Baptisés dans le Christ

Quand Augustin veut faire comprendre le baptême, il renvoie à saint Paul : " Par le baptême, en sa mort, nous avons été ensevelis avec le Christ… Si nous avons été totalement assimilés à sa mort, nous le serons aussi à sa Résurrection. " (Rm 6, 4). Le baptême rend semblable au Christ, selon une double polarité : mort/vie. Il est le sacrement de la source (sacramentum fontis).

Pour l'essentiel, deux aspects ont retenu notre réflexion dans le présent numéro des Itinéraires Augustiniens : le baptême des petits enfants, déjà en usage depuis longtemps dans l'Eglise au temps d'Augustin, mais tout aussi discuté qu'aujourd'hui ; et la préparation au baptême des adultes, dont Augustin a une expérience personnelle, et qui est redevenue aujourd'hui de nouveau assez fréquente.

Alors que, enfant, il souffrait d'une angine de poitrine, on avait déjà pris les mesures pour qu'il fut aussitôt " initié aux sacrements du salut…" (Conf. I, 11, 17). Il guérit et on remit le baptême à plus tard, selon une habitude qu'il jugera détestable. Il sera finalement baptisé à trente-trois ans, au cours de la nuit pascale du 24 au 25 avril 387. " Nous reçûmes le baptême, écrit-il, et s'enfuit loin de nous l'inquiétude pour notre vie passée. " (Conf. IX, 6, 14).

Si l'on se place au point de vue de la grâce, il n'y a pas de différence entre baptême d'adulte et baptême d'enfant : c'est la même grâce qui est donnée. Mais seul l'adulte peut s'engager personnellement, ce qui suppose qu'il s'y prépare sérieusement. Dans le cas de l'enfant, privé de conscience, l'Eglise supplée : " Aux petits enfants, elle prête les pieds des autres pour qu'ils viennent, le cœur des autres pour qu'ils croient, la langue des autres pourqu'ils affirment leur foi. " (Sermon 176).

Si différentes que soient ces deux situations, le baptême est, chez l'enfant comme chez l'adulte, le signe de la naissance à une vie nouvelle, l'entrée dans une relation filiale. C'est ce qu'Augustin explique dans son commentaire de l'Evangile de Jean (XI, 4-6) :

" Comme les catéchumènes portent la croix sur leur front, ils font déjà partie de la grande maison, mais de serviteurs il faut qu'ils deviennent fils… Il y a deux naissances. L'une vient de la terre, l'autre du ciel ; l'une de la chair, l'autre de l'Esprit ; l'une de la mortalité, l'autre de l'éternité ; l'une de l'homme et de la femme, l'autre de Dieu et de l'Eglise. "

Marcel NEUSCH
Augustin de l'Assomption

 Page réalisée par D. Remiot
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