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La doctrine chrétienne
Peu après son accession à la charge épiscopale, sur commande
d’Aurèle, Augustin se mit à dicter un traité de
l’enseignement chrétien : La doctrine chrétienne, un ouvrage
d’herméneutique biblique et de rhétorique chrétienne
(ceci pour les amateurs de langage abstrait ; Augustin parlait plus simplement
!). Doctrina : enseignement, instruction, éducation, culture : on ne
sait pas comment traduire ; alors on ne traduit pas, on calque ! Mais une chose
est sûre : la « doctrine chrétienne » est « le
commentaire des Écritures saintes », suivant deux procédures, « la
manière de trouver ce qui est à comprendre et la manière
de transmettre ce qui est compris ». Tout enseignement concerne des réalités
ou des signes ; et les réalités s’apprennent par les signes.
Il y a des signes naturels : la fumée signe du feu, la trace du passage
d’un animal, l’expression de la colère sur un visage ; il
y a des signes intentionnels : les étendards et les enseignes militaires
sont comme des mots visibles ; les sons de la trompette, de la flûte,
de la cithare, sont non seulement agréables, mais expressifs. Pourtant
la grande masse des signes est celle du discours oral et écrit. Et Dieu
a daigné s’adresser aux hommes en langage humain. Les Écritures
saintes sont donc à interpréter comme tout discours humain.
Augustin esquisse ainsi une théorie générale des signes.
Si je vous le signale, c’est parce que les sémioticiens lecteurs
de la Bible considèrent Augustin comme leur saint patron. Et notre curé,
Claude Chapalain, est des leurs !
D’autres savants, en revanche, sont déçus ; ils croient
devoir constater que le point de vue d’Augustin est étroitement
utilitaire, extrêmement réductif : tout ce qui compte pour lui
c’est la Bible et son message ! Les étourdis ! Ils ne voient pas
que, pour Augustin, la Bible est tout autre chose qu’un canton de la
culture humaine. C’est notre monde spirituel, notre histoire ; c’est
notre demeure où nous sommes (re)nés, où nous habitons,
où nous grandissons en progressant dans l’intelligence de la foi.
Les Confessions
Ce ne sont pas des aveux de confessionnal. « Elles n’ont
rien à voir
avec les bruissements de lèvres dans les sinistres boîtes à pénitence
de notre jeunesse » ; ce n’est pas moi qui le dis, c’est
André Mandouze, professeur à la Sorbonne, qui ajoute : « Si
elles sont résolument confessions de péchés, c’est
dans la mesure où cette confession de vie est en même temps
confession de foi et confession de louanges, la proclamation du Dieu de plénitude
et de bonheur » .
On a dit aussi qu’elles sont « un véritable pastiche des
Psaumes » (Pierre Hadot) ; et c’est vrai, à condition
qu’on n’entende pas cela au sens d’un subtil montage de
citations. Augustin ne cite pas ; il s’approprie constamment le langage
biblique pour en faire sa prière personnelle. Il réfléchit
sur son expérience et il se comprend lui-même en s’identifiant à l’homme
biblique, avec toute la gamme des sentiments de David dans les Psaumes :
l’aveu de ses misères, la louange de la miséricorde de
Dieu ... Augustin est « fils d’Adam », créé à l’image
de Dieu, déchu par le péché, sauvé par le Christ.
Il est l’homme biblique parlant à Dieu qui lui parle Lui-même
dans la Bible. Il n’est pas seulement l’interprète — fantaisiste,
selon certains — de la Genèse, dans les trois derniers livres
; il s’applique surtout à être interprété,
enseigné, soigné, guéri, restauré en son être
spirituel par la Bible, par la Parole de Dieu, le Verbe qui s’est fait écriture,
avant de se faire chair. La Bible ainsi lue est « interprétante » (Isabelle
Bochet).
Les savants s’interrogent toujours sur l’unité des Confessions : pourquoi, après sa confession du passé (Livres I-IX) et du
présent (Livre X), Augustin s’est-il mis à un commentaire
du premier chapitre de la Genèse (Livres XI-XIII) ? Mais quand on
observe que, tout au long des dix premiers livres, il traduit et médite
déjà son expérience en termes bibliques, on comprend
sans difficulté que la méditation se poursuive sur la création
de l’homme à l’image de Dieu, sur la genèse, sur
l’origine, sur le rapport fondateur qui relie la créature au
Créateur ; car la conversion correspond au mouvement par lequel la
créature spirituelle se forme en se retournant, en répondant à l'appel
du Verbe de Dieu, « forme des formes » , source de vie éternelle,
et (re)devient ainsi « âme vivante » (Gen 1, 24 ; Conf.
XIII, 21, 29), (Gen 1, 26 ; Conf. XIII, 22, 32) dans l’Église, « nouvelle
création » (Conf., XIII, 12, 13). Les Confessions sont une prière
biblique de bout en bout.
La prière entretient la méditation. Observez tous les points
d’interrogation ; ce sont autant d’incitations à la méditation.
Toutes les longueurs, tous les traits d’écriture qui peuvent
paraître de prime abord comme des excès de verbosité ou
de subtilité ne doivent pas être hâtivement censurés
comme traces d’une quelconque complaisance dans l’introspection
ou d’une mauvaise rhétorique de « lettré de la
décadence » (Henri-Irénée Marrou). Non ; ce sont
autant de mouvements de gymnastique, d’exercices d’assouplissement
de l’esprit dans la méditation.
Si Augustin s’attarde, par exemple, au célèbre vol de
poires qu’il a commis jadis avec ses copains, ce n’est pas parce
qu’il aurait démesurément grossi un sentiment de culpabilité sur
une gaminerie ; c’est pour réfléchir et faire réfléchir
sur ce que peut causer l’entraînement du groupe, le plaisir pervers
de la transgression, le mal gratuit, le mal pour le mal.
Certains estiment qu’Augustin donne parfois ou souvent dans des excès
de subtilité. Je ne crois pas : cela fait partie de l’exercice
de mise en forme, d’assouplissement de l'esprit. Il faut, par exemple,
scruter le paradoxe de l’oubli, pour se préparer à saisir
le mode de présence de Dieu à la mémoire. C’est
comme la femme à la drachme perdue dont parle l’Évangile
(Luc 15, 8) ; elle a perdu une drachme ; mais elle sait qu’elle l’a
perdue ; sinon elle ne la chercherait pas... De même dans la recherche
de Dieu : c’est chercher la vie heureuse, car Dieu est la vie de l'âme.
Nous voulons tous être heureux ; nous avons donc la notion du bonheur
; mais nous le cherchons là où il n'est pas : « A
quoi vous sert de marcher encore et encore par des chemins malaisés et
difficiles ? Le repos n'est pas où vous le cherchez. Cherchez ce que
vous cherchez, mais cela n’est pas là où vous cherchez.
Vous cherchez la vie heureuse dans la région de la mort. Elle n’est
pas là ! Comment y aurait-il vie heureuse, là où il
n'y a même pas vie » (Conf. IV, 12, 18). « La vie heureuse,
c’est la joie née de la Vérité, de Toi qui es
la Vérité, ô Dieu, ma lumière, le salut de ma
face, mon Dieu » (Conf. X, 23, 33).
Les commentaires des Psaumes
Lors de sa conversion, Augustin a été enthousiasmé par
le chant liturgique des Psaumes. Devenu prêtre, il a conçu le
projet de les commenter tous. Il commence par de brèves remarques
verset par verset. Et puis il se met à des sermons qu’il prêche
ici et là. Le Psaume est lu ou chanté avant d’être
commenté : les auditeurs en pressentent le sens chrétien, tant
du fait qu’il est prière liturgique, qu’en vertu du principe
exégétique qu’Augustin rappelle constamment : c’est
toujours le Christ qui parle, qui prie dans les Psaumes, soit en son nom
propre comme Tête de l’Église, soit au nom de ses membres.
Par exemple, Jésus cloué sur la croix crie le début
du Psaume 21 : « Éli, Éli, lema sabachtani », « Mon
Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Ps. 21,
2 ; Mt. 27, 46) . Pourquoi ? si ce n’est parce qu’il parle de
moi, de toi, de lui ; parce qu’il porte là son corps qui est
l’Église. Par ce cri, sur la croix, Jésus inaugure lui-même
l’interprétation christique des Psaumes.
Pendant des années Augustin a prêché sur l’un ou
l’autre Psaume, en ordre dispersé. Un jour le lecteur, troublé,
se trompa : Augustin lui avait indiqué un Psaume court ; il chanta
le Psaume 138. Mais Augustin tint à se conformer à la volonté de
Dieu manifestée par cette erreur et improvisa son commentaire de ce
Psaume 138. On peut donc y saisir sur le vif la façon dont Augustin
interprétait les Psaumes. Il commence, en effet, par étoffer
la règle générale d'interprétation :
« Notre Seigneur Jésus Christ parle dans les Prophètes parfois au titre de notre Tête, et c’est le Christ Sauveur lui-même, qui siège à la droite du Père, qui est né aussi pour nous de la Vierge et qui a souffert sous Ponce Pilate tout ce que vous savez ... Et, bien sûr, s’il est la Tête, il a un corps. Or son corps, c’est l’Église, qui est aussi son épouse, à laquelle l’Apôtre dit : “ Vous êtes le corps du Christ et ses membres ” (1 Co 12, 27). Le Christ total est donc Tête et Corps, comme un homme en son intégrité ; car la femme aussi a été tirée de l’homme et appartient à l’homme ; et il a été dit du premier couple : « Les deux seront en une seule chair » (Gen. 2, 24). Or l’Apôtre interprète cela comme un mystère : c’est une parole qui ne s’applique à Adam et Ève que parce qu’ils figuraient le Christ et l’Église. Voici, en effet, l’explication de l’Apôtre : “ Les deux seront en une seule chair ; ce sacrement est grand ; et je dis qu’il s’applique au Christ et à l’Église ” (Eph. 5, 31-32).
« Notre Seigneur Jésus Christ parle donc dans les Prophètes, tantôt de sa propre voix, tantôt de notre voix, parce qu’il s’est fait un avec nous, comme il a été dit : “ Les deux seront en une seule chair ”. C’est pourquoi le Seigneur lui-même dit aussi dans l’Évangile, lorsqu’il parlait du mariage : “ Ils ne seront plus deux, mais une seule chair ” (Matth. 19, 6). Une seule chair, parce qu’il a pris chair de notre mortalité ; mais non pas une seule divinité, car il est le Créateur, et nous la créature.
« Donc tout ce que le Seigneur dit au titre de la chair qu’il a assumée, concerne et cette Tête qui est déjà montée au ciel, et ces membres qui peinent encore dans leur voyage sur la terre ; et ce fut au nom de ces membres qui peinent, lorsque Saul les persécutait, que le Seigneur cria du haut du ciel : “ Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ” (Actes, 9, 4).
« Écoutons donc le Seigneur Jésus Christ parler dans la prophétie. Les Psaumes, en effet, ont été chantés bien avant que le Seigneur naquît de Marie, mais non pas avant que le Seigneur existât ; car le Créateur de toutes choses existe toujours ; mais à un moment donné il est aussi né de la créature. Croyons donc et, pour autant que nous pouvons, comprenons que cette divinité est égale au Père ; mais cette divinité égale au Père s’est faite participante de notre mortalité, qui n’était pas son propre, mais le nôtre, afin que nous devenions participants de sa divinité, qui n’est pas notre propre, mais le sien ».
Ce principe, Augustin va l’appliquer en détail au Psaume 138.
Il le relit, verset par verset, —il a le livre ouvert sur les genoux — et
il attire l’attention sur telle et telle particularités. Verset
1 : « “ Seigneur, Tu m’as éprouvé et Tu
m’as
connu ”. Qu’il dise cela le Seigneur Jésus Christ ;
qu’il
dise lui-même au Père “ Seigneur ” ; car son Père
n’est son Seigneur que parce que lui a daigné naître
selon la chair. Il est son Père en tant qu’il est Dieu, son
Seigneur en tant qu’il est homme ...». Et ainsi de suite pour
les vingt-quatre versets.
Augustin dut se mettre, un jour, à dicter des commentaires à ses
secrétaires dans son bureau, parce qu’on lui réclamait
la suite et la fin ! Il lui resta finalement le Psaume 118, et il hésitait
: « Je le remettais à plus tard, non pas tant à cause
de sa longueur (176 versets !) qu’à cause de sa profondeur qui
n’est intelligible qu’au petit nombre. Mes frères supportaient
mal ce manque et me pressaient instamment de régler cette dette ;
longtemps j’ai résisté à leurs instances, parce
que chaque fois que j’ai réfléchi sur ce sujet, cela
a excédé les forces de mon attention. Et maintenant que je
m’y remets, j’ignore tout à fait ce que je vais pouvoir
faire. J’espère pourtant pouvoir quelque chose avec l’aide
de Dieu, qui ne m’a pas manqué pour d’autres Psaumes qui
me semblaient presque impossibles à comprendre et à expliquer ».
Il se mit donc à commenter ce long Psaume en 32 sermons brefs qu’il
ne prêchait pas directement au peuple chrétien, mais qu’il
dictait, afin qu’ils soient diffusés et récités
dans les assemblées ecclésiales. L’ensemble est donc
destiné à la formation spirituelle des chrétiens, ceux
d’Hippone d’abord et de Carthage, mais aussi ceux des autres églises,
puisque ses collègues évêques lui réclamaient
son dû, c’est-à-dire qu’ils espéraient pouvoir
en faire profiter leurs ouailles !
Les Homélies sur l’Évangile de Jean.
Il y en a 124 qui
couvrent l’ensemble du quatrième Évangile.
Les 54 premières ont été prêchées à Hippone
; les 70 autres ont été dictées pour mener le commentaire à bonne
fin ; et cela à la demande d’Aurèle de Carthage, réitérant
la décision prise par deux conciles qui imposaient à Augustin « la
charge des Écritures », c’est-à-dire concrètement
l’achèvement de ses explications des Psaumes et du quatrième Évangile.
C’était, en effet, une tâche prioritaire ; Augustin en était
bien d’accord : « Je ne veux pas en être détourné et
retardé par toutes sortes de questions qui surgissent inopinément
; et même je ne veux pas me remettre aux livres sur la Trinité que
j’ai depuis longtemps en chantier et que je n’ai pas encore terminés,
parce qu’ils exigent trop de travail et que j’estime qu’ils
ne pourront être compris que d’un petit nombre. Ce qui presse
davantage, c’est ce que nous espérons être utile au grand
nombre » (Lettre 169)..
L’Évangile du Verbe incarné, de la Parole faite chair,
est l’Évangile de la croissance spirituelle, du progrès
dans l’intelligence de la foi. Le Christ veut que nous comprenions
ce qu’il a daigné nous dire : il donne l’intelligence
lorsqu’il en est prié, lui qui a donné la parole sans
en être prié. Le degré de la piété est
la foi et le fruit de la foi est l’intelligence, pour que nous parvenions à la
vie éternelle où l’Évangile ne sera plus lu, parce
que nous le verrons Lui-même, Lui, la Parole de Dieu, la Lumière
...
Quelle sera alors la joie de nos yeux ! « Que verrons-nous ? Je
vous en supplie, aimez avec moi, courez avec moi dans la foi, désirons
la Patrie d’en haut, soupirons après la Patrie d’en haut,
ayons conscience que nous sommes ici-bas en voyage ! Que verrons-nous alors
? Que l’Évangile maintenant nous le dise : “ Au principe était
la Parole et la Parole était chez Dieu et la Parole était Dieu ” .
Tu viendras à la Source qui t’a aspergé de rosée,
tu verras la Lumière ! ... Je vais maintenant déposer ce livre
et vous allez partir à vos occupations. Nous avons passé un
bon moment dans la Lumière commune, un bon moment dans la joie, dans
l’exultation. Mais, en nous quittant les uns les autres, ne Le quittons
pas, Lui » (Homélies 22 et 35).
La Trinité
A la fin des Confessions Augustin s’exhorte : « Avance
dans ta louange, ô ma foi, dis au Seigneur ton Dieu : Saint, Saint, Saint, Seigneur
mon Dieu ; dans Ton nom nous avons été baptisés, ô Père
et Fils et Esprit Saint ; dans Ton nom nous baptisons, ô Père
et Fils et Esprit Saint » (Conf. XIII, 13). Il ne cesse de méditer
le mystère de la sainte Trinité et il entreprend un grand ouvrage,
qu’il commence étant jeune et qu’il n’édite
qu’étant vieux, comme il dit. Il y a travaillé longtemps, épisodiquement,
pendant plus de vingt ans. Et il fut victime, un jour, d’un vol singulier
: des disciples impatients et indélicats lui dérobèrent
son ouvrage inachevé. Il en fut très fâché et il
avait décidé de reléguer cette œuvre, puisqu’une édition
pirate risquait de se diffuser sans son autorisation. Il céda pourtant
aux instances de ses frères et surtout encore une fois à l’ordre
d’Aurèle ; et il mena l’ouvrage à son terme, tant
bien que mal.
Dans la lettre qui accompagne l’envoi d’un exemplaire achevé à Aurèle,
il raconte cet incident et il ajoute : « J’avais décidé de
ne pas publier ces livres un par un, mais tous ensemble, parce qu’ils
sont liés par le progrès de la recherche ». C’est
une précieuse indication, une consigne de lecture. La Trinité réclame
une lecture suivie de bout en bout.
La première partie (livres I-VII) étudie les récits bibliques
des apparitions, à Abraham, à Moïse... et les missions du
Fils (l’Incarnation) et de l’Esprit Saint (la Pentecôte)
; elle traite aussi de la formule dogmatique : « un seul Dieu en trois
personnes », qui s’est imposée au termes de querelles théologiques.
Augustin la respecte, bien sûr ! Mais il n’a manifestement pas
d’enthousiasme pour ce langage abstrait qui n’est pas celui de
l’Écriture : on dit trois personnes ; mais quand on demande :
trois quoi ?, le langage humain souffre d’une bien grande indigence ;
on dit cela, non pas pour dire précisément cela, mais pour n’être
pas réduit au silence.
Dans la deuxième partie de l’ouvrage (Livres VIII-XV), Augustin
préfère se livrer à un long exercice spirituel au cours
duquel l’esprit scrute patiemment l’image de Dieu qu’il est
par création (Gen. 1, 26), par approches successives, jusqu’à sa
restauration comme sujet en acte de souvenir, d’intelligence et d’amour
de Dieu. C’est surtout cette partie qui réclame une patiente et
laborieuse lecture suivie.
Prière finale : « Seigneur notre Dieu, nous croyons en Toi,
Père
et Fils et Esprit saint. Car la Vérité n’eût pas
dit : “ Allez, baptisez toutes les nations au nom du Père et du
Fils et de l’Esprit Saint ” (Mt 28, 19), si Tu n’étais
pas Trinité. Et Tu n’aurais pas ordonné, Seigneur Dieu,
que nous fussions baptisés au nom de qui n’est pas le Seigneur
Dieu ... Appliquant mon attention à cette règle de la foi, autant
que je l’ai pu, autant que Tu as fait que je le puisse, je T’ai
cherché ; et j’ai désiré voir en intelligence ce
que j’ai cru ; et j’ai beaucoup discuté ; et j’ai
peiné.
« Seigneur mon Dieu, mon unique espérance, exauce-moi, de peur que fatigué je ne veuille plus Te chercher ; mais fais que je cherche toujours ton visage avec ardeur. O Toi, donne-moi la force de Te chercher, Toi qui m’as fait Te trouver et qui m’as donné l’espoir de Te trouver de plus en plus.
« Voici devant Toi ma force et ma faiblesse : conserve celle-là, guéris celle-ci. Voici devant toi ma connaissance et mon ignroance : là où Tu m’as ouvert la porte, accueille-moi qui entre ; là où Tu as fermé la porte, ouvre moi qui frappe.
« Fasse que je me souvienne de Toi, que je Te comprenne, que je T’aime ! Augmente en moi ces dons, jusqu’à ce que Tu me redonnes ma forme parfaite ».
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