Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 9

De l'Assomption indivise à l'Assomption des Provinces (1845-1952).

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

 

Pour le fichier complet au format PDF.

Eutrope (Urbain Louis) Chardavoine
(1869-1944)

Natif de L'Eguille en Charente-Maritime (le 22 mars 1869), il entre au séminaire de La Rochelle et devient prêtre diocésain en 1893. Son intérêt pour le monde de la presse le pousse à entrer à l’Assomption, il reçoit l'habit à Livry en 1896. Collaborateur de nombreuses revues de la Bonne Presse, il est le secrétaire de l’Association Notre-Dame de Salut pendant 50 ans, de 1897 jusqu’à sa mort. Il organise les pèlerinages, rédige les publications mensuelles, fait l’histoire de l’Association. Retrouvant en 1940 son pays natal, il meurt à Pont-l’Abbé d’Arnoult le 23 mars 1944

 

 

 

Les pèlerinages

Le Pèlerinage National n’est que faiblement affecté par les expulsions. Les Assomptionnistes reprennent discrètement leur place et les effectifs poursuivent leur progression de la fin du XIXème siècle. Dans un premier temps, Mgr de Potrat, protonotaire apostolique et ancien directeur du comité diocésain d’Orléans joue le rôle de directeur du pèlerinage entre 1901 et 1913, puis c’est le P. Bailly qui en assume lui-même la direction. Le nombre de trains ne cesse de croître, on en dénombre 33 pour 35 000 pèlerins en 1913. La guerre, par contre, marque un coup d’arrêt au pèlerinage, les trains ne peuvent y emmener les malades. Mais cela n’empêche pas les chrétiens d’y venir individuellement et de se rassembler toujours nombreux. On annonce ainsi 25 000 pèlerins en 1917.

Quant à l’Hospitalité, on lui dénombre 3000 adhérents en 1913. Ses membres seront mis à contribution sur les champs de bataille de la première guerre mondiale.
Les autres pèlerinages se maintiennent, y compris celui à Jérusalem que le Père Vincent de Paul Bailly animera jusqu’en 1910. La ferveur demeure vivace, même si les effectifs diminuent peu à peu et se stabilisent autour d’une centaine de pèlerins. Enfin, l’Association Notre-Dame de Salut organise une grande souscription, en vue de fournir aux prêtres mobilisés des autels portatifs.

2.3 Activités en France 

Les communautés d’œuvres françaises ont été durement touchées par la dissolution de la congrégation. Bénéficiant de « sécularisations fictives », avec l’accord tacite des évêques, certains religieux isolés parviennent notamment à maintenir une permanence et à animer quelques œuvres. A Bordeaux, le P. Ignace Druart dirige encore certaines œuvres d’avant les expulsions, mais plus discrètement. Le P. Rouault achète un logement près du couvent des Dames du Sacré-Cœur à Caudéran, près de Bordeaux. A partir de 1912, des Assomptionnistes exercent leur ministère dans une petite chapelle, nommée Saint-Louis de la Jalle ou Balaresque. Le P. Roger des Fourniels, ancien supérieur de la communauté, maintient quant à lui la présence assomptionniste à Toulouse.
De nouvelles fondations discrètes sont néanmoins effectuées. Tout d’abord pour créer des procures. La plupart des communautés se situent en effet maintenant hors de France, loin de leurs bienfaiteurs, et il faut de nouvelles initiatives pour récolter de l’argent servant aux missions. Le P. Césaire Kayser  est ainsi envoyé en Alsace, à Dinsheim, où il fonde en 1905 une procure destinée à l’Orient. Il y implante l’Archiconfrérie de Notre-Dame de l’Assomption et lance une revue, intitulée Missionen, qui lui permet de rayonner jusqu’en Bavière et en Autriche. Les années de guerre sont difficiles, son adjoint, le P. Tardy  est emprisonné, il comparaîtra 17 fois devant le Conseil de guerre allemand : on l’accusait de récolter de l’argent pour des œuvres avant tout françaises [30] . Une autre procure s’installe à Marseille en 1910, avec le P. Gerbier .  
La même année, le cardinal de Cabrières, ancien élève du collège de Nîmes et qui est toujours resté très proche des Assomptionnistes, permet leur installation à Montpellier. Ils y prennent la relève des Pères de Timon-David dans la direction d’un patronage situé rue Bonnard. On y lance aussi des œuvres pour les personnes âgées, les jeunes gens, les jeunes filles… La guerre disperse la communauté et ce sont les PP. Noël Cance et Athanase Vanhove qui en assurent la permanence. L’évêque leur demande également de prendre en charge, temporairement, la paroisse de St Guilhem-le-Désert. On note également la première implantation à Lyon. Le P. Borromée Féroux y loge à partir de 1913 dans un modeste appartement. Il exerce un service d’aumônier dans la chapelle de l’Adoration Réparatrice et de directeur de la Ligue patriotique des femmes françaises, ancêtre des mouvements d’Action Catholique féminine. Dans la même région, on signale la présence du P. Hugues Letocart, curé d’une chapelle des Essarts entre 1903 et 1920 dans la localité de Bron. Il est difficile se suivre toutes les implantations des religieux, sécularisés et isolés, qui ne gardent parfois que peu de contact avec la congrégation.

 


[30] Dispersion 1918, n°539, p. 323.

Webmestre: D. Remiot

Réalisation: Avenir Internet