Deux siècles d'Assomption,
le regard des historiens

La crise de l’Action Française et la congrégation

JACQUES PRÉVOTAT

Professeur à l’université de Lille III, auteur d’une thèse récemment publiée intitulée « Les catholiques et L’Action française, Histoire d’une condamnation », 1899-1939, Fayard, Paris, 2001 et d’un livre « Être chrétien en France au XXe siècle », Paris, Seuil, 1998.

Je veux d’abord exprimer mes remerciements à la congrégation des Assomptionnistes pour l’accueil dont j’ai bénéficié à Paris et à Rome. En chaque occasion, l’efficace aide du P. Solano, puis du P. Monsch a été décisive. On peut se demander, au seuil de cet exposé, si les relations qui se sont nouées entre une congrégation religieuse et une ligue politique qui n’a jamais eu la responsabilité du pouvoir constituent un sujet digne de retenir l’attention. L’Action Française a rarement dépassé un tirage de 60 000 exemplaires et encore ce tirage ne survient-il qu’au lendemain de la Première guerre mondiale, dans les années 1920 1. S’il s’agissait d’étudier les rapports entre les radicaux-socialistes et la Congrégation de l’Assomption, il y aurait beaucoup à dire, tant le conflit avec la République a été vif, comme l’ont montré les conférences qui ont précédé. Mais les rapports avec la ligue d’Action française n’impliquent-ils pas une autre approche ? La crise de la condamnation en 1926-1927 est néanmoins un événement dont l’histoire a marqué cette congrégation, comme elle a affecté l’Église de France. Trois raisons l’expliquent :

1. Il est vrai qu’on enregistre des fluctuations, 156000 exemplaires au fort de la crise de 1917, autour de 100 000 en 1925, lors du cartel des Gauches et de la Fédération nationale catholique. En 1934, le quotidien tire encore à 100 000, mais il s’agit d’un feu de paille.

 

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