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On se souvient de l’appel angoissé de Paul IV à l’ONU, le 4 octobre1965 : Plus jamais la guerre ! Cet appel s’inscrivait dans la ligne de Pacem in terris (1963). Il sera repris au Concile (1965), puis dans Populorum progressio (1967). Il trouve un écho annuel dans la journée mondiale de la Paix, instaurée le 1 er janvier 1968. Jamais l’Eglise n’aura déployé un tel effort en faveur de la paix qu’en cette fin du XXe siècle, l’un des siècles les plus meurtriers.
Pour Augustin, la guerre est le signe que l’homme peut devenir un loup pour l’homme. Aussi cherchait-il à la bannir, invitant à « tuer la guerre par la parole plutôt que les hommes par le glaive » ( Lettre 229, 2). Pourtant, alors même qu’ils se font une guerre sans merci, les hommes aspirent à la paix.
A défaut de pouvoir éviter toute guerre, Augustin cherche du moins à l’humaniser si possible, du moins à freiner la barbarie. Il s’est engagé dans cette voie, d’une part en précisant les conditions d’une guerre juste ( jus ad bellum), et d’autre part en rappelant les exigences à respecter par les combattants au sein même de la guerre ( jus in bello). Sur ces deux points, sa réflexion a été décisive pour la doctrine de l’Eglise.
Depuis le 11 septembre 2001, nous sommes sous la menace d’une guerre à l’échelle mondiale. Le XXIe siècle a commencé par une aventure guerrière dont nul ne semble maîtriser le cours. Certains ne voient pas d’autre riposte qu’une guerre à outrance. Le spectre de la guerre hante plus que jamais la terre.
Si l’on ne veut pas en rester à ce que Paul VI appelait une « fausse rhétorique de paroles », on doit s’attaquer à la cause de toute guerre : l’injustice. La paix est fruit de la justice (Is 32, 17). Augustin le savait. Le dilemme est donc le suivant : gagner la paix au moyen de la guerre, ou la gagner au moyen de la justice. Seule cette deuxième option assurera au monde une paix durable.
Marcel NEUSCH
Augustin de l’Assomption
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