Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 5

Le P. d’Alzon et l’Assomption vus par des contemporains, des historiens et des Assomptionnistes

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

96. En guise de conclusion : Hier, aujourd’hui, pour demain

Le chemin ouvert par Emmanuel d’Alzon se poursuit dans la vie de celles et ceux, religieuses, religieux et laïcs, qui ont goûté et goûtent à sa vie, à son action et à son message comme à une source rafraîchissante.

Un réalisme de foi lui faisait écrire en juin 1858 à Mère Marie-Eugénie de Jésus :

« Dieu semble mettre notre petite Congrégation masculine dans une ignorance absolue de son avenir. Nous ferons comme Abraham, qui partit de chez lui, sans savoir pour quel pays, et que Dieu bénit à cause de cette confiance absolue à planter sa tente au jour le jour. Ah ! si nous avions la foi des patriarches, la belle alliance que nous ferions avec Notre-Seigneur ! ».

(Lettres d’Alzon, t. II, p. 471).

L’Assomption est une réalité d’histoire et de foi : elle plonge ses racines dans celles de son Fondateur ; son présent ne se mesure pas à la seule aune de ses difficultés parce qu’un avenir lui est toujours ouvert aux conditions qu’elle s’est elle-même fixées dans sa Règle de vie : demeurer fraternelle, priante, missionnaire, accueillante et appelante, lieu de conversion et d’aventure évangélique.

Le P. d’Alzon et l’Assomption auraient pu écrire les premières lignes de cet étonnant aphorisme, de toute espérance, qu’a rappelé Emile Poulat dans la conclusion du Colloque de 1980 et qu’il a puisé dans les colonnes de L’Avenir du 3 janvier 1831 :

« Le premier jour, l’homme ne parlait pas, et c’était une bête sauvage.

Le second jour, il parla, et ce fut un homme.

Le troisième jour, il écrivit, et ce fut un peuple.

Le quatrième jour, il imprima, et ce fut un monde.

Le cinquième jour… Catholiques, réfléchissons, étudions, prions Dieu, et surtout n’ayons peur de rien. »

A l’Assomption de l’aube du troisième millénaire d’accompagner l’écriture des sept jours de la création. Mais déjà, un magnifique complément pourrait être apporté à ce travail si, d’aventure, dans chaque pays où la Congrégation a été ou est toujours présente, pouvaient être collectés des témoignages originaux sur elle, quelles que soient l’époque, la langue et la date de ces écrits (journaux, revues…).

© P. Jean-Paul Périer-Muzet,

mars 2008.

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