Couverture de la version papierDOCUMENTS ASSOMPTION nº 24         1999

Avant-propos

Ce fascicule “Documents Assomption” (DA n° 24) de 1999 sera un peu différent de celui des autres années.

En effet, durant l’année, s’est tenu le Chapitre général et les textes essentiels du Chapitre ont été édités dans un fascicule à part que chaque Religieux a reçu, traduit dans les langues officielles de la Congrégation (“Passionnés de Dieu pour un siècle nouveau”). On n’a donc pas trouvé nécessaire de reproduire ici l’ensemble des textes du Chapitre, mais certaines interventions intéressantes.

Le Chapitre a élu le Père Richard Lamoureux comme nouveau Supérieur Général, ce qui, on le comprend fort bien, n’a pas laissé un temps bien long pour des Visites canoniques avec Carte de Visite.

De plus, le compte-rendu du Conseil de Congrégation est bref : ce Conseil, dans l’année du Chapitre, se tient en deux courtes séances au cours du Chapitre et ne traite que les sujets demandant le consentement du Conseil.

Enfin, le Conseil général a décidé d’imprimer “Documents Assomption” en utilisant la langue de rédaction ou de réception des textes publiés.
Les traductions existantes sont signalées en notes et pourront être consultées sur le site internet de la Congrégation.

    SOMMAIRE  

CONSEIL DE CONGRÉGATION 1999

LE CHAPITRE GÉNÉRAL

ACTES DU SUPÉRIEUR GÉNÉRAL EN SON CONSEIL

LETTER # 1 OF THE GENERAL SUPERIOR

LETTER FOR ALL RELIGIOUS ABOUT OUR MISSION IN KOREA

SESSIONS ET RENCONTRES

PRODUCTIONS

NOS FRÈRES DÉFUNTS

Statistiques de l'InstitutRetour en haut de la page

CONSEIL DE CONGRÉGATION 1999

Le Conseil de Congrégation, comme tous les Conseils se tenant les années de Chapitre général, se divise en deux parties :

- une première session, avec l’ “ancienne” Curie généralice, étudiant en particulier la Caisse de Solidarité et d’autres questions si nécessaires ;

- une deuxième session avec la “nouvelle” Curie.
Au cours du Chapitre général, le nouveau Supérieur Général, le Père Richard Lamoureux, a convoqué une troisième session consacrée spécialement à la Corée.

1ère partie : vendredi 7 mai (14 - 15 heures)

1) Les Participants

Conseil Général :

P. Claude Maréchal, Supérieur Général
P. José Geraldo Da Cruz, Assistant et Vicaire général
P. Louis Augustijns, Assistant et Procureur général
P. Marcel Poirier, Assistant et Econome général
P. Bernard Holzer, Assistant et Postulateur
P. Dominique Bouverot, Assistant et Secrétaire général

Vice/Provinciaux :

P. Jef Bergmans, Provincial de Belgique-Nord
P. Jean-Marie Denis, Provincial de Belgique-Sud
P. John Franck, Provincial d’Amérique du Nord
P. Miguel Fuentealba, Provincial d’Amérique du Sud
P. Joseph Henry, Vice/Provincial de France-Ouest
P. Robert Henshaw, Provincial d’Angleterre
P. Jean-Chrysostome Kanyororo, Provincial d’Afrique
P. Mart Lemmens, Provincial des Pays-Bas
P. Manuel Martinez Alaminos, Provincial d’Espagne
P. François Morvan, Vice/Provincial de France-Nord
P. Jean-Claude de Rosny, Vice/Provincial de Madagascar
P. Pedro Wouters, Vice/Provincial du Brésil
P. Michel Zabé, Vice/Provincial de France-Est
P. Patrick Zago, Provincial de France

2) Sujet: Caisse de Solidarité

Le Conseil examine les différentes demandes et les dons de Provinces permettent d’honorer, une fois encore, la plupart des besoins financiers, en particulier pour la formation.Retour en haut de la page

2ème partie : vendredi 7 mai

La deuxième session du Conseil de Congrégation a lieu le mercredi 19 mai 1999, dans la salle du Chapitre général, de 14 heures à 15 heures.

1) Les Participants

Conseil Général :

P. Richard Lamoureux, Supérieur Général
P. Julio Navarro, Assistant et Vicaire général
P. Marcel Poirier, Assistant et Econome général
P. Bernard Holzer, Assistant et Secrétaire général

(N.B.: le Père René Mihigo Marhegane, Assistant Général, n’a pas pu être présent, retenu au Noviciat de Butembo, Province d’Afrique).

Vice/Provinciaux:

P. Jef Bergmans, Provincial de Belgique-Nord
P. Jean-Marie Denis, Provincial de Belgique-Sud
P. John Franck, Provincial d’Amérique du Nord
P. Miguel Fuentealba, Provincial d’Amérique du Sud
P. Joseph Henry, Vice/Provincial de France-Ouest
P. Robert Henshaw, Provincial d’Angleterre
P. Jean-Chrysostome Kanyororo, Provincial d’Afrique
P. Mart Lemmens, Provincial des Pays-Bas
P. Manuel Martinez Alaminos, Provincial d’Espagne
P. François Morvan, Vice/Provincial de France-Nord
P. Jean-Claude de Rosny, Vice/Provincial de Madagascar
P. Pedro Wouters, Vice/Provincial du Brésil
P. Michel Zabé, Vice/Provincial de France-Est
P. Patrick Zago, Provincial de France

2) Les travaux du Conseil

Le Rapport du Procureur

Le Père Louis Augustijns, Procureur en titre, présente la liste des religieux qui, depuis le dernier Conseil de Congrégation, ont sollicité un indult de séparations définitives ou temporelles de la Congrégation ainsi que les dispenses obtenues auprès du Saint-Siège.

Le point sur les futures nominations des Provinciaux

Pour que le Conseil général des 16-17 juin à Rome puisse procéder aux nominations des Provinciaux d’Amérique du Nord, de Belgique-Nord, de Belgique-Sud, du Brésil, d’Espagne et de France, une consultation doit être mise en route immédiatement pour que les réponses puissent arriver à Rome, si possible, pour le 12 juin.

Approbation du budget 1999

Le Père Marcel Poirier présente et commente le budget 1999 de la Caisse générale.
Après plusieurs questions d’information, de clarification et d’explication, l’Économe général présente le budget 1999 à l’approbation du Conseil de Congrégation. Il est adopté à l’unanimité.

Organisation du prochain Conseil de Congrégation

Le Conseil de Congrégation de l’an 2000 aura lieu à Jérusalem ou à Rome, du 1er au 11 juin 2000.
Celui de 2001 aura lieu à Arusha aux dates habituelles.Retour en haut de la page

3ème Session : 20 mai

Le Supérieur Général convoque les membres du Conseil de Congrégation pour une troisième session le jeudi 20 mai 1999, sur le dossier de la Corée, de midi à 13 heures, avec les mêmes participants que pour la 2ème Session.


Le Supérieur Général consulte son Conseil sur la manière d’aborder ce dossier durant le Chapitre, en lançant l’idée d’un Consortium de Provinces pour en assurer le suivi. Le prochain Conseil de Congrégation, après consultation des religieux sur place, devra se prononcer.


En fin de séance sont fixés le lieu et la durée du Conseil de Congrégation de l’an 2000 : Jérusalem, du 1er au 11 juin 2000.Retour en haut de la page

LE CHAPITRE GÉNÉRAL

Les Participants

Membres de droit

P. Claude Marechal, Supérieur Général
P. José Geraldo Da Cruz, Assistant et Vicaire général
P. Louis Augustijns, Assistant et Procureur général
P. Marcel Poirier, Assistant et Econome général
P. Bernard Holzer, Assistant et Postulateur
P. Dominique Bouverot, Assistant et Secrétaire général
P. Hervé Stephan Ancien Supérieur Général
P. Jef Bergmans, Provincial de Belgique-Nord
P. Jean-Marie Denis, Provincial de Belgique-Sud
P. John Franck, Provincial d’Amérique du Nord
P. Miguel Fuentealba, Provincial d’Amérique du Sud
P. Joseph Henry, Vice/Provincial de France-Ouest
P. Robert Henshaw, Provincial d’Angleterre
P. Jean-Chryso Kanyororo, Provincial d’Afrique
P. Mart Lemmens, Provincial des Pays-Bas
P. Manuel Martinez Provincial d’Espagne
P. François Morvan, Vice/Provincial de France-Nord
P. Jean-Claude de Rosny, Vice/Provincial de Madagascar
P. Pedro Wouters, Vice/Provincial du Brésil
P. Michel Zabé, Vice/Provincial de France-Est
P. Patrick Zago, Provincial de France

Délégués :

Afrique : Floribert Ngwese Kombi
Oswald Lusenge
Vincent Machozi
Amérique du Nord : Dennis Gallagher
Richard Lamoureux
Angleterre : Thomas O’Brien
Belgique-Nord : Frans Houbey
Arnold Castro
Belgique-Sud : Laurent Bodart
Guy Leroy
Brésil : Marcos L. B. de Souza
Chili-Argentine : Hector García
Espagne : Miguel Iriarte
France : Bruno Chenu
Michel Carrière
André Antoni
Emmanuel Rospide
Benoît Gschwind
Robert Migliorini
Gheorghe Hang
Madagascar : Alphonse Zafimahakoko
Pays-Bas : Jan Stroombergen
Henk Sibum
Vicariat de Corée : Frans Desmet
Vicariat de Colombie : Francisco Lenglez

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Message du Pape Jean-Paul II

Au Révérend Père Richard Lamoureux, a.a.
Supérieur Général des Augustins de l’Assomption

Alors que se tient à Rome le trentième Chapitre général des Augustins de l’Assomption, je suis heureux de vous adresser mes cordiales salutations et de vous assurer de mon union dans la prière et l’action de grâce.

Cette assemblée coïncide avec l’ouverture de l’année où sera célébré le cent cinquantième anniversaire de la fondation de la Congrégation par le Vénérable Emmanuel d’Alzon. Ces événements sont une occasion privilégiée pour donner une nouvelle vigueur aux intuitions du fondateur afin que, partout où les membres de l’Institut sont envoyés, ils travaillent toujours plus généreusement pour qu’advienne le Règne de Dieu, Adveniat regnum tuum, selon la devise qui, depuis les origines, a conduit les Augustins de l’Assomption à ouvrir des nouveaux chemins missionnaires.

Je vous encourage donc volontiers dans votre réflexion commune sur les orientations que vous entendez promouvoir, au moment où s’ouvre cette nouvelle étape de la vie de vos communautés, en privilégiant notamment la transmission et l’approfondissement de la foi ainsi que l’engagement en faveur des pauvres et des exclus. Je souhaite que votre activité dans le domaine œcuménique, particulièrement tournée vers l’Orient chrétien et vers l’Europe centrale et orientale, donne à tout votre apostolat une perspective fondée sur la charité et le dialogue fraternel, ainsi que je l’ai exposé dans l’encyclique “Ut unum sint”.

J’invite cordialement la Congrégation à poursuivre la promotion du sens évangélique de sa vie apostolique, à partir de son patrimoine spirituel issu de la grande tradition léguée par saint Augustin. Elle pourra s’appuyer sur son expérience pastorale des cent cinquante années de son existence, en ayant aussi présentes à l’esprit les orientations que j’ai proposées dans l’exhortation apostolique “Vita consecrata”.

En étant “des hommes passionnés de Dieu pour un siècle nouveau”, vous redonnerez à vos communautés leur sens prophétique, pour travailler, selon votre charisme propre, au service de la mission confiée par le Christ à son Église. Le retour aux origines vous donnera l’audace de vivre l’harmonie qui doit exister entre l’annonce de l’Évangile et une vie fraternelle animée par un dynamisme spirituel et apostolique toujours plus ardent.

Invoquant la protection de la Vierge Marie et l’intercession de saint Augustin, je prie Dieu de faire descendre l’abondance de ses grâces sur vous_même qui venez de recevoir la charge de conduire l’Institut au cours des prochaines années avec les membres de votre Conseil, et je vous accorde de grand cœur la Bénédiction apostolique que j’étends à tous les Augustins de l’Assomption et aux personnes qui leur sont associées.

Du Vatican, le 17 mai 1999.

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Allocution d’ouverture du 30ème Chapitre général (3 mai 1999)

Frères,

Grâce à Dieu, nous voici rassemblés pour le 30ème Chapitre général de notre famille religieuse, les Augustins de l’Assomption, Chapitre que j’ai la joie d’ouvrir officiellement en tant que président. Certains d’entre nous se retrouvent en pays de connaissance tant de telles assises leur sont familières pour y avoir siégé bien des fois ; d’autres au contraire participent pour la première fois à l’instance suprême de la Congrégation et vont découvrir, tout au long des jours, les joies et les difficultés d’une assemblée législative internationale décidant, dans la prière et dans la foi, pour toute l’Assomption qu’elle représente.

A tous, je souhaite au nom du Conseil et en mon nom propre la bienvenue. Je sais que la mission qui vous est confiée s’ajoute à beaucoup d’autres et qu’elle ne simplifie pas votre tâche. Soyez donc remerciés d’avoir accepté votre élection. Merci à vous tous aussi traducteurs, secrétaires, dactylographes d’avoir mis votre compétence à notre service. J’espère que nous tous vivrons un temps fort de foi et d’espérance, un moment d’intense appartenance à notre famille religieuse, une recherche approfondie des appels de Dieu pour mieux répondre à notre mission à l’aube du XXIème siècle, au 150ème anniversaire de notre fondation.


A cheval sur deux siècles

Des hommes passionnés de Dieu pour un siècle nouveau”. Ce Chapitre, et c’est l’une de ses particularités, est le dernier du XXème siècle mais il vise déjà le XXIème siècle dont nous sommes désormais tout proches. Comment ne pas évoquer ce siècle finissant ? Il vaudrait la peine de rechercher, chacun pour son compte, les cinq grands événements les plus significatifs de ce siècle finissant dans l’histoire mondiale comme dans l’histoire ecclésiale.
Le XXème siècle nous aura appris que l’homme est plus fort qu’un dieu et plus féroce qu’un loup, nous nous en rendons compte aujourd’hui encore. Nous aurons vu l’homme s’élancer à la conquête de l’espace et marcher sur la lune d’un pas mal assuré. Nous aurons été témoins de progrès invraisemblables, inimaginables d’une technique se riant des obstacles qui semblent lui barrer la route. A peine un seuil est-il passé qu’on pense déjà à vaincre le suivant, même en biologie et en génétique.

Confirmant de plus en plus la maîtrise de l’homme sur l’univers, ce siècle finissant a été, parallèlement, le siècle de l’horreur, de deux guerres internationales terriblement destructrices et meurtrières, des camps d’extermination, des génocides programmés, des transferts de population, des idéologies et des dictatures implacables sur chacun de nos continents. L’homme a révélé, jusqu’à la stupéfaction, tout le mal qu’il était capable d’infliger à son semblable dans sa volonté de puissance démoniaque. Peut-être réalisons-nous mieux qu’il a besoin d’être pardonné et sauvé en Jésus-Christ, comme Vatican II nous l’a dit et redit.

De tous les événements majeurs qui ont marqué la vie des Eglises ces cent dernières années, l’histoire retiendra sans doute le Concile Vatican II comme le plus décisif pour l’Eglise catholique, comme l’a été la création du Conseil oecuménique des Eglises pour l’ensemble des confessions chrétiennes. Tout en vivant le choc des cultures nées de la modernité et de la technique, l’Eglise catholique n’en a pas moins poursuivi sa grande épopée missionnaire dévoilant toutes les implications de l’Evangile dans des sociétés de plus en plus complexes et dans des vies personnelles de plus en plus bousculées.

L’histoire humaine, dans toute son épaisseur, nous rappelle l’Eglise, est une histoire du salut culminant dans le Christ, coeur de cette histoire. Il est l’homme achevé, dévoilant à l’être humain son propre mystère. Sa Parole est lumière éclairant la gigantesque aventure de l’humanité comme l’existence de chacun. Le Christ est le salut offert aux nations, offert à chacun, dans la complémentarité des vocations chrétiennes, aucune ne pouvant se prévaloir d’être supérieure à l’autre, toutes étant indispensables au témoignage évangélique au coeur du monde. Oui, l’Eglise du XXème siècle a mieux mis en valeur l’ampleur universelle du christianisme qui s’adresse à tout être humain et à tout l’être humain.

De l’expulsion à l’expansion dans des continents nouveaux : un siècle de vie assomptionniste

Le siècle s’est ouvert pour nous, Assomptionnistes, par le retentissant procès des Douze, dont le Père Picard, par lequel une République, à l’époque sectaire et anticléricale, se débarrassait de religieux turbulents et railleurs. Ce même siècle se termine par une réunion internationale de jeunes a.a. venant de 12 pays, la CAFI, par l’érection en Province ou Vice/Province du Brésil et de Madagascar, par la nomination récente du premier Provincial autochtone dans l’ex-Zaïre.

Très marquée, au début du siècle, par la France et ses démêlés politico-religieux, l’Assomption est beaucoup plus aujourd’hui cosmopolite et pluri-culturelle. Elle participe pour sa part au grand mouvement de la vie religieuse qui émigre du Nord au Sud, Asie mise à part, sans que le Nord ait dit pour autant son dernier mot. N’enterrons pas prématurément la vie religieuse, l’Assomption, dans notre vieille Europe et en Amérique du Nord !

Mais l’Eglise et nos Congrégations seront, au XXIème siècle, beaucoup plus colorées qu’elles ne le sont aujourd’hui et les cadres de pensée s’en ressentiront. Emigrant à nouveau, la vie religieuse va devoir acclimater ses intuitions profondes et ses traditions spirituelles dans d’autres cultures. C’est une opération délicate car une famille religieuse profondément marquée par ses origines géographiques et historiques ne se transplante pas sans problèmes à l’autre bout du monde. Toutefois ce siècle finissant nous laisse une vie religieuse éprouvée, ébranlée, mais bien réinsérée dans l’Eglise, consciente de sa vocation originale, plus évangélique qu’au début du siècle, au charisme et à la mission réactualisés, à la demande même de Vatican II et de “Vita Consecrata”.

150 ans déjà ! Un autre siècle à notre porte.

Avec l’ensemble du monde et des Eglises, l’Assomption, chargée d’années mais encore jeune, va franchir en l’an 2000 un nouveau cap. Occasion pour nous de redécouvrir notre charisme et notre histoire dont le Père Lucien Guissard nous donne, dans un livre à paraître, un très bon aperçu qui allie précision à brièveté. Comme toute histoire, la nôtre est faite d’ombres et de lumières et nous mettons plus en valeur nos heures de gloire, nos hommes de mérite, nos témoins et nos martyrs que nos pécheurs et nos misères.

Mais ces vies, ces tâches, ces entreprises, certaines plus que centenaires, c’est une histoire de foi et de service désintéressé du Royaume, de créativité apostolique et de dévouement sans faille. C’est un témoignage vivant d’attachement à l’Eglise jusque dans ses raidissements et ses étroitesses. C’est un exemple de multiples chantiers menés de front. C’est le déploiement dans le temps de notre charisme révélant ses diverses facettes.

Renouant avec le passé, tout anniversaire fortifie les racines. Mais il est un tremplin pour l’avenir. Il est tourné vers le futur. Retrouver les intuitions et le dynamisme des pionniers de l’aventure de l’ART certes, mais, nous est-il dit, pour “redonner souffle et enthousiasme à l’ensemble de la Congrégation en l’aidant à se réapproprier son patrimoine spirituel pour un nouveau dynamisme apostolique : faire advenir le Règne en nous et autour de nous.” Mais aussi, en parallèle “pour accentuer la communion entre tous ses membres en favorisant la communication et en utilisant, pour ce faire, les possibilités nouvelles qu’offre notre époque.” L’esprit et les objectifs de notre jubilé propre sont clairs et ils rejoignent bien ceux du grand Jubilé.

Nous ouvrirons officiellement l’année jubilaire en fin de Chapitre. Tant qu’elle durera, Commissions provinciales et internationale nous stimuleront en nous proposant toutes sortes d’actions et de réalisations possibles. Le Chapitre doit, pour sa part, contribuer à la préparation des esprits et des coeurs pour que cet anniversaire étalé dans le temps soit réellement pour nous un événement spirituel. Trois propositions vous seront donc faites.

Ce texte relie les grandes orientations des derniers Chapitres à la visée globale du Père d’Alzon, à ses convictions les plus fondamentales. Il recueille aussi ce que l’Esprit a fait germer, des aspects moins accentués autrefois, sous cette forme du moins, comme la communauté apostolique. L’unité entre aujourd’hui et hier apparaît mieux. L’harmonie entre les grandes préoccupations du Père d’Alzon et celles de l’Eglise d’aujourd’hui dans nos divers pays transparaît davantage. Car au fond, dans notre monde en crise, il s’agit bien de la reconnaissance de Dieu et d’une compréhension de l’homme et de la société à la lumière de Jésus-Christ”.

Ce livret est la version longue du charisme actualisé de l’Assomption. Une version, courte, indispensable, ne peut être l’oeuvre d’un homme, d’un Conseil, ni même du présent Chapitre. Elle doit surgir de l’Assomption dans son ensemble. Elle suppose donc tout un travail de préparation, d’assimilation.

Si le charisme est un don de l’Esprit, il ne peut être accueilli, perçu, intériorisé que dans la disponibilité à l’Esprit et à l’appel de Dieu. Seule l’expérience spirituelle permet de découvrir la vérité, la richesse, les fruits spirituels du charisme. C’est ainsi que l’expérience du fondateur devient effectif chemin spirituel et apostolique pour nous, confrontés à des temps nouveaux. Chacun de nous est invité à approfondir les pages 14 à 20 du livret : “La formation assomptionniste. Complément à la Ratio Institutionis”.

Ce sont des pages très neuves récapitulant pour la première fois, à ma connaissance, les exigences d’une formation progressive à l’esprit de l’Assomption.

Cet esprit sera-t-il lumière pour ce XXIème siècle commençant ? Je l’espère sans savoir plus que vous ce que nous réserve cette nouvelle tranche d’histoire. La crise spirituelle de nos sociétés occidentales n’est que trop réelle et le matérialisme de fait qui préside à notre économie n’y est sans doute pas pour rien. Ceci dit, il n’y a pas lieu de s’étonner que tant de bouleversements dans tous les domaines déstabilisent l’univers religieux et ses représentations traditionnelles qui semblent incompatibles avec le monde d’aujourd’hui et irrecevables. Les nouvelles mentalités ne s’évangélisent pas du jour au lendemain et la mondialisation va nous obliger partout à redoubler d’efforts. Il n’est pas besoin d’être grand prophète pour deviner deux évolutions prévisibles à prendre en compte dans ce Chapitre :

- Encore trop marqué par l’Europe qui fut longtemps sa terre d’élection, le christianisme devra s’inculturer plus encore pour devenir une véritable religion universelle déployant, dans toute son amplitude, le mystère du Christ.

- L’Asie va prendre un poids considérable, obligeant le christianisme à se confronter aux autres religions dans un dialogue inter-religieux exigeant.

Le présent Chapitre

30ème de l’histoire, il est le dernier d’une série déjà longue, dont plusieurs du vivant du Père d’Alzon qui les préparait très soigneusement. “Ces derniers, signale le dossier sur la vie et les vertus, étaient pour lui l’occasion de vérifier avec ses fils les bases surnaturelles et la portée apostolique des oeuvres qui se développaient au fil des ans ainsi que la fidélité de la Congrégation à l’esprit qu’il avait voulu lui donner. (...) Le Père d’Alzon présidait et animait les débats, et les allocutions de clôture qu’il a laissées sont de remarquables synthèses sur les bases surnaturelles de l’oeuvre et sur les moyens de la développer.” (Vol. 1, p. 30).

Le cru 1999 sera-t-il aussi bon, voire supérieur aux précédents ? L’histoire le dira. Elle notera sans doute quatre innovations.

Doctrinal, social, oecuménique : trois notes à tenir ensemble

“L’Assomption rapproche, imbrique des attitudes qui paraissent incompatibles, alors qu’elles sont complémentaires. C’est un héritage du Père d’Alzon. Il unit ce que l’on oppose facilement : étude ou méditation, prière ou action, sanctification personnelle ou engagement apostolique, gratuité devant Dieu ou présence au monde, confiance à Dieu et recherche des moyens adaptés. Avec le Père d’Alzon, l’Assomption relie tous ces termes, quitte à en être parfois écartelée”.

Vous souvenez-vous de cet extrait de “la Passion du Règne de Dieu dans le monde de ce temps” (p. 21)? C’est l’un des fils conducteurs de ce Chapitre qui semble aborder des questions fort diverses, sans lien apparent. Alors qu’il nous faut à la fois, pour ne prendre qu’un exemple, approfondir notre charisme et affiner notre témoignage évangélique en fonction de notre époque. Sacrifier l’un à l’autre, c’est renoncer à une part de nous-mêmes, c’est nous atrophier.

De même doctrinal, social, oecuménique sont trois notes à tenir ensemble. Quand l’une fait défaut, les deux autres en pâtissent. Bien prendre en compte le donné de foi, sa compréhension et sa transmission, ce n’est pas dévaloriser l’engagement social ou amoindrir son urgence et son absolue nécessité. Bien comprises, les deux missions se renforcent elles-mêmes. Foi, justice, communion : c’est vraiment le sceau de l’Assomption. Le programme quelque peu éclaté du Chapitre se réfère à cette triple caractéristique pour l’actualiser une fois encore. C’est l’articulation et l’équilibre interne de ces trois composantes qui assurent, dans une atmosphère de foi et de prière, la vigueur évangélique et apostolique de l’Assomption.

Il vous sera facile de rattacher à l’un ou à l’autre de ces trois pôles la matière du présent Chapitre et je me dispenserai donc de le faire mais qu’on traite de la recherche doctrinale, de notre réinsertion en Europe centrale et orientale, de notre parti pris avec les pauvres, il s’agit bien des parties d’un tout dont elles sont inséparables.

Plus un corps se diversifie, plus l’unité en sera exigeante. L’unité d’une Assomption enracinée dans des continents et des cultures à évangéliser passe par une conscience plus vive de notre identité et par une expérience renouvelée et plus rigoureuse de notre charisme.

Parler ainsi, ce n’est pas une invitation à nous recroqueviller sur notre identité, bien au contraire. Je n’oublie pas non plus l’Assomption concrète et son vieillissement. Je souhaite vraiment que nous portions grande attention à nos aînés et à la situation des Provinces où ils sont le plus grand nombre. En quoi notre charisme peut-il être sérénité et dynamisme pour toutes les saisons de la vie, dans toutes les situations de santé ? Quelles ressources spirituelles et apostoliques offre-t-il à tous les âges ? L’expérience spirituelle du Père d’Alzon malade ou vieillissant ne serait-elle pas exemplaire pour nous ? Dans une société qui redoute les rides et l’amoindrissement de l’âge, n’aurions-nous pas à témoigner d’une autre manière de voir ?

Le charisme n’a pas réponse à tout. Il serait vain de l’interroger à tout propos. Mais il ne prend chair et vigueur que décanté, personnalisé. Notre esprit, nous ne l’avons pas exploré jusqu’en ses recoins. Je pressens qu’il est plus riche qu’on ne croit et qu’il peut éclairer les diverses phases de notre vie d’une lumière à peine soupçonnée. Je pressens aussi que nous ne pouvons le monopoliser pour nous seuls : d’autres vocations, appelées elles aussi à la perfection, peuvent s’en inspirer, comme nous le diront peut-être Alain Cordier et Pierre Rion, deux laïcs invités à témoigner, ces jours prochains. Notre esprit n’est souvent qu’un moteur auxiliaire. Il mérite mieux. L’équipe que nous mettrons en place saura peut-être nous en convaincre et prendre les moyens pour y parvenir.

Un Chapitre, ce sont des journées chargées, de longs débats, des tensions et des impasses, bien sûr. Mais c’est avant tout, une expérience spirituelle d’écoute communautaire de Dieu à l’oeuvre et de disponibilité à l’Esprit. Ce doit être pour chacun un temps d’émerveillement et une école de conversion. Nous sommes temporairement mais intensément une communauté apostolique internationale : vivons donc ainsi. Ne nous préoccupons pas des détails ni de la vie ni des textes : c’est du temps perdu. Allons à l’essentiel.

D’entrée de jeu, merci à tous ceux qui ont beaucoup payé de leur personne pour préparer spirituellement et matériellement ces assises, pour assurer les rotations de l’aéroport jusqu’ici, pour fournir instruments de travail et de célébration. Merci aux membres du Conseil général qui a été pour moi le meilleur des soutiens tout au long de ces six années. Maintenant, il ne me reste plus qu’à imiter la manière de faire de Barnabé dans le passage des Actes lu aujourd’hui. Arrivant à Antioche, y voyant les effets de la grâce de Dieu, il fut dans la joie, nous est-il dit. Il les exhortait tous à rester d’un coeur ferme attachés au Seigneur. Puis il repartit pour aller à Tarse chercher Saul et le ramener à Antioche. Vivement que vous ayez trouvé Saul pour que je puisse l’amener à ma place ! Et qu’il se rassure : à la différence de Barnabé, je ne resterai pas avec lui toute une année puisqu’il n’y a pas de foule considérable à instruire, ici à Rome, mais une communauté à reconstituer.

Rome, le 27 avril 1999
P. Claude Maréchal
Supérieur Général

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Première interview inédite du Supérieur Général

Cette première interview du Père Général a été recueillie au lendemain-même de la clôture du Chapitre par le frère Robert Migliorini a.a., journaliste à La Croix. C’est une présentation “chaud” de notre Chapitre et de ses enjeux.

- Le Chapitre général vient de s’achever. Quelle vie religieuse met_il en valeur ?

Nous vivons aujourd’hui une vie religieuse qui a retrouvé une marge de manoeuvre plus grande, après avoir vécu une période de grande ébullition. Je parle d’une période que je connais bien. Lorsque j’ai fait ma première profession, en 1963, tout était encore en place, peut-on ainsi dire. Pour le religieux, il y avait une réponse pour chaque question. J’ai étudié ensuite en Europe. Le Concile se terminait. Tout en a été ensuite bouleversé. Trente ans après, nous connaissons une certaine accalmie. Le temps a fait son oeuvre. Prenons un exemple : les relations entre laïcs et religieux. La vocation de chacun apparaît aujourd’hui complémentaire et non plus concurrente. Les valeurs de la vie religieuse sont mieux perçues par les laïcs et la vocation baptismale commune revalorisée. Dans ce contexte, les religieux doivent dorénavant traduire concrètement ces valeurs.

- Le Chapitre a, semble-t-il, insisté tout spécialement sur la nécessité de la communauté apostolique ?

La communauté apostolique est au centre de notre vie. Voilà une insistance nouvelle, me semble-t-il. Non pas en tant qu’objectif, la Règle de saint Augustin en témoigne. Mais en tant qu’expression d’un plus grand désir. Là encore, il nous faut trouver les modalités de mise en oeuvre concrète et oser en évaluer le prix à payer, en quelque sorte, pour chacun. Sinon, ce désir restera lettre morte.

- N’est-ce pas difficile aujourd’hui, dans des sociétés marquées par une plus grande place donnée à l’individu et à sa revendication de liberté ?

La liberté est une vraie valeur ! Mais elle ne doit pas “découdre” le tissu communautaire. Il s’agit donc de concilier liberté personnelle et bien commun. C’est cela aussi notre projet de vie religieuse. En choisissant de vivre en communauté, on choisit de tout partager. Y compris ses convictions les plus personnelles. Des propos qui ne sont pas toujours compris. Le désir de liberté nous surprend toujours. En même temps, chacun perçoit mieux aujourd’hui l’enjeu pour des communautés religieuses : dans un monde plus individualisé, des lieux à taille humaine où la rencontre est possible sont indispensables. Ils sont une chance pour l’Église.

- Saint Augustin, Emmanuel d’Alzon sont-ils nos sources dans cette tradition ?

Le grand défi pour d’Alzon, éducateur et fondateur, ne se situait pas d’abord d’ordre moral ou de l’action. Son défi était d’abord d’ordre spirituel dans le sens très large ; on pourrait dire intellectuel. Jusqu’à une époque récente, on lisait ses écrits en s’excusant. Mais une lecture plus sympathique nous laisse découvrir un homme qui a voulu faire face aux questions philosophiques et théologiques les plus profondes de son époque et qui sont actuelles pour nous aujourd’hui. Augustin soulevait des questions au même niveau, en nous permettant de mieux comprendre la nature humaine et la nature du croyant. Ces deux sources sont toujours à notre service. Chaque époque est invitée à relire ces intuitions, comme dans le domaine de l’art qui est le mien. Tout a été dit sur un tableau comme “l’adoration des mages” de Léonard de Vinci. Pourtant, ces grands maîtres ont toujours des choses nouvelles à nous dire. À condition de les redécouvrir.

- L’Assomption est présente dans vingt_six pays. L’évangélisation des cultures est un maître_mot du Chapitre. Comment un nord-Américain aborde-t-il cette nouvelle frontière ?

Comme un fait. La découverte de nouvelles cultures commence tout près de chez soi. J’ai vécu une expérience très intéressante, dans ce sens, l’an dernier, à l’Université de Worcester où j’enseigne. Je logeais sur le Campus, au milieu des étudiants. J’ai eu l’impression de côtoyer une culture étrangère : musiques, horaires, façons de croire... Tout était différent pour un homme de 56 ans comme moi. Je me suis retrouvé dans un pays de mission. L’Assomption ressent aujourd’hui le même choc alors qu’elle grandit dans des pays neufs. Assomptionnistes, nous sommes appelés au dépaysement. L’écoute de l’autre est prioritaire. Que de temps et de patience pour lui parler avec d’autres mots que ceux que nous avons appris. La comparaison avec l’oeuvre d’art est là encore parlante : devant une fresque de Michel_Ange, l’enseignant que je suis doit repartir des questions des étudiants. Dans l’Église, nous vivons le même apprentissage avec les nouvelles générations.

- L’internationalité a été un autre des mots-clés du Chapitre. L’élection pour la première fois d’un Assistant africain dans l’équipe générale en est-il un autre signal ?

Cette évolution ne doit pas nous surprendre. Il va falloir s’habituer à l’Assomption à vivre dans des communautés de plus en plus internationales. Avec l’ambition d’y découvrir le mystère de chacun qui s’exprime dans différentes cultures. La diminution numérique de certaines Provinces nous y pousse. L’émergence de nouvelles Provinces nous en persuade. La période qui s’annonce favorisera les échanges et les projets communs en dehors des frontières habituelles de l’Assomption. À nous de savoir tenir les deux bouts de la chaîne : respecter les différences et vivre en hommes de communion. La vie religieuse témoigne contre toutes les balkanisations.

- Quels sont les terrains nouveaux vers lesquels il vous semble important de se porter ?

Je ne peux m’avancer précisément sur ce point. Je soulignerais plutôt la méthode qui devrait être la nôtre : rapprocher les compétences. Lors de ce Chapitre, j’ai été frappé des connexions qui peuvent s’établir entre nos différents profils : le journaliste rencontre l’éducateur, le religieux, le laïc, le chercheur en sciences sociales, l’homme de terrain... De ces rencontres naîtront de nouvelles compétences et une mise en oeuvre plus adaptée sur des terrains nouveaux. C’est une perspective, me semble-t-il, très féconde.

- Le Chapitre a beaucoup travaillé sur la nécessité de réexprimer le charisme de l’Assomption. Quel en est l’enjeu pour vous ?

Il s’agit de continuer à intéresser et à accueillir des jeunes. Si nous ne savons pas nous présenter, les nouvelles générations ne s’intéresseront pas à nous. Face à ce défi, il importe de dire et de redire l’élan spirituel qui nous anime. Cela ne se traduit pas d’abord par de nouveaux textes à écrire mais par une conversion à vivre dans toute l’Assomption. D’autant que nous savons mieux ce qu’est un Assomptionniste : un homme passionné de Dieu et de son Règne, un homme engagé dans une recherche de Dieu et qui sait la partager avec le monde qui l’entoure.

- Pourtant l’Assomption a du mal à faire parler d’elle et donc de son charisme ?

C’est même le secret le mieux gardé à l’Assomption ! C’est en partageant notre charisme avec d’autres que nous trouvons les mots pour le dire de façon actualisée. Je suis frappé par l’intérêt que nous suscitons chez ceux qui nous découvrent. J’ai moi_même animé des rencontres de laïcs à Worcester à partir de notre Règle de vie. Le partage a été très fructueux. Notre façon de comprendre l’Eglise, par exemple, est riche et nuancée ; nous aurons donc beaucoup à dire à ceux qui ne la comprennent qu’en termes politiques, de droite et de gauche.

- On a parlé de souffle nouveau. Comment devra-t_il se traduire d’ici 2005 pour le prochain Chapitre général ?

Ce souffle nouveau se traduira par des communautés au visage de plus en plus humain, en même temps de plus en plus vivantes et ouvertes. Des communautés plus priantes aussi et qui auront réussi à adopter un style de vie plus simple.

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Chronique du Chapitre général 1999

Nous reprenons ici l’essentiel des Informations qui ont dû parvenir aux communautés durant le Chapitre. Mais, nous a-t-on dit, certains d’entre vous n’auraient pas tout reçu ou ne l’auraient pas eu dans leur langue...
C’est un journal réalisé par une équipe internationale : John Franck (Amérique du Nord), Frans Houbey (Belgique-Nord), Miguel Iriarte (Espagne) et Robert Migliorini (France).

  Informations n° 1  

Dimanche 2 mai. Le soleil est au rendez-vous du 30ème Chapitre général. Ce n’est pas un cliché pour les 46 Capitulants venus se retrouver sous le ciel bleu romain. Les Assomptionnistes se retrouvent pour la troisième fois dans les locaux de la “Cité” des Frères des Ecoles chrétiennes, via Aurelia. Située à deux pas de notre maison généralice, cette imposante bâtisse offre un nombre suffisant de longs couloirs pour favoriser les contacts. Les Assomptionnistes sont réunis au bloc B. Nous occupons (pour les anciens) les mêmes salles que lors du précédent Chapitre, en 1993.

Ce Chapitre est placé sous le signe du renouvellement. 20 délégués sur 46 membres participent pour la première fois à un Chapitre général. Le benjamin, Gheorghe Hang (32 ans), vient de Roumanie. Le doyen Frans Houbey (71 ans) est de la Province de Belgique-Nord.

Comme de coutume le Chapitre s’est doté dans un premier temps, le lundi, d’une équipe fonctionnelle. Dans une grande sérénité. L’élection a porté, au premier tour, Bruno Chenu au poste clé de promoteur. Le Chapitre s’est donné ensuite trois modérateurs, dans l’ordre : Richard Lamoureux (Amérique du Nord), Floribert Ngwese Kombi (Afrique) et Miguel Fuentealba (Chili). Pour le poste de secrétaire le choix s’est porté, au troisième tour, sur André Antoni. Quant aux “judices causarum”, ils ont été élus à main levée parmi les trois membres de droit qui se sont proposés pour cette charge : Joseph Henry (France), Robert Henshaw (Angleterre) et Hervé Stéphan (ancien Général). Pour la bonne marche des votes, les deux scrutateurs ont été choisis parmi les plus jeunes : Gheorghe Hang et Vincent Machozi (Afrique). La liturgie est coordonnée par Benoît Gschwind (France). Un quatuor a été chargé de l’information auprès des Provinces en recourant aux nouveaux médias. Trois rendez-vous d’information avaient été prévus au cours de ce Chapitre.


Dans son allocution d’ouverture, Claude Maréchal a indiqué que ce 30ème Chapitre présentait quatre innovations :

“Allons à l’essentiel, a-t-il souhaité, sans se préoccuper des détails ni de la vie ni des textes”.

La première semaine a été consacrée essentiellement à la présentation de la réalité assomptionniste et à un aspect déterminant de l’état du monde, la mondialisation. Pour se présenter, la formule a été, aux dires des anciens, renouvelée. L’équipe de préparation a eu recours systématiquement à l’image autant qu’à la parole et à l’écrit. Les montages audiovisuels réalisés à partir des archives disponibles dans les Provinces ont introduit des échanges entre Capitulants et équipes provinciales. Dans ce panorama, les Anglais se sont distingués en utilisant des moyens d’information inédits. Thomas a présenté la nouvelle donne à partir d’une scènette. De son côté Frans Desmet a revêtu l’habit traditionnel coréen pour mieux nous dépayser. Ce tour d’horizon, commencé par l’Amérique latine, s’est achevé par l’Asie.

Cette revue de détail interne s’est accompagnée d’une mise en perspective plus globale. Après une étude détaillée du rapport du Général les Capitulants ont été appelés à prendre la mesure de la mondialisation en cours. Pour cela l’équipe de préparation a fait appel, mercredi et jeudi, à René Valette. Ancien président du CCFD, vice-recteur de l’Institut catholique de Lyon, il a suivi trois étapes : un regard sur le monde, un regard sur l’Eglise dans ce monde et un regard sur l’Assomption dans ce monde et cette Eglise. Il a mis en valeur à partir de nombreux exemples cette dimension incontournable de la mission de l’Eglise et de l’Assomption. Plusieurs travaux de groupe ont suivi les conférences permettant d’évaluer comment est perçue en nos communautés et autour de nous cette mondialisation.

La rencontre, jeudi, d’Alain Cordier, président du Directoire de Bayard-Presse a été un autre point fort de ces premiers jours. Dans son exposé fourni et stimulant, Alain Cordier, 45 ans, a développé quatre points clés :

  1. la nécessité de voix chrétiennes alors que le nombre de ceux-ci est aujourd’hui inférieur à la population chinoise ;
  2. ce que recouvre le fait d’être une entreprise de presse catholique à partir de la nécessaire confrontation entre “fidélité et liberté”. Une identité qui se déploie aujourd’hui au niveau international avec une triple ambition : universalité, inculturation et métissage ;
  3. ce que signifie être une entreprise dont le primat n’est pas la rentabilité mais la création et l’innovation ;
  4. la coresponsabilité laïcs-religieux à partir de l’exemple de Bayard-Presse. Il a notamment mis en valeur la complémentarité des vocations pour lui qui est venu à Bayard-Presse en réponse “à un appel”.

Une autre rencontre, beaucoup plus brève, a marqué nos travaux. Celle du Cardinal Gantin. Le doyen du Sacré Collège a tenu à venir partager un repas avec les Capitulants. A titre amical. Il a rappelé son itinéraire, du Bénin à la Curie, à l’appel de Paul VI.

Cette fin de semaine est marquée par la préparation de l’élection du prochain Supérieur Général. Un premier vote indicatif devrait se tenir samedi en fin de matinée. Dès mercredi, une séance s’est tenue en soirée à partir de l’expérience de l’actuel Général, le Père Claude Maréchal. Il a dressé une liste impressionnante de qualités, les unes indispensables les autres souhaitables, pour une telle charge. Un débat s’est engagé entre Capitulants et sera poursuivi vendredi soir. L’élection du Général devrait intervenir avant le 13 mai.

En attendant, ce samedi, après une célébration selon la “divine liturgie de saint Jean Chrysostome” présidée par le Père Hang alors que le Pape est à Bucarest, les Capitulants vont prendre l’air quelques heures. De quoi refaire des forces indispensables à ce marathon qu’est un Chapitre général.

  Informations n° 2  

Mercredi 12 mai. Les délégués du 30ème Chapitre général des Augustins de l’Assomption ont élu mardi 11 mai le Père Richard Edward Lamoureux, Supérieur Général de la Congrégation. Le 9ème Supérieur Général succède au T.R.P. Claude Maréchal arrivé au terme de son deuxième mandat de six ans.

Né le 3 septembre 1942 à Worcester (Etats-Unis), le T.R.P. Richard Lamoureux est entré dans la Congrégation en 1962. Il a prononcé ses voeux définitifs en septembre 1966 et a été ordonné prêtre en 1971.

Il s’est consacré essentiellement à l’enseignement et a exercé diverses responsabilités dans la Province d’Amérique du Nord. Après des études de philosophie en Belgique et de théologie à Rome et à Boston, il s’est spécialisé en histoire de l’art et de l’architecture de la Renaissance italienne. Plus récemment, il s’est intéressé à la sculpture et la pensée religieuse de Michelangelo Buonarotti et l’architecture de Frank Lloyd Wright. Il enseigne l’histoire de l’art à l’Assumption College de Worcester depuis 1975. Il en a été vice-recteur de 1990 à 1996.

Le T.R.P Richard Lamoureux était jusqu’à son élection responsable de la formation et Maître des Novices de l’Amérique du Nord. Il a été Supérieur provincial de 1984 à 1990. Pendant cette période l’équipe provinciale a notamment relancé la mission au Mexique, fondé au Kenya et fondé la nouvelle communauté “Emmanuel House” à Worcester.

Il a été également co-directeur avec Soeur Clare Teresa, des Religieuses de l’Assomption, du centre d’Alzon-Milleret, de l’Assumption College. Ce centre forme les religieux et les laïcs à la mission de l’Assomption. Il anime de nombreuses sessions et retraites.

L’équipe générale serait complétée d’ici vendredi soir après la pause de la fête de l’Ascension.

  Informations n° 3 

Mardi 18 mai. Ce mardi, en fin d’après-midi, les Capitulants ont élu Julio Navarro comme nouveau Vicaire général de la Congrégation. Il est Supérieur majeur. Le matin même Julio avait rejoint le Chapitre. Les différentes charges d’Officiers seront connues mercredi dans la soirée.

Le compte à rebours pour la mise en place du nouveau Conseil général avait commencé le mardi 11 mai.

Avec, tout d’abord, l’élection du Père Général, Richard E. Lamoureux. Il a exprimé sa surprise. Le lendemain un premier “duo” d’Assistants a suivi : Bernard Holzer puis Marcel Poirier. Priorité était donnée à la continuité pour expliquer ce choix. Bernard Holzer, né en 1948, de la Province de France, a été Assistant général depuis 1993, chargé plus particulièrement du suivi des communautés en Afrique et Madagascar, en Europe de l’Est et en France. Postulateur de la Cause des frères bulgares martyrs, il est aussi “Monsieur 150 ans” de la Congrégation. Il avait été précédemment Secrétaire général du CCFD (Comité contre la Faim et pour le Développement). Marcel Poirier, né en 1941, est l’Assistant général, Économe sortant et supérieur local. Canadien, il a notamment été professeur de sociologie pendant douze ans au Québec, Vice/Provincial pendant 9 ans, il a été aussi chargé de la formation.

Continuité et ouverture à l’Afrique.

Le Père Général a souhaité disposer de quatre Assistants. L’équipe a donc été complétée vendredi. C’est Julio Navarro, de la Province d’Amérique du Sud qui a été élu. Chilien, né en 1942, Julio est actuellement Maître des Novices à Pomaire. Il a suivi ses études à Rome et à Louvain. Il a été Provincial de 1975 à 1983 puis de 1989 à 1995. Il a été également Président de la Conférence des religieux du Chili et Vice-président de la CLAR, la Conférence des Religieux d’Amérique latine.

C’est enfin René Mihigo Marhegane que le Chapitre a choisi pour quatrième Assistant. Le temps d’un Assistant africain est venu, a décidé le Chapitre. Congolais, né en 1959, René Mihigo a fait ses études de spiritualité à Rome, de 1992 à 1994. Il était Maître des Novices de la Province d’Afrique depuis septembre 1994, à Butembo (Nord Kivu).

Cette nouvelle équipe marque la volonté du Chapitre de concrétiser la dimension internationale de la Congrégation alors que se présente le prochain millénaire. Trois continents sont aujourd’hui représentés dans le Conseil général et cinq nationalités. Les nouveaux élus ont été tous Maîtres des Novices, sauf un. Quinquagénaires, sauf René Mihigo, ils témoignent d’une expérience durable de la vie religieuse. Ils ont fait leur premier engagement avant...1968. René, en 1983.

C’est revêtu de la chasuble rouge léguée par le Père d’Alzon que le nouveau Supérieur Général a été installé officiellement vendredi dernier, 14 mai, à “Due Pini”, la maison généralice. Les délégués l’avaient accompagné jusque là depuis le lieu du Chapitre, via Aurelia. Entouré des deux premiers Assistants élus (Bernard Holzer et Marcel Poirier), le nouveau Père Général a insisté dans son homélie sur l’importance de la communauté apostolique “qui n’est pas un travail comme un autre”. Pour porter du fruit, les frères sont d’abord appelés à suivre le commandement du Christ : “Aimez-vous les uns les autres”. Le repas qui a suivi a permis de remercier l’équipe précédente réunie autour du Père Claude Maréchal pour son intense activité durant ses douze ans de généralat.

Le Chapitre chez les Borgia.

La veille, les membres du Chapitre s’étaient accordés une trêve. De bon matin, un car les emportait, avec les Soeurs de la maison généralice et quelques religieux, vers le sud-est de Rome. Leur première halte leur a permis de célébrer l’eucharistie dans l’abbatiale Saint-Pierre et Saint-Etienne de Valvisciolo. Située au pied du Mont Corvino, l’abbaye cistercienne compte aujourd’hui neuf moines. La tradition veut que la première fondation fut l’oeuvre des moines basiliens de S. Nil de Rossano (Calabre). Les Templiers leur succédèrent avant d’être remplacés par les Cisterciens.

La cité médiévale de Sermoneta était la seconde étape de ce mini périple. Propriété, un temps, des Borgia, la cité accrochée à la montagne ne manque pas de charme pour des religieux soucieux d’être “héritiers et fondateurs”.

Le Chapitre revoit le charisme.

Les Capitulants se sont essentiellement attelés en cette deuxième semaine à l’étude de huit thèmes retenus par l’équipe d’animation menée par Bruno Chenu : charisme, continents et cultures à évangéliser, Justice et Paix-solidarité envers les pauvres, pastorale des jeunes et des vocations, formation et politique intellectuelle à l’Assomption, association laïcs-religieux, questions économiques, animation des religieux et des communautés. La tâche est rude. Une quinzaine de chantiers sont ouverts, témoignant de la diversité des terrains d’action. L’examen des travaux a commencé, chaque document changeant de couleurs - du vert au blanc- au fur et à mesure de l’avancement des textes. Une nouvelle vague de groupes de travail a été lancée dès que les premiers chantiers ont été bien avancés : vieillissement, éducation-communication, évolution des structures.

Le Chapitre a souligné à plusieurs reprises la nécessité de créer de nouveaux liens avec des laïcs. Dans ce sens, cette semaine a été également marquée par l’intervention de Pierre Rion, venu de Belgique. Magistrat de la Cour des Comptes, Président du conseil d’administration du collège d’Alzon de Bure (Province de Belgique-Sud), cet ancien élève de l’Assomption a témoigné des nécessaires relations mutuelles entre laïcs et religieux. Il a formulé quelques suggestions concrètes pour développer de nouveaux liens avec l’Assomption. Attaché à l’esprit de liberté qui caractérise le charisme de l’Assomption, il a plaidé pour des espaces de dialogue, de partage et de prière. Son intervention fait suite à celle d’Alain Cordier, Président du Directoire de Bayard-Presse et de René Valette, de l’Institut Catholique de Lyon, qui ont tous deux marqué l’esprit du Chapitre. Le groupe chargé des relations mutuelles entre religieux et laïcs s’est attelé à la rédaction d’une charte qui serait proposée à tous ceux qui veulent s’associer plus directement à l’Assomption.

L’Assomption présente dans 26 pays plus le... Vatican

Le dimanche 16 mai, l’eucharistie a été célébrée sous le signe de l’internationalité. Les 27 drapeaux (Vatican compris) des pays où l’Assomption est aujourd’hui présente ont concrétisé sur une carte du monde notre ouverture. Les deux Provinciaux de Belgique ont porté l’oriflamme en commun. Les représentants du Congo ont souligné, de leur côté, que leur pays est aujourd’hui divisé en trois “régimes” différents, revendiquant chacun leur drapeau.

Le Chapitre a reçu de nombreux messages de solidarité depuis son ouverture. Le courrier électronique (courriel selon les Québécois) est abondant. Les soutiens à nos travaux se manifestent aussi par des visites. Lundi 17 mai, le Cardinal Neves, Préfet de la Congrégation romaine pour les Evêques, a présidé l’eucharistie. Il a médité après l’Evangile sur la force de l’Esprit Saint pour éclairer nos choix. Un rappel nécessaire alors que le Chapitre souhaite donner un souffle nouveau à “Notre petite Congrégation”.

  Informations n° 4  

Vendredi 21 mai. C’est en utilisant successivement trois langues, espagnol, français, anglais, que le Père Richard Lamoureux a conclu aujourd’hui le 30ème Chapitre général. Dans son discours de clôture, il a souligné la dimension prophétique de la vie religieuse pour un siècle nouveau. Saluant le travail fourni par les Capitulants sur le charisme, il a estimé que le Chapitre a ajouté du neuf : “Surtout sur la communauté apostolique. Je sens que nous avons une conscience plus grande de la difficulté et de l’urgence de vivre en communauté... et que nous avons abordé la communauté apostolique avec un sens plus grand de l’incarnation”.

Les 150 ans commencent

Les dernières heures du Chapitre ont été surtout marquées, jeudi, par le lancement officiel des 150 ans de la Congrégation. Après une photo de groupe, réalisée par un des photographes du Pape et la projection du long métrage inédit d’une heure dix présentant l’Assomption sur différents continents, l’heure était à l’action de grâce. En fin de journée, l’eucharistie a été présidée par le Cardinal Paul Poupard, entouré de Mgr Louis-Armel Pelâtre, Vicaire apostolique d’Istanbul et de Richard Lamoureux. Des religieuses des trois branches de l’Assomption présentes à Rome se sont jointes aux Capitulants. Dans son homélie, le Cardinal, Président du Conseil Pontifical pour la Culture a exprimé sa gratitude à l’Assomption. “Depuis l’enfance angevine, avec la lecture du Pèlerin, jusqu’à mon service ecclésial romain, en passant par la décennie rectorale parisienne.” Les religieux présents ont renouvelé leurs voeux en présence du Père Général. Le Père Guissard était à l’orgue. Au buffet qui a suivi, le Père Général des Grands Augustins, l’espagnol Miguel Angel Orcasitas a bu le verre de l’amitié avec le Provincial de France, Patrick Zago.

Le logo officiel des 150 ans, conçu dans le studio de Bayard-Presse, a été choisi par les Capitulants. Il sera disponible en cinq langues dont le portugais et le néerlandais. Le premier numéro du bulletin d’informations trimestrielles sur les 150 ans paraîtra en octobre. Il sera conçu par le Conseil général et détaillera les réalisations et les programmes prévus dans les Provinces. Il sera publié en quatre langues. Par ailleurs le Chapitre a demandé qu’à l’occasion du Jubilé de l’an 2000 et de notre 150ème anniversaire, la Congrégation s’engage à poser un geste prophétique. Chaque Province est appelée à faire des propositions.

Bouclage des textes

Vendredi, les Capitulants ont bouclé les derniers textes encore en souffrance. Le petit dernier, consacré aux structures, a retenu l’attention des dernières minutes. Au total quinze textes figurent au bilan du Chapitre dont un définissant la place... d’Internet dans la Congrégation. Trois messages ont également été rédigés. Le premier à destination des religieux, le second pour les religieuses et enfin une lettre aux laïcs. Cette dernière n’est connue pour le moment que dans sa version anglaise. On y insiste sur le “nouveau souffle” qui est espéré pour les six ans à venir, d’ici le prochain Chapitre. Toutes les équipes fonctionnelles du Chapitre ont été remerciées. Les traducteurs (Adrien Masson, Armand Lemaire) n’ont pas été oubliés.

Lundi, le Pape avait également salué les Capitulants dans une lettre adressée au nouveau Supérieur Général. “Le retour aux origines vous donnera l’audace de vivre l’harmonie qui doit exister entre l’annonce de l’Evangile et une vie fraternelle animée par un dynamisme spirituel et apostolique toujours plus ardent.” Un document qui devrait recevoir les honneurs de la “Doc” (Documentation Catholique) !

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Homélie de S. Ém. Le Cardinal Paul Poupard

Président du Conseil Pontifical de la Culture
à la Messe d ‘Ouverture de l’Année du 150ème anniversaire
de la fondation des Augustins de l’Assomption
Chapelle des Frères des Écoles Chrétiennes

Rome, jeudi 20 mai 1999

1Co 1, 26_31
Jn 17, 20_26


Cher Père Supérieur Général et Chers Pères Assomptionnistes,
Frères et Sœurs en Jésus_Christ,

I. Cher Père Maréchal, merci de m’avoir invité. Cher Père Lamoureux, merci de m’accueillir pour présider cette Messe d’ouverture de l’année du 150ème anniversaire de votre fondation par le vénérable Père d’Alzon. C’est pour moi un devoir de gratitude, tant je vous dois, depuis mon enfance angevine jusqu’à mon service ecclésial romain, en passant par la décennie rectorale parisienne. Tout enfant, je lisais Le Pèlerin, puis ce fut La Croix, et si je veux savoir aujourd’hui ce que j’ai dit ou écrit de relativement important depuis trente ans, je prends les Tables de La Documentation Catholique. Recteur de l’Institut Catholique de Paris, j’ai eu le privilège de restaurer le Palais Abbatial de Saint-Germain-des-Prés pour y installer de façon durable l’Institut d’Études Augustiniennes. Sans le savoir, vous m’avez préparé à mon ministère, en m’apprenant avant la lettre ce qu’est le dialogue de la foi et des cultures, cette symbiose millénaire toujours féconde, née de la Passion du Règne de Dieu dans le monde de ce temps. Nés dans les remous du XIXème siècle, hommes de prière et témoins de Dieu engagés dans le combat du siècle aux quatre coins du monde, en bons soldats de Dieu, vous êtes depuis toujours proches du peuple de Dieu par la presse et les pèlerinages, et passionnés pour l’unité du peuple de Dieu, constituant depuis plus d’un siècle, dans les bourrasques de l’Europe, un véritable pont entre les Églises Orthodoxes et Catholique jusqu’en Russie, comme j’ai eu la joie de le vérifier à Saint-Louis-des-Français à Moscou.

Adveniat regnum tuum ! Votre devise vous presse, caritas urget nos, “à travailler à l’avènement du Règne de Dieu en vous et dans les âmes” (Règle de vie n° 13), selon les mots mêmes de votre fondateur, le Vénérable D’Alzon (Instruction du 17.09.1868), qui émettait ses premiers vœux il y aura 150 ans le jour de Noël prochain. Vous êtes réunis en Chapitre général, en “hommes passionnés de Dieu pour un siècle nouveau”, et vous vous référez au Discours de Clôture du Père d’Alzon au Chapitre général de 1868, que je remercie le Père Claude Maréchal de m’avoir fait connaître, la “carte d’identité de l’Assomption et la charte de son apostolat” : un grand amour de Jésus_Christ en face de l’incrédulité moderne, un grand amour de l’Église, avec le Pape pour guide, l’Eglise, “Jésus_Christ continué, répandu et communiqué à travers le temps et l’espace”, (J.B. Bossuet, Lettre sur l’unité de l’Église), un amour surnaturel, hardi, désintéressé comme tout amour authentique, un grand amour de Marie, prototype de l’Église et notre plus proche “modèle de la foi, de la charité, de la parfaite union au Christ, modèle de la vierge et de la mère, modèle des vertus et de l’amour” (Lumen gentium n°63), “icône eschatologique” et “Mère de l’Église” (Catéchisme n°972).

“Au service de la vérité, de l’unité et de la charité”. Votre Règle de vie reprend, comme en écho, les versets attribués à saint Augustin : “In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas”. Unité dans les choses nécessaires, liberté dans le doute, en tout la charité.

II. Un grand amour envers Jésus-Christ. La prière de Jésus que saint Jean nous a rapportée et que vous avez choisie comme Évangile de cette Messe, est prière apostolique: “Je ne prie pas seulement pour eux, je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croient en moi” (Jn 17 20). Le thème central retenu par votre Chapitre général illustre cette parole de Jésus_Christ. “Hommes passionnés de Dieu pour un siècle nouveau”. La passion pour Dieu ne va pas sans celle de l’homme. C’est parce qu’il aime beaucoup Jésus_Christ, que le Vénérable d’Alzon aime beaucoup ses frères, les hommes. Si “l’Église rapproche mais n’identifie jamais libération humaine et salut en Jésus-Christ” (Ecclesiam suam 35), elle n’hésite pas à affirmer avec Jean_Paul II qu’ “au centre de toutes les routes par lesquelles elle doit poursuivre sa marche, il y a une route unique, la route expérimentée depuis des siècles et qui est en même temps la route de l’avenir, route indiquée par le Christ Seigneur surtout lorsque par son Incarnation le Fils de Dieu s’est uni d’une certaine manière à tout homme” (Redemptor hominis n°13). La parenté est saisissante entre l’inspiration de l’encyclique dont je viens de citer un passage et le début de votre Règle de vie : “L’esprit du fondateur nous pousse à faire nôtres les grandes causes de Dieu et de l’homme, à nous porter là où Dieu est menacé dans l’homme et l’homme menacé comme image de Dieu” (n°4).

Ces grandes causes sont aujourd’hui les trois grands défis de l’indifférence religieuse, de l’exclusion, de l’injustice, assumés avec disponibilité et compétence, pour que Son Règne vienne, “ce mot de passe de l’Assomption”, et vous ajoutez justement : “en nous et autour de nous, au-dedans et au-dehors, accueillir le Royaume et l’annoncer, y conformer notre intelligence et notre cœur.” C’est la même cause de l’humanisme plénier que le Conseil pontifical de la Culture s’efforce de promouvoir à l’aube du troisième millénaire, dans le sillage du Concile Vatican II qui inspire aujourd’hui votre engagement apostolique.

“Le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné”. Seul “le Christ révèle l’homme à l’homme et lui découvre la sublimité de sa vocation” (Constitution pastorale Gaudium et spes n°22). Amour du Christ, amour de l’homme. Comme le Père d’Alzon, le Concile nous donne la clef herméneutique que les philosophes cherchent depuis toujours. L’homme est créé à l’image de Dieu et cette image resplendit en sa perfection en Jésus_Christ, “image du Dieu invisible” (Col 1,15), “resplendissement de sa gloire et effigie de sa substance” (Hb 1,3), Image parfaite du Père. “Qui m’a vu, a vu le Père” (Jn 14, 9). “L’homme est un être christologique” (Saint Grégoire de Nazianze, Discours pour la Pâques, 45. Cf. Oratio VII, 23) et le Verbe Incarné est le Verbum abbreviatum, “à la fois le Médiateur et la plénitude de toute la Révélation” (Dei Verbum 2). Comme le demande votre Règle, “il faut mettre Jésus-Christ au centre de notre vie” (3).
Votre Père saint Augustin précise que l’image de Dieu est reçue par la partie supérieure de l’âme, l’esprit (Saint Augustin, De symbolo ad catechumenos 1 2 ; De Trinitate 12 7 12 ; De Genesi ad litteram 3 20, 30-31). La supériorité de l’homme sur les autres créatures provient de son intelligence (De Genesi conta Manichaeos 1 17 22ss). Ainsi l’homme participe à la vie divine (De Genesi ad litteram 10 24 40 ; De Trinitate 14 8 11 ; De diversis quaestionibus 83 51 2), avec le Christ, Homme parfait, qui nous introduit dans la vie intra-Trinitaire.

III. Fort d’une telle conviction, votre apostolat se tourne comme naturellement vers la Bonne Presse. L’amour de la vérité, qui est Jésus_Christ lui_même, se traduit par le zèle à diffuser cette vérité, un zèle fondé sur l’amour.

“Approfondir la Bonne Nouvelle pour mieux en témoigner”, c’est l’inspiration de votre “politique intellectuelle”, pour reprendre les termes du Rapport proposé au Chapitre : la mission confiée au service de l’intelligence de la foi et de l’annonce de Jésus_Christ, la passion de la réflexion solide, véritable vocation arc-boutée sur une formation rigoureuse, appuyée sur les institutions intellectuelles. Connaître pour comprendre, s’affermir en Dieu, aimer davantage, manifester le Christ comme lumière du cœur et de l’intelligence, c’est l’inculturation, qui vous demande d’être enracinés dans la foi comme dans la culture, selon la grande tradition ecclésiale, où saint Augustin brille d’un éclat particulier.

Pour le dire avec votre tout neuf Supérieur Général -je l’ai lu dans La Croix ! -, “annoncer le Royaume de Dieu dans des termes que le monde puisse entendre” et, selon votre Règle de vie (n°26), dans un apostolat “doctrinal, social et œcuménique”. Difficile et nécessaire, le service de la vérité ne peut se proposer que dans la charité, et se vivre dans l’unité, sous peine d’être incompris, car la vérité n’est pas intolérance ni facteur de division, mais source féconde d’unité authentique. Le Pape Jean_Paul II le souligne : “croire en la possibilité de connaître une vérité universellement valable n’est pas une source d’intolérance ; au contraire, c’est la condition nécessaire pour un dialogue sincère et authentique entre les personnes. C’est seulement à cette condition qu’il est possible de surmonter les divisions et de parcourir ensemble le chemin qui mène à la vérité tout entière, en suivant les sentiers que seul l’Esprit du Seigneur ressuscité connaît” (Encyclique Fides et ratio n°92).

“Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité toute entière” (Jn 16 13). Introduire dans la vérité tout entière, s’accomplit dans la foi et par la foi : c’est l’œuvre de l’Esprit de vérité que nous invoquons en cette neuvaine de la Pentecôte. “L’Esprit de vérité doit être le guide suprême de l’homme, la lumière de l’esprit humain” (Jean-Paul II, Encyclique Dominum et vivificantem n° 6).

IV. Ce service de la vérité dans l’unité, c’est le charisme des Augustins de l’Assomption. La vérité conduit, par l’Esprit, à l’unité de la foi. “Père, qu’ils soient parfaits dans l’unité” (Jn 17 23). À la veille du sacrifice de la Croix, - c’est l’Évangile que vous avez choisi pour cette Messe -, Jésus demande au Père, pour ses disciples et pour tous ceux qui croiront en lui, qu’ils soient un. Comment est-il “possible de rester divisés, si, par le Baptême, nous avons été plongés dans la mort du Seigneur, c’est-à-dire dans l’acte même par lequel Dieu, en son Fils, a détruit les barrières de la division ? La division contredit ouvertement la volonté du Christ, et est un sujet de scandale pour le monde et une source de préjudices pour la très sainte cause de la prédication de l’Évangile à toute créature (Unitatis redintegratio n°l)” (Encyclique Ut unum sint n°6). Le Père a envoyé son Fils afin que, par sa mort et sa résurrection, il nous donne son Esprit d’amour. C’est à l’Esprit d’amour que nous demandons l’unité : “la réalisation de cet objectif ne peut être le fruit des seuls efforts humains, tout indispensables qu’ils soient. En définitive, l’unité est un don de l’Esprit Saint” (Tertio millenio adveniente n°34)

V. “Père, que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux” (Jn 17 26). Que l’amour même de Jésus, amour du Père dans l’Esprit, vous anime, à l’exemple du Père d’Alzon, disciple de saint Augustin, en quête de la vérité, de la charité et de l’unité. “La charité crée l’union, l’union engendre l’unité et l’unité sert la charité” (Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos XXX 1, PL 36 239), véritable circularité de la charité, à la fois la source et la fin, l’origine et le but. L’amour de Dieu, et du prochain à cause de Dieu, vous rassemble. C’est lui qui vous fait “vivre en communauté selon l’esprit de saint Augustin, avant tout, vivant unanimes à la maison, ayant une seule âme et un seul cœur tournés vers Dieu (Règle I 2)” (Règle de vie n°3). Amour et unité : l’amour est une “force unitive” (Saint Denys l’Aréopagite, Les Noms divins n°4).

Chers Pères,

Vérité, unité, amour, un grand amour de l’Église qui se traduit par la volonté de redonner “souffle et enthousiasme”, de “nous réapproprier notre patrimoine spirituel”, de “retrouver les intuitions et le dynamisme” du fondateur. C’est le thème central de votre Chapitre. Tout aggiornamento vise à approfondir la pensée du fondateur, pour mieux l’assimiler et la vivre aujourd’hui. Tout au long de l’histoire de l’Église, le vieux et le neuf sont toujours étroitement mêlés, nova et vetera. Le neuf croît sur le vieux, le vieux trouve dans le neuf une expression plus accomplie pour “préparer un nouveau printemps de vie chrétienne, si les chrétiens savent suivre l’action de l’Esprit Saint” (Tertio millenio adveniente n°18). Cette bonne nouvelle que nous annonçons au nom de Jésus, unique source d’espérance pour l’avenir, c’est la civilisation de l’amour, fondée sur les valeurs universelles de paix, de solidarité, de justice, de liberté et de vérité qui trouvent en Jésus-Christ leur plein accomplissement.

“Considérez, Frères, qui vous êtes, vous qui avez reçu l’appel de Dieu”. Vous avez choisi cette Lettre de saint Paul aux Corinthiens comme première lecture, comme référence pour votre vie apostolique. “Parmi nous, il n’y a pas beaucoup de sages selon la chair, pas beaucoup de puissants, pas beaucoup de gens bien nés” (1 Co 1 26). Le Seigneur nous a choisis malgré notre faiblesse, et même à cause d’elle, pour faire éclater sa toute-puissance. Notre seule gloire est d’“être dans le Christ Jésus, qui est devenu pour nous, sagesse de Dieu, justice, sanctification et rédemption” (l Co 1 30). Vivre par Jésus-Christ, par Lui, avec Lui et en Lui : telle est notre joie, la joie de Pâques, la joie de l’Ascension, un peu, déjà, la joie du ciel anticipée en cette Eucharistie capitulaire. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.Retour en haut de la page

ACTES DU SUPÉRIEUR GÉNÉRAL EN SON CONSEIL

Nomination de Vice/Provinciaux

Avec l’accord de son Conseil, le Père Général a nommé :

Nomination du Postulateur Général de la cause du Père d’Alzon

Le 14 décembre 1999, avec l’accord de son Conseil, le Père Général a nommé le Père Bernard Holzer Postulateur de la Cause du Père d’Alzon. Il remplace dans ce service le Père Wilfrid Dufault qui souhaitait pouvoir transmettre ce dossier à quelqu’un de plus jeune.

Un grand merci chaleureux au Père Wilfrid pour ce service qu’il a rendu avec coeur et détermination.Retour en haut de la page

Nomination du Supérieur de la communauté locale de Rome

Le 29 septembre, avec l’accord de son Conseil, le Père Général nomme le Père Giuliano Riccadonna Supérieur de la communauté locale de Rome, pour un premier mandat de trois ans, à partir du 1er octobre 1999.Retour en haut de la page

Agrément de Maître des Novices

- le 1er octobre 1999, avec l’accord de son Conseil, le Père Général a confirmé la nomination du Père Boniface Muhindo Mutahi comme Maître des Novices du Noviciat Charles Lwanga de Butembo, en RD Congo (Province d’Afrique).

- Le 13 décembre 1999, avec l’accord de son Conseil, le Père Général a confirmé la nomination du Père Edgardo Muñoz comme Maître des Novices du Noviciat de Pomaire, au Chili.Retour en haut de la page

Admission à la Profession perpétuelle

Avec l’accord de son Conseil, le Père Général a admis à la Profession perpétuelle :

le 01.03.1999, le Fr. Euloge Kakule Kasereka, (Afrique),
le 02.03.1999, le Fr. Baudouin Muhindo Kasereka, (Afrique)
le 03.03.1999, le Fr. Gilbert Dhego Sanduku, (Afrique)
le 03.03.1999, le Fr. Jean-Bosco Kambale Mukiki, (Afrique)
le 04.03.1999, le Fr. Henri Kizito Vyambwera, (Afrique)
le 04.03.1999, le Fr. Johannès Paluku Kabeba, (Afrique)
le 06.03.1999, le Fr. Sylvestre Kambasu Kasambya, (Afrique)
le 06.03.1999, le Fr. Apollinaire Paluku Vangahe, (Afrique)
le 09.03.1999, le Fr. Alvaro Jaramillo Londoño, (Colombie)
le 09.03.1999, le Fr. Luiz Carlos de Oliveira, (Brésil)
le 10.03.1999, le Fr. Rigobert Paluku Kipandauli, (Afrique)
le 10.03.1999, le Fr. Roger Kambale Kaghusa, (Afrique)
le 11.03.1999, le Fr. Philippe Muhindo Ndungo, (Afrique)
le 11.03.1999, le Fr. André (Afrique)
le 12.03.1999, le Fr. Jacques Kambere Kinyama, (Afrique)
le 12.03.1999, le Fr. Médard Kahindo Vyangavo, (Afrique)
le 30.03.1999, le Fr. Yves Meessen (Belgique_Sud)
le 30.03.1999, le Fr. Pedro Barragan Montes (Espagne)
le 16.06.1999, le Fr. Daniel Blaj (France_Roumanie)
le 16.06.1999, le Fr. Albert Emasintsoa (Madagascar)
le 16.06.1999, le Fr. J. Etienne Rafanambinantsoa (Madagascar)
le 16.06.1999, le Fr. Roger Ngoloma Syaminya (Afrique)
le 17.06.1999, le Fr. Claude Katembo Masimengo (Afrique)
le 29.09.1999, le Fr. Jerome Alan Lively (Amérique du Nord)
le 29.09.1999, le Fr. Juan Antonio Sánchez Sánchez (Espagne)
le 11.12.1999, le Fr. Remacle Kadembi Kitambala (Afrique)
le 11.12.1999, le Fr. J. Humberto Vergara Banda (Chili-Arg.)
le 11.12.1999, le Fr. J. Alejandro Morales Salazar (Chili-Arg.)
le 13.12.1999, le Fr. Rodrigo Hernán Mardones Ibacache (Chili-Arg.)
le 13.12.1999, le Fr. Marcelo Enzo Marciel Muñoz (Chili-Arg.)Retour en haut de la page

Appel au Diaconat

Avec l’accord de son Conseil, le Père Général a appelé au Diaconat :

le 06.03.1999, le Fr. Jean-Marie Vianney Katabu Kavunga, (Afrique)
le 06.03.1999, le Fr. Aldo Efraim Gajardo Alvarez, (Chili-Arg.)
le 17.06.1999, le Fr. Gérard Paluku Kyose (Afrique)
le 18.06.1999, le Fr. Roger Kasereka Syayipuma (Afrique)
le 18.06.1999, le Fr. Salvator Kasereka Musande (Afrique)
le 28.09.1999, le Fr. Gica Paulet (France)
le 01.10.1999, le Fr. Benoît Bigard (France)
le 09.12.1999, le Fr. Michaël Kakule Tsongo (Afrique)
le 10.12.1999, le Fr. Thierry Kambale Kahongya (Afrique)
le 10.12.1999, le Fr. Kavuke Mukosa (Afrique)
le 10.12.1999, le Fr. Augustin Mbusa Sirimirwa (Afrique)
le 10.12.1999, le Fr. Jules Nguru Syahengema (Afrique)Retour en haut de la page

Appel au Sacerdoce

Avec l’accord de son Conseil, le Père Général a appelé au Sacerdoce :

le 04.03.1999, le Fr. Nelson Javier Fontan Salvador, (Chili-Arg.)
le 08.03.1999, le Fr. Manoel Messias Pereira Martins, (Brésil)
le 08.03.1999, le Fr. François Méry, (France)
le 31.03.1999, le Fr. Jean_Raphaël Razanadahy (Madagascar)
le 31.03.1999, le Fr. Odon Armand (Madagascar)
le 31.03.1999, le Fr. Stanislas Ramanantsoa (Madagascar)
le 17.06.1999, le Fr. Ephrem Kasereka Kapitula (Afrique)
le 18.06.1999, le Fr. Francisco Javier Paez Becerra (Colombie)
le 27.09.1999, le Fr. Mauro Osório de Carvalho (Brésil)
le 08.12.1999, le Fr. Francisco Huerta Tzintzun (Am. du Nord)
le 08.12.1999, le Fr. Carlos Rodríguez Cárdenas (Am. du Nord)
le 09.12.1999, le Fr. Jean-Marie Vianney Katabu Kavunga (Afrique)
le 09.12.1999, le Fr. Dieudonné Waron Upokire (Afrique)Retour en haut de la page

Modification de la Loi électorale

Le 31 mars 1999, avec l’accord de son Conseil, le Père Général a approuvé la modification de la loi électorale de la Province d’Afrique.

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Décisions financières :

Le Conseil Général :

- le 16 mars 1999 approuve le budget de la Caisse Généralice.
- le 31 mars 1999 approuve les comptes de la Caisse Généralice.Retour en haut de la page

LETTER # 1 OF THE GENERAL SUPERIOR

Cette lettre est déjà présente sur ce site à la rubrique "Lettres des Supérieurs Généraux" de la Bibliothèque. Nous ne la reproduisons donc pas une deuxième fois ici.Retour en haut de la page

LETTER FOR ALL RELIGIOUS ABOUT OUR MISSION IN KOREA

November 21, 1999

Dear Brothers,

It is unusual for the Superior General to address a personal letter to each religious of the Congregation.
I have chosen to do so, after having talked with my Council and with a number of the Major superiors, because of the urgency and importance of the question that I would like to raise.

The last General Chapter reminded us that the Congregation must be present in Asia and discussed at length the future of our mission in Korea (cf. #213_216). We have made important progress regarding that mission : two of our brothers are now competent in the language (no small accomplishment), the Bishop trusts us to the point of confiding a parish to our care, one young Korean has become a postulant, and at least one young religious (in Europe) has expressed an interest in going to Korea after his ordination.

Grateful for such progress, we must nonetheless address two important issues.

The first of these has to do with the continued animation of the mission. At its meeting held during the Chapter, the Council of Congregation decided that the Korean mission could best be served if it were the responsibility of a consortium of two or more Provinces, like our mission in Ecuador. The Spanish and South Belgian Provincials accepted to discuss in their own provinces the possibility of working together in such a consortium. If these two Provinces accept to join in this work, we will have resolved what I consider to be one of the major difficulties we have had in helping our brothers in Korea.

But the second issue we need to address has to do with personnel. It is clear to me that we must address this need directly and immediately. This is the purpose of my letter.

I believe that we need to name at least one or two more religious to our community in Korea. One young religious may be available, as I have mentioned. But I believe we must name an older religious as well, one with experience in leadership. We cannot expect that, despite their competence and experience, Frans and Leo can fill all of the leadership needs of the mission in a far_away country and in a culture so unknown to us.

I am asking you to c