De l'Assomption indivise à l'Assomption des Provinces (1845-1952).
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
Qui entre dans la bibliothèque d'une communauté assomptionniste remarque souvent qu'au moins quelques rayons sont occupés par des ouvrages plus ou moins volumineux, verts, rouges, jaunes, bleus, blancs ou noirs. Il y en a pour tous les goûts ! Il s'agit bien sûr, vous l'aurez reconnu, des livres consacrés à l'histoire des Augustins de l'Assomption ou au Père d'Alzon. Ayant lui-même beaucoup écrit, il peut sembler logique que l'on ait beaucoup écrit sur lui, à l'intérieur comme à l'extérieur de la congrégation. Cette « petite famille », comme aimait l'appeler son fondateur a su, dès les origines, être présente sur les lignes de fracture du monde, de la société ou de l'Eglise, pour le meilleur mais aussi parfois pour le pire.
Cependant, si une histoire globale de la congrégation a déjà été publiée, personne n'a jamais abordé en détail l'histoire des Provinces Françaises. L'Assomption, bien évidemment, ne se réduit pas à la France, nous le constatons tous les jours dans un monde globalisé, mais l'hexagone est son berceau. Elle a été fondée à Nîmes dans un contexte où l'Eglise, sentant que certains secteurs de la société commencent à rejeter le Christ, réagit vigoureusement à ce début de déchristianisation. La forte personnalité du Père d'Alzon a marqué la congrégation qui porte aujourd'hui encore des traits hérités du fondateur. Notre famille religieuse a évolué tout au long de l'histoire, et la présente étude vise à montrer comment s'est faite cette évolution qui l'a déplacée du Gard jusqu'aux quatre coins du monde. Plus un charisme se développe hors de son contexte d'origine, plus il a besoin d'être connu et approfondi, à travers ses réalisations historiques.
C'est ce contexte de fondation et de développement qui sera abordé, de 1845 à 1952. A l'époque de « l'Assomption indivise », les Provinces n'existaient pas encore [2] . Cette partie englobera donc l'histoire de la congrégation entière. Elle sera découpée en quatre chapitres chronologiques, en fonction des Supérieurs Généraux. Du vivant du Père d'Alzon, la congrégation prend le temps de la fondation au cours d'un long enracinement où seront semées les graines assomptionnistes. Entre 1880 et 1903, le P. Picard saura porter le développement de la congrégation, avec le zèle et les talents d'un organisateur hors pair qui lui ouvriront de nombreuses portes, sans exclure certains excès. Son successeur, le P. Bailly poursuivra son œuvre jusqu'en 1917, malgré la guerre. Mais les structures assomptionnistes ne parviendront pas à s'adapter, ce qui provoquera sous le Vicariat du P. Maubon une grave crise. Celle-ci n'empêchera cependant pas de nouveaux développements, en France comme à l'étranger.
Ensuite, sous le Généralat du P. Gervais Quenard (1923-1952), quatre Provinces vont voir le jour, dotées de Vicariats. Ceux-ci contiennent en germe de futures Provinces, suivant le développement qu'ils seront amenés à connaître. Le Supérieur Général garde certaines de ses attributions, mais la congrégation s'est engagée sur la voie d'une réelle décentralisation. Cette période sera donc l'objet des chapitres 5 et 6, qui s'étendront de part et d'autre de la seconde guerre mondiale.
Nous avons organisé chacun de ces chapitres en parties thématiques, consacrées à la vie générale de la congrégation et aux axes apostoliques majeurs qui décrivent la vie assomptionniste. On trouvera enfin la liste des cadres de l'Assomption ainsi qu'une carte des implantations. Enfin, l'histoire des Augustins de l'Assomption n'est pas uniquement l'histoire d'une structure institutionnelle, elle est avant tout l'histoire d'hommes qui l'ont construite, vécue et transformée. C'est pourquoi nous avons inséré tout au long du texte quelques notices biographiques de religieux, agrémentées de quelques photos.
Enfin, je tiens à remercier tous ceux qui m'ont aidé dans la réalisations de ce travail : le P. Benoît Grière qui me l'a confié, les PP. Jean-Paul Perier-Muzet, Patrick Zago et Charles Monsch pour leur aide, leurs conseils et qui m'ont permis d'avoir accès aux documents, le P. Marie-Bernard Kientz pour sa relecture attentive, ainsi que les nombreux frères qui ont pu répondre à mes questions.
[2] Hormis durant les années 1876-1880, mais les expulsions des religieux mettront un terme rapide à ce découpage.
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