Deux siècles d'Assomption,
le regard des historiens

L’événement

Vatican II

(1959-1965)

ÉTIENNE FOUILLOUX

Professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université Lumière-Lyon II. Il a notamment coordonné l'édition française de « Histoire du Concile Vatican II », Cerf.

Quelques précautions de méthode ne sont pas superflues sur un tel sujet et dans un tel contexte. Depuis plus de vingt ans en effet, la congrégation des Augustins de l’Assomption convoque périodiquement les historiens au chevet de son histoire. C’est la cinquième fois que j’y suis convié : colloque sur le père d’Alzon (Paris, 1980) ; colloque sur l’histoire de La Croix (Paris, 1987) ; colloque sur Mgr Petit (Rome, 1997) et colloque sur les missions assomptionnistes (Valpré, 2000). La présente série de conférences participe de la même intention : confier à des historiens de métier le soin de dire aux Assomptionnistes ce qu’a été tel ou tel fragment de leur passé sans craindre le résultat de leur travail 1. Un tel recours à l’expertise extérieure, accompagné de l’ouverture d’archives sans lesquelles celle-ci serait inopérante, connaît un certain essor dans divers milieux religieux, mais je ne lui vois pas, aujourd’hui, d’équivalent doté de la même récurrence. Ses causes, sans doute multiples, ne peuvent pas ne pas interroger l’historien ainsi sollicité.

1. «Soupçonner les historiens d’aujourd’hui, catholiques ou non, de malveillance a priori à notre endroit est pour le moins puéril : c’est accuser leurs limites et oublier les nôtres », écrivait déjà le père Touveneraud le 21 novembre 1963, dans un texte inédit intitulé « De l’actualité du Père d’Alzon » (18 pages polycopiées, citation p. 3, Archives romaines de l’Assomption, désormais ARA, I U 65).

 

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