
JUSTICE ET PAIX :LES DÉFIS
DE LA MONDIALISATION
« Qu’as-tu fait de ton frère ? » (Gn
4,8)
- Depuis les origines, cette question traverse
le cœur de l’homme.
Le contexte dans lequel nous vivons ne fait que donner encore plus d’ampleur à cette
question de Dieu à l’homme (cf. CG, § 30).
- Le cri
des pauvres ne nous appartient pas. C’est le cri de Dieu : « J’ai
vu la misère de mon peuple » (Ex 3,7) ; « J’ai
eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai
eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger
et vous m’avez recueilli ; nu et vous m’avez vêtu ;
malade et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes
venus à moi » (Mt 25,35).
- Le Concile Vatican II rappelle que « Dieu
a destiné la
terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les
hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création
doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle
de la justice, inséparable de la charité » (Gaudium
et Spes, § 69).
- Nous redisons encore avec force conviction que « l’esprit
du fondateur nous pousse à faire nôtres les grandes causes de
Dieu et de l’homme, à nous porter là où Dieu est
menacé dans l’homme et l’homme menacé comme image
de Dieu » (RV, § 4).
- La commission « Justice
et Paix - Assomption » souhaite
aider les personnes et les communautés à vivre ces défis
de la mondialisation et de la rencontre des cultures et des religions pour
servir un monde plus juste et plus fraternel où chacun pourra découvrir
que Dieu l’aime.
Constats
- Les exclus et les blessés de la vie
se multiplient. Entre les riches et les pauvres, la fracture s’élargit.
Le lien social entre jeunes et vieux, entre bien-portants et malades, entre
actifs et sans emploi, entre autochtones et étrangers, est menacé.
On constate une plus grande fragilité des jeunes et de la famille.
Le phénomène migratoire
a pris une ampleur nouvelle. Les questions portant sur l’écologie
et le commerce équitable ne nous laissent pas indifférents.
Elles rejoignent les préoccupations du Conseil œcuménique
des Églises
qui associent justice, paix et sauvegarde de la création.
- Le maintien
et la consolidation du lien social nous concernent. L’histoire
de l’Assomption est riche de témoins attentifs à ceux qui
souffrent de l’injustice et de la violence. L’enquête réalisée
par la commission Justice et Paix, en 2004, confirme que la dimension sociale
est constitutive de la vie de tout assomptionniste.
- Le forum laïcs-religieux
tenu en 2003 a manifesté le désir
de nombreux laïcs de s’engager avec nous dans ce domaine de la
solidarité.
Certains parmi eux attendent des propositions concrètes. D’autres
souhaitent que l’Assomption les rejoigne sur le terrain de leurs engagements
sociaux. À la suite du forum, la commission Justice et Paix s’est
ouverte aux laïcs.
- Depuis 2002, des rencontres entre les familles de
l’Assomption (PSA,
RA et OA) se mettent en place sur ce thème.
- Le Conseil de Province de
septembre 2002 a voulu prolonger l’implication
des frères auprès des pauvres et des éprouvés,
réalisée notamment sur la péniche de Conflans et par la
communauté de Lyon-Debrousse, dans le souci d’une visibilité de
l’Assomption dans le domaine social. Avec d’autres, cette communauté a
mission d’être représentative de l’engagement social
en France.
Convictions
- Tout être humain n’existe qu’en
relation avec autrui. Le commandement central de l’Évangile : « Aime
ton prochain comme toi-même » nous fait exister et agir
contre toute forme d’exploitation et d’exclusion.
- Il est important
de travailler sur des terrain variés : le voisinage,
la paroisse, les associations, les médias, le monde professionnel, le
monde politique. On ne va pas auprès des pauvres pour se donner bonne
conscience, mais parce qu’ils sont nos maîtres et nous rendent
plus humains. C’est une école de conversion personnelle et communautaire.
- Par
sa vie fraternelle, la communauté témoigne de la venue d’un
monde plus juste et plus fraternel.
- Le Chapitre économique local est
l’occasion de vérifier
la réalité de nos solidarités.
- Notre solidarité avec
les pauvres est une nécessité,
une exigence évangélique et non une option. Rendue plus visible,
elle peut porter témoignage de notre suite du Christ.
Recommandations
Ouvrir nos communautés
- Quels que soient les lieux que nous habitons,
nous ferons en sorte que les personnes dans le besoin ou en difficulté passent
le seuil de nos maisons.
- Qu’avec des laïcs, les religieux s’interrogent
sur leur soutien et leur participation aux organismes qui luttent contre
la misère, travaillent à la
promotion de la justice et contribuent à la construction de la paix.
Éveiller, former, sensibiliser
- Nous souhaitons créer une dynamique
de sensibilisation aux questions de justice et paix qui intégrera
la formation des jeunes religieux et une formation permanente des religieux
et des laïcs travaillant avec l’Assomption.
Dans cette dynamique, des moyens seront à prendre, comme, par exemple,
l’organisation d’une Université d’Eté de
l’Assomption
(UEA) sur le thème : « Migrations, mondialisation,
cultures :
nous et eux ? ».
- Afin de tisser la toile des solidarités
existantes autour de l’Assomption,
il est demandé :
- que les religieux et leurs communautés aient le souci de repérer
les actions sociales et services rendus par les laïcs les plus proches
de l’Assomption pour en faire bénéficier l’ensemble
de la Province ;
- que la commission Justice et Paix puisse travailler de manière transversale
avec d’autres commissions ;
- que celle-ci entreprenne un travail de sensibilisation de la Province
aux enjeux de l’écologie et du commerce équitable
Vivre la rencontre de nos cultures
- L’internationalisation de nos communautés
et la perspective de fondations comme celle du Viêt-nam nous invitent à :
- accueillir cette diversité des cultures qui façonnent
l’Assomption,
- approfondir la connaissance de ces cultures par des rencontres, des
conférences,
des lectures,
- mesurer la nécessité d’une vie simple et proche
des gens.
- Le Chapitre demande l’extension du programme « Volontaires
Assomption » (CG, § 99)
- Le Chapitre rappelle l’importance
des lieux comme Lourdes, les camps d’été, etc.,
où l’on expérimente
une autre forme de relation avec des gens de conditions diverses et en particulier
les plus pauvres.