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Quand Augustin traite du mariage, il parle d’expérience. Mais c’est le plus souvent la controverse qui l’amène à préciser sa pensée. Il était pris entre deux feux. D’un côté, il se heurtait aux manichéens qui méprisaient le mariage parce qu’il serait intrinsèquement mauvais et ne ferait que propager une race de ténèbres. De l’autre côté, il se trouvait face aux pélagiens qui considèrent le mariage comme un bien, mais sans voir qu’il peut être perverti par la passion (la libido). En suivant la libido, estimaient les pélagiens, l’homme ne fait que suivre la nature, c’est-à-dire une inclination voulue par Dieu !
Augustin doit lutter sur les deux fronts. Contre les manichéens, et avec les pélagiens, il défend la bonté du mariage : celui-ci est un bien. Mais contre les pélagiens, trop optimistes, il met en évidence les penchants mauvais de l’homme. Quitte à être soupçonné de retomber dans son ancienne erreur manichéenne, il soutient que la libido, dans l’acte conjugal même le plus légitime, est signe du péché, et incline vers le péché.
La voie catholique qu’il défend est celle du « juste milieu » : elle évite les excès des uns et des autres, au prix d’un difficile exercice d’équilibre. Dans un opuscule sur « le bien du mariage », rédigé en 401, « remarquable synthèse » de sa pensée, il résume les fins du mariage en trois mots passés à la postérité : la procréation, le pacte de fidélité, le caractère sacré du lien conjugal. Proles, fides, sacramentum.
Augustin ne s’est cependant pas limité à élaborer sur le mariage une saine théologie. Il devait parfois aborder des questions très concrètes. Il ne s’est dérobé à aucune des questions que pouvaient se poser ses auditeurs : adultère, divorce, avortement, etc. Il rappelle sans cesse les exigences de fidélité entre époux, de réciprocité dans les droits et les devoirs ; il condamne sans réserve les violences conjugales ; il s’exprime sur d’autres questions encore : le veuvage, les mariages arrangés ou forcés, les remariages, etc. Il n’ignore rien des détresses auxquelles sont exposés les couples.
Marcel NEUSCH
Augustin de l’Assomption
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