Sur les pas du Père d’Alzon
« Viatores sumus»

« Viatores sumus », écrit saint Augustin, ce qui signifie que nous n’avons pas de demeure fixe sur terre, nous ne sommes que des pèlerins, en route vers une autre cité. Nous ne devrions donc pas nous attacher à des lieux éphémères, mais les considérer comme des relais.

Paradoxalement, si le pèlerinage évoque l’idée d’une marche, d’un mouvement, il implique également celle d’un but bien précis, un lieu qui a du sens, de la valeur, donc un lieu ou des lieux auxquels nous sommes attachés.

C’est pourquoi, en tant qu’Oblates de l’Assomption, nous aimons aller en pèlerinage sur les pas du Père d’Alzon, là où a vécu notre fondateur. Nous aimons le suivre surtout dans trois endroits qui lui étaient chers : le Languedoc, Paris et Rome.

A l’écoute du Seigneur

Comme pour tous les pèlerinages sans doute, nous pouvons les parcourir plusieurs fois et toujours y trouver des choses nouvelles. Les lieux ne sont pas différents, mais nos intérêts, nos motivations se sont déplacés. Nous pouvons, entre temps, avoir découvert ou approfondi tel ou tel aspect de la spiritualité du Père d’Alzon, et ainsi communier avec plus d’intensité à ce qui a fait sa vie, ses joies, ses peines, ses désirs les plus chers, ses affections, ses répugnances…

Faire un pèlerinage est toujours un appel à la conversion. Partir pour retrouver le cadre dans lequel le Père d’Alzon a vécu, c’est prendre de la distance par rapport à ce que nous vivons au quotidien ; c’est partir à l’écoute du Seigneur à travers notre fondateur pour vivre davantage de son esprit, afin que croissent en nous la Foi, l’Espérance et l’Amour, « un Amour hardi, surnaturel, désintéressé », comme il aimait nous le rappeler (ES. p. 136).

Ainsi, partir sur les pas du Père d’Alzon, c’est d’abord vouloir devenir plus filles de notre père et je dirais : « tout le reste nous sera donné par surcroît » (Mt 6, 33). A savoir ce qui fait les charmes de tout voyage, par exemple, dans le midi de la France : contempler des paysages magnifiques, sentir les effluves de la garrigue : le thym, le romarin, la lavande…, jouir du soleil et d’une luminosité extraordinaire, goûter la saveur des fruits inhabituels…

Un des secrets pour que le pèlerinage soit profitable, c’est de partir avec un cœur de pauvre, accepter de ne pas tout savoir, vouloir apprendre des choses nouvelles, et même si, en théorie, on croit connaître beaucoup, on a toujours à progresser dans une certaine intériorité.

Revivre les mêmes sentiments

De plus, même si un pèlerinage n’est pas à proprement parler une retraite, si on veut en tirer profit, un certain recueillement (par opposition au « divertissement » au sens pascalien), allié à un esprit de prière, est indispensable.
Pour mieux pénétrer dans l’intimité de notre père, pour pouvoir en vivre davantage, il est bon de rappeler certains épisodes dans les lieux mêmes, de lire des textes écrits sur place, en un mot, essayer de recréer l’ambiance, vivre les sentiments éprouvés par lui dans l’environnement qui était le sien :

Au souffle des origines

Le pèlerinage sur les pas du Père d’Alzon peut se fait seul ou en groupes. Pour avoir fait les deux de nombreuses fois, je peux dire qu’il est beaucoup plus enrichissant de le faire à plusieurs, quel que soit le groupe : jeunes, moins jeunes, religieux, laïcs, groupe international, spécialistes ou novices… Vivre ensemble avec notre père devient alors une démarche d’Eglise et crée des liens très forts, grâce au partage et à la communion, malgré bien souvent la fatigue et la chaleur, puisque nous faisons plutôt ce pèlerinage pendant l’été !

Pour une Oblate de l’Assomption, un Assomptionniste, ou un ami de nos congrégations, un pèlerinage sur les pas du Père d’Alzon commence et se termine à Nîmes près des tombes de nos fondateurs, dans la chapelle des Oblates où le Père d’Alzon a voulu reposer aux côtés de Mère Emmanuel-Marie Correnson. C’est là, dans la solitude et l’intimité, que certaines pages des Ecrits Spirituels prennent une dimension spéciale et parlent à chacune de ses filles, à chacun de ses fils, à « chacun selon ses besoins ». C’est là, près des tombes, disait le Père Gervais Quénard à ses frères (3 novembre 1942) que :

« Nous referons nos forces
pour les tâches présentes
au souffle puissant
de la première Assomption. »

Sœur Claire de la Croix
Oblate de l’Assomption

 Page réalisée par D. Remiot

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