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Ut unum sint ! " Que tous soient un..., afin que le monde croie... " (Jean 17, 21). C'est par cette prière du Christ que débute l'encyclique de Jean-Paul II sur l'unité (1995). Or, il faut bien le constater : les chrétiens sont divisés, et les divisions n'ont pas cessé tout au long de l'histoire. Certains baissent les bras. On l'a écrit : l'oecuménisme est en panne, la sensibilité pour l'unité en recul, le dialogue embourbé, etc. De quoi nourrir la morosité.
Augustin n'a jamais pris son parti de la division de l'Eglise, car le Christ
ne se laisse pas diviser. L'urgence de travailler à l'unité s'est
imposée à lui dès son ordination sacerdotale, en 391. La
division entre chrétiens d'Afrique du Nord existait depuis près
d'un siècle. Augustin se préoccupa de rétablir l'unité
d'abord à Hippone, où la division existait jusque dans les familles.
Dans une lettre à Proculianus, l'évêque donatiste de la
ville, il écrit :
" Les maris et les épouses vivent d'accord sous le même
toit, et sont en désunion quand il s'agit de l'autel du Christ. Les fils
habitent avec leurs parents une seule et même maison, et n'ont pas la
même maison pour adorer Dieu. "
Le dossier du schisme donatiste -le " parti de Donat " - est complexe. On a essayé ici de le clarifier autant que faire se peut, en explorant à la fois son volet historique, qui remonte au temps des persécutions ; son volet politique, le plus troublant, en raison du recours à la contrainte ; et son volet théologique, le plus important pour Augustin, car " hors de l'Eglise catholique, on peut tout avoir, sauf le salut. "
C'est dans ce contexte que s'est imposé à Augustin le thème du Christ total (Christus totus), c'est-à-dire l'étroite union entre le Christ et l'Eglise, union dont il a conclu qu'en se mettant hors de l'Eglise, les donatistes se retranchent aussi du Christ et donc se privent du salut. C'est pourquoi, la division de l'Eglise lui était insupportable. Parfois il a été tenté de réaliser l'unité à tout prix, pour ce qu'il estimait le bien des dissidents.
La rigidité des formules peut choquer. Elle ne doit pas faire oublier d'autres aspects. D'abord, Augustin reconnaît que les torts ne sont pas tous du même côté. " L'orgueil engendre la division, la charité l'unité. " Or, l'orgueil est partout. Ensuite, il se montre d'une générosité extrême à l'égard des donatistes, proposant à leurs évêques de partager la charge épiscopale avec eux s'ils reviennent à l'unité. Enfin, il intercède à plusieurs reprises en faveur des condamnés pour leur éviter la peine de mort.
En ce début du troisième millénaire, l'Oecuménisme ne reste pas moins urgent qu'au temps d'Augustin, même s'il emprunte d'autres voies. Des théologiens, tel le Groupe des Dombes, affrontent les obstacles doctrinaux. Les Eglises signent des accords, par exemple sur la justification. Le tout dans un climat de respect et de liberté, ce que souhaitait déjà Augustin préférant avoir en face de lui de francs hérétiques plutôt que de faux catholiques.
Marcel
NEUSCH
Augustin de l'Assomption
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