Deux siècles d'Assomption,
le regard des historiens

Les débuts de la mission d’Orient

Le collège de Plovdiv, en Bulgarie

ALAIN FLEURY

Professeur de civilisation allemande à l'Université d'Orléans. A notamment publié : « La Croix et l'Allemagne, 1930-1940 », Cerf (1986), et « Un collège français en Bulgarie, Saint-Augustin, Plovdiv, 1884-1948 », L'Harmattan (2002).

Mesdames, Messieurs, chers Amis,

Pour cette séance consacrée aux relations entre l’Assomption et le monde orthodoxe, j’ai choisi de vous parler de la Mission assomptionniste en Bulgarie, plus précisément de son plus beau fleuron, le Collège « Saint-Augustin » de Plovdiv et ce, à travers les Éphémérides du P. Hermann Gisler.

Si l’on veut remonter à la genèse de ce que l’on appelait alors la « Mission d’Orient », on peut dire que tout a commencé un jour de juin 1862. Je me contenterai d’évoquer la fameuse petite phrase de Pie IX, recevant le P. d’Alzon à Rome, à l’occasion d’une canonisation de martyrs japonais, et bénissant en public ses « œuvres d’Orient et d’Occident ». Cet événement fondateur a, on le sait, très vite pris une dimension mythique chez les Assomptionnistes. (D’autant plus que le P. d’Alzon ne possédait alors pas d’œuvre en Orient !)

À l’époque, l’empire ottoman domine encore tous les pays du pourtour oriental de la Méditerranée. Cependant, depuis le milieu du XIXe siècle, la résistance des Bulgares s’intensifie, la libération se profile. Sur le plan religieux, malgré les tentatives de conversion à l’Islam, la population est en grande partie chrétienne, regroupée au sein de l’Église orthodoxe issue du schisme de Photius.

 

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