Les mutations de la mission dans le catholicisme
La nécessité de la mission s’imposait hier à l’Église catholique comme une évidence. Elle est devenue aujourd’hui source d’interrogations qui, après avoir porté sur ses modalités et ses ob-jets, concernent aujourd’hui sa légitimité. Pour la Congrégation des religieux de l’Assomption née des enthousiasmes du milieu du XIXe siècle, avec comme devise “Adveniat regnum tuum”, ces interrogations sont centrales à un double titre. L’Assomption a été fondée pour défendre et propager en France, face à une société en voie de sécularisation, le modèle d’un catholicisme intégral qui rêvait de re-faire une société chrétienne en Europe. A ce titre, elle a accompagné les vicissitudes de ce projet et participé à toute l’évolution qui a profondément renouvelé la manière d’appréhender la présence et le rôle du catholicisme. Dans le même temps, l’Assomption a multiplié les fondations hors de France et s’est engagée dans la mission ad gentes pour devenir une Congrégation internationale. Elle a ainsi vécu en son sein toutes les conséquences de la confrontation à d’autres sociétés et à d’autres cultures, avec pour effet la remise en cause d’un idéal missionnaire fondé sur l’annonce de la foi et la fondation des œuvres, considérée comme le complément nécessaire de l’annonce. Ainsi les mutations de la mission extérieure ne sont pas compréhensibles si on ne les réfère pas à celles du catholicisme européen. Faire l’histoire des modèles missionnaires depuis le temps des fondations par Emmanuel d’Alzon jusqu’à celui des re-compositions en l’an 2000, c’est d’abord reconstituer les liens toujours plus étroits entre ici et là-bas dans un catholicisme qui s’internationalise.