Constats
1. Aujourd'hui apparaissent de nouvelles
formes d'exclusion, d'oppression et d'exploitation. Les exclus et les blessés
de la vie se multiplient. Entre les riches et les pauvres, la fracture s'élargit.
Le lien social entre jeunes et vieux, entre bien-portants et malades, entre
actifs et sans emplois, entre nationaux et étrangers... est menacé.
2. Le maintien et la consolidation du lien social
nous concernent comme religieux. L'histoire de l'Assomption est riche de témoins
attentifs à ceux qui souffrent injustice et violence (cf. les grandes
figures : PP. Pernet, Halluin, Hamon, Madina, Berinde, Détré).
Cette tradition sociale se maintient aujourd'hui à travers des oeuvres,
des engagements communautaires et personnels.
3. Les communautés sont souvent des lieux
ouverts, d'écoute et de rencontre. Elles contribuent, à leur échelle,
à la recomposition du lien social lorsqu'elles permettent à des
gens d'horizons divers de se rencontrer.
4. Parmi les frères plus jeunes, certains
ont fait avant l'entrée au noviciat l'expérience radicale de la
rencontre des pauvres et des exclus.
Convictions
1. Tout être humain n'existe
qu'en relation, qu'en communication avec autrui. Le commandement central de
l'évangile : "Aime ton prochain comme toi-même ", c'est
ce qui nous fait exister et agir contre toute forme d'exploitation et d'exclusion.
2. Il est important de travailler sur des terrains
variés : le voisinage, la paroisse, les associations, la presse, le monde
professionnel, le politique...
3. On ne va pas auprès des pauvres pour se
donner bonne conscience mais parce qu'ils sont nos maîtres, ils nous rendent
plus homme.
4. L'engagement dans la vie religieuse signifie
aussi prendre des risques de tous ordres. On n'y entre pas pour être installé,
mais pour garder la liberté d'exprimer des utopies, de secouer des frères
et d'être secoué par eux.
5. L'authenticité de la vie communautaire
se vérifie dans le partage des expériences vécues. La communauté
est le lieu de vérification de la cohérence de ce qui fait notre
vie. Nos communautés doivent être des lieux ouverts qui font place
à la diversité, des lieux où l'on peut se retrouver différents
et unis, des lieux d'écoute où se croisent et se rencontrent différents
réseaux de solidarité.
6. Par sa vie fraternelle, la communauté
témoigne de la venue d'un monde plus juste et plus fraternel.
7. Le temps du Chapitre économique est important.
C'est l'occasion de s'interroger sur les choix de vie de la communauté,
ses solidarités : le 1% est une institution heureuse.
Recommandations
1. Les textes existent sur "l'amour
préférentiel des pauvres ". Il convient de s'en saisir par
la lecture et l'étude et de les vivre comme un appel à se convertir,
à participer à la prise de conscience de la communauté,
à prendre des initiatives.
2. Quels que soient les lieux où nous habitons,
faisons en sorte que les personnes dans le besoin ou en difficulté passent
le seuil de nos maisons.
3. Encourageons les frères qui sont appelés
à faire un travail social. Tout religieux n'y est pas nécessairement
à l'aise lui-même, mais tout religieux accueille les échos,
les cris de la vie des pauvres (cf. RV, 30).
4. Il convient de rester attentifs au choix des
premières insertions qui permettront aux jeunes en formation de découvrir
plus profondément des réalités sociales et de pouvoir s'y
engager ultérieurement.
5. Répondant à la recommandation du
dernier Chapitre Général, nous demandons "que les religieux
et les communautés s'interrogent sur leur soutien et leur participation
aux organismes qui luttent contre la misère et travaillent à la
promotion de la justice ".
6. Le Chapitre invite la "Commission Justice
et Paix " à chercher un mode de travail et de rencontre avec d'autres
"Commissions Justice et Paix " en Europe et dans d'autres continents
(épiscopats, Assomption masculine et féminine et autres congrégations
religieuses).
|
|
|