Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
85. Deux plaquettes sur les Assomptionnistes (1993-1994)
En 1993-1994 ont paru deux plaquettes illustrées, chacune d’elles consacrée aux Assomptionnistes, la première, intitulée exactement Les Assomptionnistes Des hommes de foi en pleine vie (éditions du Signe, 32 pages), émanant de la Curie généralice à Rome, traduite en 9 langues, la seconde de la Province de France, intitulée Assomptionnistes nous sommes des religieux vivant en communauté apostolique (Paris, 32 pages). Nous donnons la préface dont René Rémond (1918-2007), éminent politologue et historien, a bien voulu honorer la seconde :
« Essayons de ne pas décevoir la confiance que les religieux assomptionnistes qui me sollicitent de porter un jugement sur l’activité passée de leur congrégation et de risquer quelques suggestions pour l’avenir. L’observateur extérieur, même s’il connaît bien leur histoire et s’il eut maintes occasions de travailler avec eux, ne saisit jamais que les aspects les plus apparents : ce ne sont pas toujours les plus importants ni nécessairement les plus significatifs. On n’en voudra donc pas à ce témoignage de ses lacunes et de ce qu’il peut avoir de superficiel. Un premier trait frappe l’historien, qui est un titre à retenir son attention, la durée d’existence de la congrégation : plus d’un siècle un quart. C’est une présomption que les intuitions du Fondateur étaient judicieuses. C’est un signe aussi que la transmission de génération en génération a été bien assurée. J’ajouterai sa diffusion à la surface du globe à partir de la France et sa présence aujourd’hui sur tous les continents. Quant aux domaines où l’Assomption exerce ses activités, deux paraissent particulièrement originaux et tracent les voies de son développement futur. C’est d’abord l’intérêt pour l’Orient byzantin, l’orthodoxie et la Russie. Si ce n’est pas l’aspect le plus connu, c’est l’un des plus précieux par la préoccupation qu’il atteste. Au moment où l’effondrement du régime communiste entrouvre des possibilités imprévisibles à la recherche de Dieu, cette orientation est plus nécessaire que jamais ; il est hautement souhaitable que l’Assomption continue de former des experts de cet univers historique et spirituel. L’autre direction est, elle, beaucoup plus connue : c’est le domaine de la communication. Ce fut l’une des intuitions fondatrices que de vouloir mettre au service d’une affirmation chrétienne les moyens nouveaux suscités par le progrès technique et d’avoir perçu avant d’autres le pouvoir de la presse. S’il faut bien reconnaître que, dans les premiers temps, ces ressources furent utilisés dans une perspective qui avec le recul du temps, apparaît à contre-courant des transformations de la société, l’orientation a été depuis longtemps rectifiée dans le sens de l’ouverture aux aspirations légitimes de nos contemporains. Bayard Presse s’est taillé dans la presse française une place considérable et son succès démontre que réussite matérielle et fidélité à l’idéal évangélique ne sont pas contradictoires dans la France d’aujourd’hui, où la plupart des institutions chrétiennes sont en perte de vitesse, où les mouvements qui encadraient jadis l’enfance et l’adolescence ont perdu leur dynamisme, où surtout la catéchèse de la jeunesse a cessé d’être une pratique majoritaire, la constellation des publications qui s’adressent aux différents âges de l’enfance et de la jeunesse constitue la principale structure assurant une formation évangélique. Nul doute que la congrégation soit, à l’avenir, de plus en plus appelée de ce fait à jouer un rôle déterminant dans l’univers de la communication ».
Extrait de la plaquette : Assomptionnistes nous sommes des religieux vivant en communauté apostolique