Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 9

De l'Assomption indivise à l'Assomption des Provinces (1845-1952).

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

 

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Importance de la Mission d’Orient

L’agenda des Augustins de l’Assomption de 1898 [26] nous donne la répartition des religieux de cette année. Il montre l’importance de la Mission d’Orient en cette fin du XIXème siècle : sur les 378 membres que compte la congrégation, religieux et novices confondus, 196 se trouvent en France, 25 en Bulgarie et pas moins de 176 sur le territoire de l’Empire Ottoman : 45 à Jérusalem et 131 en Turquie, dont 40 à Phanaraki et 33 à Kadiköy. 

Angleterre

Ce sont les expulsions de 1900 qui vont amener l’Assomption à franchir la Manche. Les Religieuses de l’Assomption y étaient déjà présentes depuis 1849, et c’est en lien avec les Petites Sœurs de l’Assomption, arrivées en 1880, que se fera la fondation. En 1901, le P. Marie-Joseph Laity est envoyé à Londres où le Cardinal Herbert Vaughan, archevêque de Westminster, avait invité les Assomptionnistes. Ils s’installent à Bethnal Green, dans l’East-End, dans un quartier populaire de Londres qui comptait aussi des descendants de huguenots cévenols réfugiés après la révocation de l’Edit de Nantes. Les débuts sont précaires : ils s’installent dans un premier temps dans une ancienne épicerie dont l’arrière-boutique servait d’écurie à un âne ! Le nombre de fidèles augmentant rapidement, les religieux aménagent une nouvelle chapelle, cette fois-ci dans un ancien entrepôt de farine.
Une seconde communauté s’installe la même année à Newhaven, sur la côte, pour la petite minorité de catholiques de la ville. Au Nord de Londres, un autre poste de mission est créé à Rickmansworth, à la campagne, dans le but de fonder un premier alumnat anglais, qui n’aboutira qu’en 1910, mais à Bethnal Green. Enfin, au Sud-Est du pays, les religieux rejoignent les Oblates en prenant en charge une paroisse à Charlton.

Amérique

Chili

Au cours du Pèlerinage National à Lourdes en 1889, le P. Picard rencontre Mgr Mariano Casanova, archevêque de Santiago du Chili. Celui-ci était en tournée en Europe d’où il espérait convaincre des congrégations de venir s’implanter dans son pays. Confrontée à un Etat libéral cherchant à diminuer son rôle social, l’Eglise souhaitait en effet renforcer sa présence dans les milieux populaires. L’éducation et l'évangélisation des campagnes seraient les deux axes de la mission. Un tel objectif concorde avec les vues assomptionnistes et en 1890 dix religieux quittent Osma avec à leur tête le P. Stéphane Chaboud. C’est la deuxième fondation assomptionniste « au-delà des mers » après l'Australie. Le résultat sera tout autre. Ils s’implantent d’abord dans l’ancienne hacienda de Mendoza, près de la ville de Rengo, se livrant à des prédications et à des retraites. En 1892, l’évêque leur confie l’animation d’une église dédiée à Notre-Dame de Lourdes qu’ils vont transformer en un sanctuaire attirant de plus en plus de pèlerins. En 1901 paraît le premier exemplaire de la revue El Eco del Santuario de Nuestra Señora de Lourdes .

Stéphane (Jacques Marie) Chaboud 
(1857-1921)

Né le 10 août 1857 à Lyon, il fait d’abord des études de clerc de notaire avant de rejoindre l’alumnat de Clairmarais à 20 ans. Novice à François Ier sous la direction du P. Picard entre 1878 et 1880, il fait ses études à Osma et à Rome. Responsable d’alumnats à Roussas et à Brian, puis de l’éphémère collège d’Osma, c’est lui qui est choisi en 1890 pour la fondation chilienne dont il assume la responsabilité jusqu’en 1897. Il a ensuite la tâche de diriger le collège de Nîmes jusqu’à son déménagement en 1909 puis d’organiser et de développer la mission nord-américaine. Nommé assistant général en 1918, il meurt à Rome le 31 décembre 1921.

 

 

 

Très sollicités, les Assomptionnistes vont multiplier les fondations. En 1893, ils s’implantent à Los Andes, en 1901 à Rengo où ils sont au contact de paysans. Pour assurer la pérennité de la mission, un premier alumnat est implanté à Mendoza en 1893. Trop peu nombreux, les religieux ne peuvent y consacrer que peu de temps, et l’alumnat doit fermer en 1897. Il forme quand même le premier assomptionniste chilien, le P. Pinto Olivares, qui prend l’habit en 1900.

Etats-Unis

Etablies à New York depuis peu, les Petites Sœurs de l’Assomption avaient besoin d’un aumônier. C’est le P. Henri Brun qui rejoint les Etats-Unis en 1891, fort de sa connaissance de l’anglais et de sa première expérience missionnaire australienne. Déjà âgé de 70 ans, il y rend de nombreux services qui l’épuisent. Il meurt en 1895, date à laquelle deux autres religieux sont envoyés pour le remplacer. L’installation est d’abord précaire, la communauté change régulièrement d’appartement, ce qui n’empêche pas les religieux de s’occuper des milieux pauvres, irlandais et espagnols. L’évêque de New York crée en 1902 une paroisse hispanique, placée sous le patronage de Notre-Dame de Guadalupe, qu’il confie au P. Fulgence Moris. La même année, le P. Thomas Darboy, supérieur de la communauté, tente d’installer à Granby une exploitation agricole, dans l’espoir d’en faire un alumnat.
 A cet enracinement new-yorkais réussi succède une tentative qui échouera, celle d’une fondation en Louisiane. Il s’agit cette fois de répondre à la demande de l’évêque Mgr Janssens qui souhaite des religieux destinés à l’apostolat des « gens de couleur ». Deux résidences se fondent en 1893, à la Nouvelle-Orléans et à Klotzville, dans une ambiance missionnaire presque coloniale. Mais ils ne rencontrent pas l’adhésion de la population de la mission, et les religieux abandonnent la Louisiane en 1900.

 

 

[26] J.P. PERIER-MUZET, Notices Bibliographiques des Religieux de l’Assomption, tome I, p. 515-516, 2000.

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