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L’AVENTURE MISSIONNAIRE
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BRUNO CHENU, A.A. Un christianisme africain inculturé ?Au-delà des statistiques, il nous faut une lecture théologique de notre histoire pour percevoir les stratégies missionnaires. On pourrait distinguer trois niveaux dans le travail à faire : 1. Le récit de l'histoire sous forme de témoignage ; 2. L'analyse missiologique ; 3. La réflexion en direction de l'avenir. Ce que nous avons fait jusqu'à présent consiste surtout à nourrir le niveau 1. Je vais me situer au niveau 3. UNE INCULTURATION TOUS AZIMUTS Je suis frappé par le fait que le mot “inculturation” apparaisse dans notre programme seulement maintenant, à propos de l'Afrique. Comme si ce n'était pas un problème qui se pose partout, en Europe comme dans les autres continents. Nous l'avons bien senti pourtant avec la question de l'origine française ou hollandaise des missionnaires asomptionnistes. Il y a eu des problèmes d'inculturation, des retards d'inculturation, un tiraillement entre la culture du pays d'origine et la culture du pays d'accueil. Faisons donc attention à ne pas réserver le terme d'inculturation à l'Afrique comme si elle avait le privilège d'une culture ancestrale alors que les autres continents n'en auraient pas. Je ne crois pas que le problème de la mission soit “essentiellement” différent en Corée, au Brésil et en France, même si chaque situation est particulière. L'évangélisation est toujours la venue d'une altérité religieuse qui perturbe le fragile équilibre culturel. LA DÉMARCHE D'INCULTURATION Il faut nous entendre sur le mot d'inculturation. En Afrique, il a tendance à résumer toute la démarche évangélisatrice, à être très global et à intégrer les dimensions que l'on distingue généralement ailleurs comme la dimension religieuse et la dimension sociopolitique. La nécessité du dialogue ou de la libération est incluse dans le mot fétiche d'inculturation.
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