Un cri du fond de mon cœur
extraits… du numéro 21 d'Itinéraires Augustiniens

Augustin a commenté intégralement les psaumes, verset par verset, certains de ces commentaires ayant été prêchés, d'autres dictés, mais toujours avec le même souci d'introduire les chrétiens dans l'intelligence de leur chant.
Il y a pour Augustin une manière spécifique de lire les psaumes. A condition d'être intériorisé, le psaume dévoile à chacun sa propre existence de péché et lui ouvre en même temps l'horizon de possibilités nouvelles. Il introduit à la vérité de l'existence devant Dieu, et à la Vérité de Dieu pour l'existence humaine. Les psaumes deviennent ainsi une lumière pour nos pas, conduisant chacun vers son vrai bien qui est Dieu. " Je lisais et je brûlais…., moi le fléau, l'aboyeur hargneux et aveugle, dressé contre les Saintes lettres ruisselantes de lait et de miel… "
Ces Ecritures, dont il s'était détourné dans sa jeunesse, qu'il avait décriées parcequ'elles lui paraissaient indignes de Cicéron, et que les manichéens continuent de rejeter, sont devenues pour Augustin une source de richesse inestimable. Elles sont porteuses de la Parole même de Dieu, " lumineuses de ta lumière " Telle est l'expérience nouvelle d'Augustin, aux lendemains de sa conversion, et telle est la conviction acquise au contact de ces " chants de foi " que sont les psaumes.

Marcel NEUSCH, Augustin de l'Assomption (AA)

 

Non par la voix, mais la foi,
Non par la langue, mais la vie
(Commentaire du Psaume 101.2.6)

 

Les psaumes à l'école du noviciat : expression insolite…. Si le noviciat se met à l'école des psaumes, il est vrai aussi que les psaumes sont livrés à notre communauté comme ils sont livrés à l'Eglise. Ils deviennent ce que nous en faisons. Nous pouvons les lire de manière machinale, distraite ou avec un cœur brûlant (Lc 24,32)
Ces mots tiennent ferme à ce que nous sommes, ils nous mènent parfois là où nous ne pensions aller. Ils donnent sens tout simplement à notre vie où toute chose peut devenir rencontre avec le vivant , conversion à la Bonne Nouvelle : " Car Dieu nous appelle et nous lui répondons, non par la voix mais par la foi, non par la langue mais par la vie " Ces mots acceptent d'être le lieu toujours nouveau de notre rencontre actuelle avec les événements et les personnes.

Les Psaumes nous renvoient parfois de manière brutale à la réalité. Ils se révèlent un antidote à nos rêves tenaces de perfection en nous et autour de nous. " De toute perfection j'ai vu la limite ". Ils résistent aux illusions et aux déceptions que nous pouvons avoir sur nous-mêmes les autres et Dieu.
Augustin connaissait par cœur beaucoup de passages de l'Ecriture et en particulier les psaumes. Au noviciat, où Dieu a l'habitude de faire de grandes choses avec de petits événements, les psaumes deviennent peu à peu, nourriture pour la route à travers le désert, expérience fondamentale de notre finitude qui est appelée à se laisser traverser par le souffle du Dieu vivant. Les Psaumes qui regorgent du combat de mort et de vie présent dans toute l'humanité, nous invitent à vivre résolument notre histoire comme une entrée courageuse et humble dans le mystère pascal où l'amour est vainqueur :

Toute la terre chante le cantique nouveau…. La langue aura beau chanter : Alleluia ! le répéter jour et nuit ; je ne m'occupe pas des paroles que tu chantes, j'examinerai tes mœurs et tes actes. Je dirai : que chantes-tu ? et tu me réponds : Alleluia. Que signifie : Alleluia ! Louez le Seigneur ! Viens, louons le Seigneur… Mais alors, pourquoi la discorde ? Seul la charité loue le Seigneur…

Christine Foulon Maîtresse des novices des Religieuses de l'Assomption (R.A)

 Page réalisée par D. Remiot

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