiation, celle du Père d’Alzon (1983)
Selon les normes édictées par le concile Vatican II et le décret sur le Renouveau de la vie religieuse, la Congrégation des Augustins de l’Assomption entre 1969 et 1983 a procédé à la refonte de ses Constitutions, chapitre après chapitre, bénéficiant d’un délai d’aggiornamento et d’une législation ad experimentum. Après examen de la Sacrée Congrégation des Religieux, le texte officiel de sa Règle de vie a été promulgué en date du 8 décembre 1983.
« Quand Dieu voit son peuple dans le besoin, il appelle des hommes. Il leur donne la grâce de sentir, d’aimer comme Lui. Et la force d’entreprendre. Il les appelle et les envoie.
Dans l’Eglise du XIXe siècle, Emmanuel d’Alzon est un de ces hommes.
Sensible, par nature et par grâce, aux grandes mutations de son pays et du monde après la Révolution française, il souffre partout où Dieu est menacé dans l’homme et l’homme menacé comme image de Dieu.
Sa passion pour la venue du Royaume de Dieu, sa passion pour Jésus-Christ et pour tout ce que Jésus-Christ aime, il se sent poussé à les partager avec des frères.
A Noël 1845, dans le Collège de l’Assomption à Nîmes, il fonde la première Communauté assomptionniste. Il la veut à la fois moderne et enracinée dans la tradition de l’Eglise. Il la met à l’école de St Augustin pour l’expérience de Dieu, la vie fraternelle, l’amour de l’Eglise et le service de l’homme dans la vérité, l’unité, la charité.
C’est pourquoi, il a voulu nous donner comme nom dans l’Eglise : Augustins de l’Assomption.
Commencée dans une école, la Congrégation ne s’y enfermera pas. Le Fondateur sensibilise ses premiers disciples aux grandes Causes de Dieu et de l’homme de leur temps : la vérité, la foi, l’unité de l’Eglise, les vocations, les pauvres… Il les pousse dans des voies nouvelles et audacieuses : séminaires pour pauvres, Mission d’Orient, journalisme, pèlerinages, service des familles ouvrières…
Mais avant toute chose, il les invite dans un seul et même mouvement à ‘chercher le Règne de Jésus-Christ en nous et autour de nous’.
Né en 1810 au Vigan, Emmanuel d’Alzon meurt à Nîmes en 1880. Depuis plus de 100 ans, cette semence de vie religieuse que Dieu lui avait confiée a continué à se répandre et à germer un peu partout dans le monde.
En 1855, il écrivit la première Règle de vie assomptionniste.
Celle-ci, de 1983, en garde le souvenir et conserve en elle les gènes de ses origines. Celui qui veut la lire et la vivre dans l’esprit du Fondateur y trouvera un chemin d’Evangile.
Cette Règle porte en elle les traces de 130 ans d’histoire assomptionniste, à travers le monde. C’est dans la vie des communautés et la conscience de chaque religieux qu’elle donnera encore son fruit.
Elle ne cesse d’émettre des appels, à qui veut… Avec un cœur de disciple, écoutons-là.
L’Assomption trouvera ici, et ici seulement, le secret de sa vocation, de sa vie commune et de sa mission dans l’Eglise.
A la manière d’Emmanuel d’Alzon ».
Préface de la Règle de vie de la Congrégation des Augustins de l’Assomption, selon le P. Hervé Stéphan, pages 3-5, datée du 21 novembre 1984.