Deux siècles d'Assomption,
le regard des historiens

L’Assomption, (1969-2002), une identité inquiète

DENIS PELLETIER

Professeur d'histoire contemporaine à l'Université Lumière-Lyon II. Il a notamment publié : « La crise catholique, religion, société, politique en France (1965-1978) », Payot (2002). (Les graphiques illustrant cette conférence se trouvent à la fin

du chapitre, de la page 228 à 235).

Retombée immédiate du concile Vatican II, le Chapitre général spécial, qui se tient du 10 avril au 4 juin 1969, est le point de départ de cette contribution. Promulgué le 28 octobre 1965, le décret Perfectae caritatis, sur la rénovation et l’adaptation de la vie religieuse, invitait ordres et congrégations à réviser leurs règles à la lumière de l’aggiornamento. Quelques mois plus tard, le motu proprio Ecclesiae Sanctae (6 août 1966) fixe un délai de trois ans pour cette adaptation et impose donc la convocation prématurée du chapitre général, initialement prévu pour 1970.

On ne reviendra pas sur le détail de la réforme, déjà traité dans ce volume, et l’on se contentera d’en rappeler quelques dimensions 1. D’une part, elle marque un double glissement de la Règle, du juridique vers le spirituel et du hiérarchique vers une conception plus démocratique de la communauté. D’autre part, Étienne Fouilloux a souligné l’écart entre l’ambiance générale de l’aggiornamento et la tradition d’une congrégation enracinée dans le catholicisme intransigeant et missionnaire du XIXe siècle : essentielle dans l’expression d’une identité commune, la question du rapport de l’Assomption à son fondateur, Emmanuel d’Alzon, est désormais posée.

1. Voir la contribution d’Étienne Fouilloux dans ce volume.

 

Webmestre: D. Remiot

Réalisation: Avenir Internet