Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 9

De l'Assomption indivise à l'Assomption des Provinces (1845-1952).

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

 

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2 LE CHARISME ET SON EVOLUTION

A l’origine du charisme

Le charisme de l’Institut naissant est bien entendu très lié avec celui de son fondateur. Avènement du Royaume, ‘triple amour’, visée large, volonté de christianiser la société, spiritualité doctrinale, esprit missionnaire, ultramontanisme sont des traits qu’il a d’abord développés lui-même avant de les inscrire dans sa famille religieuse.


« Notre vie spirituelle, notre substance religieuse, notre raison d’être comme Augustins de l’Assomption se trouve dans notre devise : Adveniat Regnuum Tuum. [..]. Quoi de plus simple ! quoi de plus vulgaire, si j’ose dire, que cette forme de l’amour de Dieu ! Si, à cet amour principal, vous ajoutez l’amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de la Sainte Vierge sa Mère et de l’Eglise son épouse, vous connaîtrez sous son expression la plus abrégée l’esprit de l’Assomption »
Instruction de clôture du Chapitre Général de 1868, ES p. 130-131

C’est dans la règle de l'Association de l'Assomption (septembre 1845) qu’on retrouve une première formulation structurée de ce qu’on appelle maintenant le charisme. Le but de l'Association est alors de travailler à la « gloire de Dieu et le salut des âmes, par l’extension du règne de Dieu ». La devise y est donc « Adveniat Regnum Tuum ». Son esprit se décline en quatre pôles : amour du Christ, visée apostolique « charité envers les âmes », esprit de franchise, d’ouverture et de liberté, pauvreté personnelle. L’éducation, la prédication, la « composition d’ouvrages chrétiens », « l’application de l’esprit chrétien aux arts » sont les quatre axes apostoliques qui sont proposés. Le charisme se déploiera autour de ces axes fondamentaux et s’enrichira au fur et à mesure de la maturation de la « petite association ».  

 

 

But et esprit

Dès la Règle de 1855, le but de l’œuvre est de « travailler à notre perfection en étendant le Règne de Jésus-Christ dans les âmes » [3] . Adveniat Regnum Tuum est la première devise. Le Règne de Dieu est donc au cœur du charisme assomptionniste, ce qui explique l’attachement du Père d’Alzon  à ce quatrième vœu de « se consacrer à l’extension du Règne de Dieu dans les âmes ».

« La prédication, l’enseignement, la direction des âmes, les œuvres de charité seront nos principaux moyens d’action ; vous les combinerez selon le résultat final que nous nous proposons dans la plus grande unité de conduite, et en vous efforçant de marcher comme une armée dont la force est dans l’unité du commandement, et dont la perte est assurée quand les soldats combattent selon leurs caprices. »

2ème Lettre au Maître des Novices,

1868, Ecrits Spirituels p. 158

Les épreuves des années 1854-1855 ont amené le Père d’Alzon  à approfondir sa propre spiritualité et à l’enraciner d’avantage dans le Christ. La note christologique devient alors explicitement plus centrale. La mention Propter amorem Domini nostri Jesu Christi complète ainsi dans les Constitutions de 1865 la première devise. Il la décline ensuite dans le ‘triple amour’ : amour de Jésus-Christ, dont découlent celui de la Vierge Marie et de l’Eglise, que l’on retrouve dans le Directoire rédigé en 1859. Certains ont pu faire observer que le Règne se trouvait absent du Directoire, mais il ne faut pas oublier que ce dernier livre va de pair avec les Constitutions de 1865, dans lesquelles le Règne figure à la première place.

Les années aidant, la formulation la plus aboutie se trouvera dans l’Allocution de clôture du Chapitre Général de 1868 [4] où le fondateur fera une synthèse de ce deux axes de l’esprit de l’Assomption. Par là-même, il souhaite être tout simplement « catholique » ! Il y donne aussi une caractéristique de l’amour de l’Eglise - qui doit être « surnaturel, hardi, désintéressé »- et qui sera transposée au caractère de l’Assomptionniste sous la forme de « hardi, généreux et désintéressé ».

 

 

[3] Constitutions de 1855, n°1.

[4] dite « Instruction de 1868 », Ecrits Spirituels p. 130-146

 

 

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