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Mariage orthodoxe et principe de miséricorde |
Il est bien connu que l’Eglise orthodoxe tolère un remariage après un divorce, selon le principe dit « de miséricorde ». Certains théologiens et certains pasteurs dans l’Eglise catholique se penchent sur la conception orthodoxe du mariage et sur ce principe pour trouver une solution à ce qu’on pourrait appeler la « question des divorcés remariés ». Après avoir évoqué rapidement la situation des divorcés remariés dans l’Eglise catholique, nous rappellerons la conception orthodoxe du mariage, puis nous définirons la notion d’ « économie » qui fonde le principe de miséricorde en théologie orthodoxe. Nous verrons alors comment ce principe est appliqué dans les questions de mariage et quelle forme prend le rite de bénédiction d’une seconde union.
La question des personnes divorcées remariées reste une question très douloureuse, très délicate, voire tabou dans l’Eglise catholique. Les personnes divorcées remariées ne sont certes pas exclues de l’Eglise, comme le rappelle Benoît XVI dans Sacramentum Caritatis au n°29, mais elles sont écartées de la table de la communion, de certaines responsabilités ecclésiales, du sacrement de pénitence et une personne non baptisée ne peut l’être si son conjoint ou sa conjointe est divorcé(e), tout cela à moins que le nouveau couple décide de vivre « comme frères et sœurs », « dans une continence parfaite ». Cette discipline s’appuie sur le caractère indissoluble du mariage chrétien, image de l’alliance éternelle entre le Christ et l’Eglise : « Si les divorcés sont remariés, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. ».[1] Comment des personnes exclues de l’Eucharistie, « source et sommet de la vie chrétienne », exclues du baptême et du sacrement de la réconciliation peuvent-elles vraiment se sentir accueillies, écoutées, comprises, pleinement intégrées ? Il est facile de comprendre qu’elles se sentent bien souvent littéralement « excommuniées », et, en tout cas, jugées. Quand on regarde les statistiques du divorce dans nos sociétés, on perçoit à quel point la question des divorcés remariés est aiguë. De nombreux prêtres, évêques et théologiens se sont penchés sur cette question brûlante, pris de compassion pour tant d’hommes et de femmes blessés, et ont cherché des solutions pour maintenir à la fois l’indissolubilité du mariage et la manifestation de la miséricorde de Dieu envers ses enfants. Plusieurs d’entre eux se sont tournés vers la théologie orthodoxe pour ce faire : ils pensent qu’elle pourrait inspirer sainement la pratique de l’Eglise catholique. Qu’en est-il exactement ?
Olivier Clément, théologien orthodoxe récemment disparu, nous donne
quelques fondements théologiques et spirituels concernant le mariage et plus
largement la sexualité[2] :
« Dans la théologie et la
spiritualité orthodoxes, les approches de la sexualité sont complexes. D’une
part s’imposent les paroles de re-création du Christ reprenant le texte de
Le principe d’économie
Le moraliste Bernhard Häring explique, dans son livre Plaidoyer pour les divorcés remariés, la spiritualité et la pratique de « l’économie » (en grec oikonomia ) chez les orthodoxes.[3] Il la définit ainsi : « Ensemble du projet de Dieu pour le monde qu’il veut mener au salut en bon Père de famille qu’il est. » Selon lui, cette spiritualité se caractérise par « la louange rendue à l’‘administrateur’ très miséricordieux de l’Eglise » ; « la foi au Bon Pasteur », qui n’hésite pas à partir à la recherche de la brebis perdue ; une « foi débordante de confiance dans l’Esprit Saint » et « une foi inébranlable dans la vocation de tous à la sainteté ». Pour B. Häring, l’oikonomia laisse une grande place à cette parole du Christ : « Le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » (Mc 2, 27). Autrement dit, « la loi et les préceptes sont pour le bien de l’homme, et non l’homme pour les préceptes comme tels »[4]. Ainsi, « ce principe d’économie, spécifique à l’Église orthodoxe, (…) se veut une image de la miséricorde divine »[5].
Pratique de l’oikonomia concernant le mariage
Selon B. Häring[6], les orthodoxes prennent en compte le concept de « ‘mort morale’ d’un mariage » : « on considère qu’il y a mort morale quand le mariage en question ne laisse plus rien apparaître du caractère salvifique qu’il devrait avoir ; plus encore, quand la vie commune peut être préjudiciable au salut et à l’intégrité de l’un des conjoints. (…) La mort morale n’est diagnostiquée – dans la perspective économique – que lorsqu’il n’est plus possible d’espérer, au vu de la réalité, un nouveau réveil de ce mariage sur le plan économique salvifique. Dans cette perspective, on n’imagine donc pas l’hypothèse d’un second mariage à la hâte. On demande un temps de recueillement, un intervalle pour guérir les blessures ». Un temps de deuil et de pénitence est donc requis. Jean Meyendorff, théologien orthodoxe, précise que depuis saint Basile le Grand (mort en 379), « les personnes qui contractent un second mariage, après veuvage ou divorce, doivent subir une pénitence, c’est-à-dire s’abstenir de la communion pendant un ou deux ans. »[7] Ce temps dure au moins deux ans si une faute éventuelle de la personne n’est pas exclue, selon B. Häring, qui fait remarquer « la dimension thérapeutique de la spiritualité de l’Eglise orientale » : « Qui a perdu son conjoint par mort morale a besoin d’une plus grande compassion, et cette compassion ne doit pas dispenser d’aider éventuellement la personne concernée à reconnaître, face à soi-même et à Dieu, un manque personnel dont il faudrait tirer des leçons. »[8] B. Häring précise aussi qu’une grave maladie psychique de l’un des conjoints peut être un cas de « mort morale » du mariage, dès lors qu’il a été discerné avec grande prudence que cette maladie rendait ce mariage impossible en tant que « relation inter-humaine salutaire ».
L’analyse de B. Häring rejoint les explications de J. Meyendorff, qui s’exprime, lui, en termes d’ « erreur » et de « seconde chance » : « En tant que sacrement, le mariage n’est pas un acte magique, mais un don de la grâce. Les partenaires, étant des êtres humains, peuvent avoir fait une erreur en sollicitant la grâce du mariage, alors qu’ils n’étaient pas prêts pour la recevoir ; ou bien ils peuvent être incapables de faire fructifier cette grâce. Dans ces cas, l’Eglise peut admettre que la grâce n’a pas été « reçue », accepter la séparation et permettre le remariage. Mais, bien évidemment, elle n’encourage jamais les remariages – nous avons vu cela même pour les veuves – à cause du caractère éternel du lien matrimonial ; mais elle les tolère seulement lorsque, dans des cas concrets, ils apparaissent comme la meilleure solution pour un individu donné. »[9] Ces remariages ne sont pas sacramentels, comme l’explique également Olivier Clément dans le livre d’Armand Le Bourgeois.[10]
La bénédiction du second mariage dans l’esprit de l’oikonomia
B. Häring évoque le rite par lequel est bénie une seconde union dans les Eglises orthodoxes : « Cette seconde bénédiction n’est pas comme la première une cérémonie entièrement dominée par la joie des noces, elle commence un peu comme une cérémonie pénitentielle en rappelant avec peine l’échec du premier mariage. L’accent retombe alors sur la magnanimité de Dieu et sa miséricorde. Evidemment, on n’insiste pas sur un droit, mais sur le fait qu’il faut rendre grâce à Dieu pour sa bonté et l’économie salvifique qui ne veut que le salut et le bien de l’homme. Et on prie explicitement pour le don de la paix qui vient d’en haut. »[11] Cela est confirmé par Jean Meyendorff, qui décrit l’ « ordo d’un second mariage » comme « une sorte de courte extension de l’office des fiançailles », complètement différent du rite normal : « la longue ‘prière des anneaux’ est remplacée par une prière de supplication pénitentielle demandant ‘l’oubli des transgressions’, la purification, le pardon. Les personnages bibliques mentionnés ne sont pas les couples pleins de gloire de l’Ancien Testament, mais Rahab, la prostituée (Josué 2, 1-24, Hébreux 11, 31 et Jacques 2, 25), le Pharisien et le Publicain (Luc 18, 10-14) et le Bon Larron (Luc 23, 40-43) : tous trois reçoivent de Dieu le pardon à cause de leur foi et de leur repentir. Une deuxième prière indique que les fiancés ont été ‘incapables de supporter la chaleur du jour et le désir brûlant de la chair’ et que, pour cette raison, ils ont décidé d’accepter ‘le lien d’un second mariage’. Sans procession vers le centre de l’église (donc sans Eucharistie), ni nouveau commencement, le couronnement est alors accompli et ne comporte que la troisième et très courte prière de l’ordo normal. »[12]
Conclusion
Ainsi, nous avons vu que l’Eglise catholique, tout en affirmant l’appartenance des divorcés remariés à l’Eglise et en leur assurant une « attention spéciale » (Benoît XVI), leur refuse les sacrements. Au contraire, l’Eglise orthodoxe, au nom du principe de l’oikonomia, selon lequel la miséricorde prime sur la rigueur en vue du salut des personnes, tolère une deuxième ou une troisième union, lorsque le précédent mariage est en quelque sorte « mort » moralement. Sans encourager la nouvelle union, elle l’accepte et la bénit, au cours d’un rite spécifique, à la tonalité fortement pénitentielle. Beaucoup de catholiques souhaitent que la théologie et la pratique des Eglises orientales puissent inspirer celles de leur Eglise. Ainsi, par exemple, le Père Henri Denis, au colloque « Chrétiens divorcés » de Valpré, a fortement plaidé pour une réintégration sacramentelle, qui passerait par « une célébration pénitentielle » et des « conditions claires de réintégration » telles qu’« un temps d’épreuve de la fidélité du nouveau couple » ; une « justice » vis-à-vis des enfants et du conjoint de l’union antérieure ; le baptême ou en tout cas l’éducation religieuse des enfants nés de la nouvelle union ; une participation à la vie ecclésiale)[13]. On peut aussi citer Mgr Armand Le Bourgeois, fervent défenseur de la cause des divorcés depuis 1973 : « Si nos frères d’Orient, dans le respect de la parole de Dieu et l’analyse plus fine de l’action de l’Esprit, ont trouvé le moyen de sauvegarder à la fois la grandeur du mariage chrétien et la participation effective des divorcés remariés à la vie de l’Eglise, pourquoi ne pourrions-nous pas nous enrichir de cette longue expérience, d’autant plus qu’elle fut celle de notre Eglise pendant les premiers siècles. »[14]
Zoé
VANDERMERSCH
Oblate
de l’Assomption
Segré
[1] Cf. Catéchisme de l’Eglise catholique n° 2384 et 1650.
[2] Revue Contacts, vol. 42, n°150 (1990). Propos repris sur le site www.orthodoxa.org
[3] Plaidoyer pour les divorcés remariés, Cerf, 1995, chapitre III, p. 45-60.
[4] ibid. p. 48.
[5] Nicolas Senèze,
« L'Eglise orthodoxe applique le principe de miséricorde »,
[6] Op. Cit. p. 51sq.
[7] Le mariage dans la perspective orthodoxe, YMCA-Press / O.E.I.L., 1986, p. 59.
[8] Op. Cit., p. 53.
[9] Le mariage dans la perspective orthodoxe, YMCA-Press / O.E.I.L., 1986, p. 78.
[10] Mgr Armand Le Bourgeois, Divorcés remariés, mes frères, Desclée de Brouwer, 1998, p. 100 ss.
[11] Plaidoyer pour les divorcés remariés, Cerf, 1995, chapitre III, p.57-58.
[12] Le mariage dans la perspective orthodoxe, YMCA-Press / O.E.I.L., 1986, p. 78 Le mariage dans la perspective orthodoxe, YMCA-Press / O.E.I.L., 1986, p. 61.
[13] Cité dans Guy de Lachaux, Accueillir les divorcés : l’Evangile nous presse, Les Editions de l’Atelier, 2007, p. 65-66.
[14] Mgr Armand Le Bourgeois, Divorcés remariés, mes frères, Desclée de Brouwer, 1998, p. 76.
Il suffit d’ouvrir le Coran pour découvrir l’importance attachée par l’islam à la miséricorde divine. Dès les premiers mots, nous entendons que Dieu y est invoqué comme le Compatissant, le Miséricordieux. Il est vrai que Dieu est aussi décrit comme le Très-Haut, le Tout-Puissant, le Vivant, le Créateur, Celui vers qui nous retournons tous et qui sera notre Juge.
Le Croyant musulman aime à méditer sur l’un ou l’autre de ces Noms divins au gré de ses préoccupations et de ses soucis. S’il faut résumer, au risque de trop simplifier, deux perspectives semblent attirer l’attention de tous : de par sa fréquence dans les prières et les rites, la miséricorde occupe une position très centrale dans la doctrine islamique. Mais la foi dans la résurrection des morts et le dernier jugement n’est jamais absente de la conscience et incite le croyant à éviter le mal et à pratiquer le bien tout au long de sa vie.
Comme dans le christianisme, le climat dans lequel vit le
croyant peut varier considérablement selon que l’une ou l’autre de
ces deux polarités domine. La pensée du jugement peut conduire à une certaine
peur et à une vie dominée par
En effet, quand l’islam dit que Dieu est Rahmân (miséricordieux) ou Rahîm (compatissant), le mot signifie, littéralement, Celui qui a des entrailles maternelles (rihm). L’expression fait donc implicitement référence à l’amour d’une mère. On dit même que Mohammed désignant une mère qui tenait son enfant dans ses bras, commenta en disant que Dieu est bien plus aimant encore.
Sans doute est-ce cette notion de Rahma (miséricorde)
qui se rapproche le plus du concept chrétien de Dieu Amour. La doctrine
musulmane souligne que si cette Rahma se manifeste par bien des
attributs divins (les Beaux Noms), cette notion de Rahma en est leur
base :
Une autre tradition rapporte que Dieu a inscrit sur son trône la devise qui dirige ses décisions et qui dit, simplement : « Ma miséricorde sera toujours plus forte que ma colère », laissant comprendre que le pardon l’emporte toujours sur le châtiment.
Un grand nombre de ces traditions, d’ailleurs, souligne l’amour de réciprocité qui existe entre le vrai croyant, humble et pauvre devant son Dieu, et Dieu lui-même qui le considère comme son ami (walî).[1] Les musulmans aiment à retrouver cette intimité entre Dieu et Mohammed, que le Coran dit envoyé comme une rahma, miséricorde, de Dieu (Cor. 21,107).
Le Coran (5,54) parle aussi du plan de Dieu qui veut se susciter un peuple que Dieu aime et qui l’aime – Dieu étant l’Aimant et l’Aimé.
Tous ces éléments peuvent être ruminés, médités par les croyants et changer leur climat de vie. La rencontre de chrétiens qui vivent réellement de la révélation que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils, non pas pour condamner le monde mais pour le sauver » (Jn 3,16-17) peut apporter une confirmation extérieure à cette méditation.
Le texte que nous citons ici nous montre comment cette contemplation de la miséricorde peut féconder le ministère d’un de ces aumôniers de prison musulmans qui commencent à visiter les prisons de France :
Ce vendredi, comme tous les vendredis après midi, j’avais rendez-vous à la maison d’arrêt avec des prisonniers musulmans. Au cours de cette rencontre qu’ils attendent toujours avec impatience, on lit ensemble quelques sourates (Chapitres) du Coran. On répète des invocations que le musulman est sensé dire le matin au moment de se lever et le soir avant de dormir pour apprendre à vivre dans le souvenir du Très Miséricordieux. C’est ce que nous a appris le prophète Mohamed (Psl) et c’est ce que faisait le père des prophètes Ibrâhîm (Psl). L’« ami fidèle de Dieu » répétait constamment :
« Gloire à Dieu quand vous parvenez au soir et lorsque vous accueillez le matin et à Lui la louange dans les cieux et sur la terre au cœur de la nuit et de la journée » (Coran 30,17-18).
Après ces lectures des textes
fondateurs de l’islam, nous étudions un sujet
qui a trait à
Il me fixait de son regard. Il dévorait chacune de mes paroles. De temps en temps, il fermait les yeux, baissait la tête et quand il la relevait, je voyais ses yeux en larmes.
A la fin de mon intervention, comme d’habitude, je réserve 30 minutes aux questions. Il ne parlait pas, visiblement très touché par mon discours qui trouvait écho dans son cœur. Il était enfoui dans ses pensées quand je lui dis : « Tu as peut être des choses à nous dire »
-« Vous êtes cruel », me dit-il.
-« Pourquoi ? » lui répondis-je.
-« Vous avez décrit l’homme que je m’efforce d’être sans y arriver »
-« Je veux faire la prière 5 fois par jour mais parfois, souvent je n’y arrive pas. Je veux lire le coran tous les jours, ce n’est pas facile »
-« Je veux être un bon musulman, un modèle dans la société, c’est très dur »,
-« Je veux être auprès de ceux qui souffrent, les pauvres, les nécessiteux… mais c’est moi-même qui a besoin d’aide ».
-« Je passe mes nuits en pleurs pour ce que j’ai fait, pour ce que je suis devenu et parce que je ne vois pas le bout du tunnel. Je ne vois que du noir, que du brouillard et je ne trouve personne pour m’éclairer et m’aider à m’en sortir ».
Touché en mon for intérieur par ces cris du cœur, je ne savais vraiment pas quoi dire… et pourtant il attendait une réponse. « Il y a Dieu » lui dis-je mollement, discrètement.
« Heureusement, il ne me reste que Lui » me répondit-il.
Et je poursuivis : « Vous savez, ce n’est jamais simple pour tout le monde et moi-même, je ressens souvent les mêmes sentiments que vous venez d’exprimer »
« Sauf que vous avez une famille, des amis, un travail…et le soir lorsque vous revenez chez vous, vous avez peut-être des enfants qui vous disent « papa je t’aime » » me dit-il.
« Moi, à trente ans à peine, je sens que ma vie est derrière moi, je n’ai rien de tout cela. »
« Et le plus dur, c’est le soir, à la tombée de la nuit, il n y a personne pour me dire : je t’aime. Ça aide beaucoup, vous savez. »
Que dire après tout cela ? Comment répondre ?
J’étais vraiment mal. Et soudain, chargé d’émotion, je pris conscience que mon malaise était justement une réponse à toutes ses questionnements :
« Vous savez, toutes les larmes que vous versez le soir, c’est une preuve que Dieu vous Aime. Vous ne pouvez pas imaginer la chance que vous avez. Il y a des personnes qui ne prient pas, qui ne lisent pas le Coran, qui vivent très loin de Dieu, qui font beaucoup de mal autour d’eux et qui ne versent aucune larme », lui dis-je
« Dieu est avec toi, Il t’écoute, Il t’accompagne, Il sait les souffrances de ton cœur. Parle-Lui le soir dans le silence de la nuit. Dialogue avec Lui. Cherche-Le et tu le verras, très proche, plus proche de toi que ta veine jugulaire. Apprends à dialoguer ave Lui et à te souvenir de Lui pour apaiser ton cœur :
« N’est ce pas au souvenir de Dieu que s’apaisent les cœurs » (Coran 13,28).
Il est la lumière des Cieux et de la terre.
Il est proche de ceux qui se rapprochent. Ne l’oublie jamais pas comme il ne faut pas oublier les paroles du prophète (Psl) :
« …Si tu demandes, demande à Dieu et si tu cherches une aide, demande l’aide de Dieu… ». (hadith rapporté par At-Tirmidhi).
« Souviens toi de Dieu dans l’aisance, Il se souviendra de toi dans la peine ». (hadith rapporté par Ibn Abbâss)
Il me lance un très beau sourire et me dit : « merci ». Son visage s’illumine… mais pour combien de temps.
Sur le chemin du retour à
Lorsque j’arrive à la mosquée, le muezzin avait déjà fait l’appel à la prière du Maghreb (le coucher du Soleil). Ce jour là, l’imam avait récité le verset 2,186 du Coran :
« Et quand Mes serviteurs t’interrogent à Mon propos, alors Je suis tout proche ; Je réponds à l’appel de celui qui M’appelle quand il m’appelle. Qu’ils répondent à Mon appel, et qu’ils croient en Moi, afin qu’ils soient bien guidés. »
En rentrant chez moi, ma petite fille m’attendait. Elle me serre très fort dans ses bras et me dit : « Papa, je t’aime ».[2]
Ces quelques lignes nous avertissent d’éviter le schématisme d’une approche qui voudrait opposer le Dieu d’amour des chrétiens et le Dieu-Juge de l’islam. Notre Dieu à tous est un Dieu vivant qui agit constamment dans le cœur des uns et des autres pour leur dire son amour de Père. Sa compassion franchit tous les barrages que nos dogmes et surtout nos classifications dresseraient entre sa miséricorde et notre besoin d’être aimés de Lui.
Jean-.Marie
GAUDEUL (Missionnaire d’Afrique)
Ancien secrétaire du SRI
(Secrétariat des Relations avec l’Islam)
[1] Cf. Se Comprendre, N° 95/01, sur les Hadîth Qudsî.
[2] Par Azzedine GACI, 9 juillet 2008 - source : http://www.oumma.com ou http://www.crcm-ra.org.
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