Depuis plusieurs années, lagence de voyages Notre-Dame de-Salut (NDS) organise des pèlerinages sur les pas de saint Augustin, encadrés par une équipe de Religieux assomptionnistes et daccompagnateurs expérimentés. Nous nous sommes adressés au Père Noël Le Bousse, directeur de lassociation NDS pour en savoir plus sur les motifs dune telle démarche.
Itinéraires Augustiniens : Pourquoi proposez-vous régulièrement de partir sur les pas de saint Augustin, en Italie ou en Tunisie ?
Noël Le Bousse : Après avoir lu les textes de Jean-Paul II sur le sens du grand Jubilé de lan 2000, jai pensé quil était bon denvisager à cette occasion quatre séries de destinations :
Parmi ces témoins, il y a, pour nous, Emmanuel dAlzon et saint Augustin. Nous avons à sortir de lombre certaines figures comme celle du Père dAlzon, notre fondateur. Dautres, comme celle de saint Augustin ont été exposées déjà en plein vent. On a besoin de les brosser, de les dépoussiérer, de leur donner une nouvelle fraîcheur. Cest le but de ce pèlerinage : connaître le « véritable Augustin ».
Je ne suis pas un spécialiste de saint Augustin, mais jai senti combien les contacts avec le P. Goulven Madec pouvaient éclairer, enrichir, rendre à saint Augustin « sa » vérité. Quand il ma dit quil pouvait mettre sur pied un programme et accompagner, jai pensé que cétait un service à rendre à ceux qui aimeraient rencontrer Augustin sous cette forme.
Une proposition comme celle-là donne-t-elle du sens à une démarche de pèlerinage ?
Pour moi, partir en pèlerinage, cest aller en un lieu où un message a été délivré, à Lourdes par exemple, un lieu que lEglise a reconnu. Cest aussi aller vers une figure qui porte un témoignage, une personne qui peut aider à la réflexion, à la recherche de sens à notre vie, à une réflexion spirituelle. Découvrir ce personnage ou cette figure, cest contribuer à mon avancée personnelle.
Cela me paraît très différent dune démarche où lon va pour réfléchir à un thème. Le risque de ce genre de proposition, cest de réfléchir avec sa tête seulement. Or, cest le cur qui doit être touché. Cest là le vrai point dancrage et davancées possibles.
Y a-t-il des traits spécifiques aux pèlerinages assomptionnistes ? Ont-ils quelque chose à voir avec une spiritualité augustinienne ?
Comme assomptionniste, je pense que, pour faire pèlerinage, il faut dabord accepter de partir. Cela veut dire : souvrir à A linconnu, à ces nouveautés que peuvent représenter les autres, leur pays, leur message Mais il faut aussi dans le même temps être disposé à En effet, on peut se disposer laisser parler lautre, à écouter une parole, à écouter la Parole, lEvangile qui « parle » en Terre Sainte, le Christ, ou lEsprit Saint. Un pèlerinage, par le déracinement et la rencontre quil peut provoquer est un terrain possible dévangélisation.
Je crois quil est nécessaire aussi dapprendre à demeurer : prendre son temps, se laisser imprégner, se laisser impressionner par les personnes, les lieux, les textes. Un pèlerinage, ce nest une course dobstacles. Nous voulons souvent voir beaucoup trop de choses. Chacun regarde alors sa montre et fulmine contre les embouteillages et les heures de fermetures des Lieux Saints
Enfin, faire un pèlerinage, cest effectuer une démarche en Eglise. Certes, la marche peut être solitaire, comme vers Compostelle, mais cest toujours un peuple qui est en marche, comme dans le désert.
Je crois que les pèlerins dans nos voyages apprécient le contact personnalités avec laccompagnateur. Ils attachent de limportance aux célébrations. Ils sont heureux du côté convivial et du souci cuménique des assomptionnistes. Sans doute que la spiritualité augustinienne est au cur de tout cela !
Encore un mot. Partir sur les pas de saint Augustin, ce nest pas simplement essayer de mieux connaître lhomme et son évolution personnelle, ou se nourrir de quelques morceaux choisis de ses écrits. Cest vraiment, comme aime à le rappeler G. Madec, comprendre notre christianisme qui lui doit autant quà un saint Benoît. Heureux sommes-nous si nous apprenons à aimer saint Augustin pas simplement pour lui-même, mais aussi pour aimer le Christ et lEglise !
Propos
recueillis par
Jean-François PETIT
Augustin de lAssomption
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