LA MISSION D’ORIENT POUR UN NOUVEL ÉLAN

  1. Le pape Benoît XVI, très vite après son élection, a réaffirmé l’importance de l’engagement œcuménique pour l’Église catholique. Notre Congrégation dispose en ce domaine d’une riche tradition avec la mission d’Orient. Encouragé par ces réalités, le récent Chapitre général a décidé de faire de la mission d’Orient une priorité qui engage toute la Congrégation (cf.CG, § 46-50).
  2. La mission d’Orient reste enracinée dans la Province de France, mais la Congrégation tout entière est invitée à découvrir les richesses de cette mission et à contribuer à lui donner un nouvel élan pour mieux servir la grande cause de l’unité de l’Église. Le Chapitre général a proposé pour cela un certain nombre de moyens (cf.CG, § 51-64), qui ne sont pas repris exhaustivement dans le présent document.

Constats

  1. Au plan géopolitique, les pays de notre mission d’Orient, à l’exception de la Russie et d’Israël, sont dans un processus d’intégration à l’Union européenne (Bulgarie, Roumanie et, depuis peu, Turquie) ou déjà membre de l’Union européenne (Grèce). Cela y favorise une consolidation de la démocratie. En Russie, au contraire, le régime devient de plus en plus autoritaire.
  2. Au plan de la vie économique et sociale, l’adoption d’un modèle libéral provoque des changements brutaux, la précarité dans la vie quotidienne et de graves conséquences sur les mentalités et les mœurs.
  3. Au plan religieux, les bouleversements en cours engendrent une montée de l’agnosticisme et de l’indifférence religieuse. Ceux-ci produisent des raidissements identitaires dans l’orthodoxie. Les Églises ne peuvent plus s’ignorer, mais les relations entre elles deviennent parfois plus tendues.
  4. Dans notre mission en Orient, il faut noter, depuis 1999, un certain nombre de faits marquants qui soulignent autant nos forces que nos faiblesses :
  5. Cette mission ne bénéficie pas actuellement des orientations ni des moyens nécessaires.

Convictions

  1. Notre Congrégation porte dans ses gènes le souci de l’œcuménisme. Même s’il est difficile de promouvoir l’unité chrétienne et le dialogue interreligieux, l’Assomption est vouée, dès sa naissance, à ce souci qui demeure prioritaire. Mais nous devons élaborer une stratégie pour cette mission et renforcer l’action de notre mission en Orient au sein des Églises locales pour le service prioritaire de l’unité entre tous les chrétiens ou pour la présence au monde de l’islam, selon les orientations du Concile Vatican II.
  2. Les acteurs de cette mission sont prioritairement les religieux sur place, en lien avec les sœurs Oblates.
  3. Nos deux communautés engagées au service de l’Église catholique de rite oriental en Roumanie et en Bulgarie sont une richesse pour l’Assomption. Elles nous donnent, en effet, la possibilité de nous ouvrir à une autre approche du mystère de Dieu et de respirer avec les deux poumons de la tradition de l’Église.

Recommandations

  1. Priorité de l’ensemble de la Congrégation, la mission d’Orient doit le rester d’autant plus pour la Province de France qui a recueilli cet héritage des origines.
  2. Le Chapitre provincial recommande au Provincial de nommer un religieux pour qu’il soit son délégué auprès des communautés de la mission d’Orient. La mission de ce délégué sera notamment de :
  3. Le travail du délégué se fera en concertation avec l’ensemble des religieux de la mission d’Orient ou issus de celle-ci.
  4. Il est nécessaire de sensibiliser à cette mission l’ensemble de la Province ainsi que les laïcs liés à l’Assomption :
  5. Il importe de favoriser cette sensibilisation dans les autres provinces.
  6. Comme la fondation des sœurs Oblates est étroitement liée à la mission d’Orient, il est naturel de les associer à notre réflexion sur les enjeux de cette mission, à nos formations sur l’œcuménisme et l’Orient chrétien et de collaborer avec elles. Nous souhaitons que cette collaboration puisse s’étendre aussi à la Grèce.
  7. La composition internationale de nos communautés d’Orient est à maintenir et à renforcer.
  8. Il faut inviter toutes nos communautés situées dans des pays majoritairement orthodoxes à s’interroger sur la manière dont elles peuvent se mettre au service de l’orthodoxie, conformément à la demande faite par Rome (cf. « Document de la Commission pontificale Pro Russia », in Documentation Catholique, n° 2056).
  9. Le Supérieur provincial et son Conseil veilleront à ce que les jeunes religieux issus des pays concernés participent à la réflexion sur de nouvelles formes de présence et d’apostolat assomptionniste dans leur pays.
  10. À Istanbul, lieu si important pour l’Église, ville cosmopolite, qui est actuellement notre seul lieu d’implantation en pays musulman, il est fondamental de repenser notre mode de présence pour lui donner sens et avenir en fonction des réalités nouvelles. Le temps que s’opère ce travail, il importe de consolider les liens avec cette communauté, en particulier en encourageant pèlerinages, retraites et sessions en ce lieu privilégié du point de vue des réalités interreligieuses et interculturelles.
  11. Compte tenu de la situation difficile dans laquelle vivent nos frères à Jérusalem, il est important de resserrer nos liens, y compris affectifs, avec eux.

 

 Page réalisée par D. Remiot
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