Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 9

De l'Assomption indivise à l'Assomption des Provinces (1845-1952).

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

 

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Europe

Angleterre

La guerre sépare l’Angleterre du reste du continent et oblige les jeunes religieux en formation à fuir la France occupée au cours de voyages périlleux. Arrêtés par l’armée allemande, plusieurs religieux seront internés à la prison de Fresnes pendant toute la guerre, ordonnés lors d’une permission demandée expressément pour l’occasion. Les bombardements allemands font également beaucoup de dégâts : Newhaven, Brockley et surtout Bethnal Green sont lourdement endommagés. On estimera les destructions à huit millions de francs, autant que pour l’ensemble des communautés et des œuvres en France. Mais la résistance et l’opiniâtreté britanniques ont raison de ces difficultés. L’ensemble des œuvres est organisé en Vicariat en 1941, sous la responsabilité du P. James Whitworth.

Mgr George Andrew (George Augustine) Beck 
(1904-1978)

 Né le 28 mai 1904 à Streatham dans la banlieue londonienne, il entre en 1921 dans la congrégation des Pères de Saint-Edme. Accueilli à l'Assomption en 1925, il poursuit sa formation à Louvain. Professeur à Hitchin en 1927, il en devient directeur en 1941, avant de prendre la direction du collège de Nottingham en 1944. Il se distingue par ses efforts pour donner un statut scolaire aux catholiques anglais. Nommé évêque coadjuteur de Brentwood dans l’Essex, il en est le titulaire en 1951, puis est transféré à Salford en 1955 et à Liverpool en 1964. Relevé de sa charge en 1975, il meurt à Liverpool le 13 septembre 1978.

 

 

Un noviciat provisoire est organisé à Nottingham puis à Bindon House dans le Sommerset. Après la guerre, la situation est suffisamment rétablie pour que la Province d’Angleterre vole de ses propres ailes. Comptant 63 religieux dont 47 prêtres et 7 convers (chiffres du 31 décembre 1945), elle est érigée le 21 août 1946. Deux ans plus tard, le P. Beck, alors directeur du collège de Nottingham, sera nommé coadjuteur de l’évêque de Brentwood.

Espagne

La guerre coupe totalement l’Espagne de la France, les religieux doivent s’organiser sans aide extérieure. La situation financière difficile oblige à réduire le nombre d’élèves qui ne sont plus que dix entre 1942 et 1944. Après la guerre, la situation reviendra à la normale. Un noviciat puis un philosophat sont installés dans les locaux de l’alumnat. Les bonnes relations de l’Espagne franquiste avec l’Italie mussolinienne permettent à quelques jeunes religieux de poursuivre leurs études à Tor di Nona. L’intervention des Alliés en Italie rend impossible les communications entre les deux pays, on établit une petite résidence à Madrid pour des étudiants en théologie, entre 1944 et 1947. La situation se normalise par la suite.
L’Assomption espagnole compte une douzaine de membres au début des années 1940 et peut alors songer à d’autres œuvres qu’Elorrio. L’Eglise a de nombreux besoins, car la guerre civile a fait des ravages et de nombreux prêtres y ont laissé leur vie. Quelques Assomptionnistes montent à Madrid, dans l’espoir d’y construire un collège. Mais l’évêque leur confie la paroisse de Dulce Nombre de Maria, dans les faubourgs de la ville. Ce quartier du Puente de Vallecas est à dominante ouvrière, la population est en général hostile au clergé. Celui-ci est vu comme « l’allié du pouvoir capitaliste exploiteur ». Il n’est donc pas surprenant que le quartier soit surnommé « la petite Russie ». Les Assomptionnistes commencent donc très modestement, avec la petite chapelle qui a échappé aux destructions mais qui de toute façon n’est fréquentée que par de rares paroissiens. Tout est donc à construire.
Les religieux parviennent à gagner l’estime de la population par une multitude d’œuvres. Groupes d’action catholique, dispensaire, cours du soir, patronage et autres activités leur permettent la « reconquista » de cette population déchristianisée. En 1944, ils décident de passer à la vitesse supérieure. Marqué en effet par le nombre croissant d’enfants des rues vivant dans un état d’abandon matériel comme spirituel, le P. Luis Madina a l’idée de les prendre en charge, de la petite enfance jusqu’à la majorité. Il achète un grand terrain et y érige la Ciudad de los Muchachos qui voit le jour progressivement. De 1 à 5 ans, les enfants sont placés dans une garderie, sous la surveillance de Filles de la Charité ou de Luisa de Marillac, les Equipes Saint-Vincent locales. De 5 à 12 ans, ils sont scolarisés dans une petite école, construite sur place. Enfin, de 12 à 17 ans, ils suivent des cours en vue de l’apprentissage d’un métier technique, dans cinq ateliers différents. C’est cette école d’apprentissage qui constitue le cœur de l’œuvre. Le tout est enfin complété d’un patronage avec un théâtre de plus de 500 places. Le principe est celui de l’autogestion et de la prise en charge par l’enfant de son propre avenir. Une revue éducative, du nom de l’œuvre, est enfin lancée, elle permet de récolter les fonds nécessaires que les subventions publiques et les dons des bienfaiteurs ne suffisent plus à couvrir.

Luis Madina (1911-1984)

Né le 18 août 1911 à San Sebastian, il est élève à Elorrio puis entre au noviciat de Scy-Chazelles en 1928. Après Cavalerie et Layrac, il rentre en Espagne et est économe à Elorrio (1939-42). A Madrid au Puente de Vallecas en 1944, il y fonde la Ciudad de los Muchachos. Ecarté pour sa gestion trop personnelle de l’œuvre, on le retrouve ensuite dans les paroisses hispanophones de New-York (1954-58). Il part ensuite fonder d’autres cités des enfants au Costa-Rica (1958-64), à Panama (1964-68) et s’établit finalement à Cali, en Colombie, où il crée Mi Casa. Il y meurt le 16 novembre 1984.

 

 

Italie

Pendant la guerre, les religieux sont victimes de la situation politique. Mussolini étant entré en guerre aux côtés des puissances centrales, les Italiens ne peuvent communiquer avec les Français. Le collège international de Rome se vide, il accueille provisoirement les alumnistes florentins. Deux d’entre eux entreront dans la vie religieuse à Florence où un noviciat est érigé en 1945. La communauté florentine souffre cependant de l’isolement dans lequel elle a été plongée. Pour y remédier et marquer une séparation plus nette entre l’alumnat et la paroisse, décision est prise de fonder un nouvel alumnat dans le Nord du pays, dans une région plus fertile en vocations. C’est le diocèse de Novara qui est choisi, un orphelinat est repris à Omegna en 1951 avec objectif de le faire évoluer vers la formule d’un alumnat. Mais l’entreprise se révèle impossible, l’alumnat s’implantera finalement trente kilomètres plus loin, à Cannero. Dans un décor magnifique, sur le rivage du lac Majeur en face des Iles Borromée, l’alumnat Santa Maria de la Asunta voit donc le jour en 1952, à proximité de la ville de Verbania. Des candidats ont été recrutés dans les environs, les cours peuvent débuter tout de suite, même si les travaux d’aménagement de la maison ne sont pas terminés : on compte sur les alumnistes pour y remédier !

 

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