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L’AVENTURE MISSIONNAIRE |
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BERNARD LE LÉANNEC, A.A. Le retour de l’Assomption en Russie (1992-2000)Mon intervention tient autant du témoignage que de la contribution historique à votre réflexion sur l’aventure missionnaire de l’Assomption longue de plus d’un siècle et demi. Le champ dans lequel s’inscrit cette réflexion sur la mission des Assomptionnistes est celui de la Russie post-soviétique qui, précisément, correspond à la période d’un nouveau départ, une réorientation de l’aventure de l’Assomption dans ce vaste pays. Car le lien qui unit l’Assomption et ce pays est l’histoire d’une aventure pour ne pas dire une histoire parfois aventureuse, longue de près d’un siècle. Et je ne peux expliquer la dernière décennie de cette odyssée, sans tracer à grands traits les lignes principales de la vocation russe de l’Assomption. J’ai toujours été frappé par le fait que les derniers écrits du Père Emmanuel d’Alzon consignés dans l’ouvrage du Père Sage1 portaient sur un “projet d’évangélisation en Russie”, où sont relatées les rencontres du Père d’Alzon avec le bienheureux pape Pie IX (3 juin 1862, mai 1877) qui constituent l’ordre de mission du fondateur et où est consignée cette parole fameuse : “Tôt ou tard, la Russie nous ouvrira ses portes, dussions-nous en graisser les serrures et les gonds avec notre sang”. Pendant plus de vingt ans, le successeur du Père d’Alzon, le Père Picard, se nourrira de ce que l’on a appelé l’obsession de l’Assomption pour la Russie, je n’en veux pour preuve que sa correspondance d’alors avec le curé de Saint-Louis de Moscou, le Père Léon Vivien. C’est le Père Picard qui, avant de mourir, envoie les premiers assomptionnistes en Russie2. 1 Écrits spirituels, Rome, 1956, pp. 1455-1460. 2 Les deux premiers Assomptionnistes s’installèrent à Pétrograd. L’un était le Père Liévin Baurain, accepté par le gouvernement du tsar comme professeur à l’Académie ecclésiastique catholique de Pétrograd ; l’autre, le Frère Evrard, sousdiacre, fut envoyé de Constantinople comme son domestique, qui précise dans sa note que “notre entrée en Russie fut due à la Sainte Vierge de Lourdes” (Pages d’Archives, L’Assomption en Russie, Nouvelle série: n°3, p. 37). En effet, en 1877, à Lourdes, le Père d’Alzon avait vu dans la guérison miraculeuse de Sœur Marie-Rose Favier, le signe de la Sainte Vierge lui donnant l’ordre d’aller fonder en Russie.
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