LEADERSHIP à l’ASSOMPTION

Assomptionnistes – Maison Généralice, Rome - 2008

Trois fascicules

Trois présentations PowerPoint

Préface

Ce texte a été rédigé en réponse à la demande des participants à une session pour responsables (sur le leadership), tenue à Rome à l’occasion du Conseil de Congrégation au mois de mai 2003.

Il existe déjà des manuels pour les Provinciaux et pour les Supérieurs Locaux qui sont très riches, tant du point de vue théorique que du point de vue pratique, et qui contiennent beaucoup de références au P. d'Alzon et à notre Règle de vie. Le manuel pour les Provinciaux fut rédigé en première instance par le P. Hervé Stephan et son Conseil en 1987 et ensuite actualisé par le P. Claude Maréchal en 1993. Quand nous resituons ce manuel dans le contexte de 1987, nous comprenons qu’il s’agit d’un livret vraiment remarquable. À ce moment de notre histoire, à peine quatre ans après la rédaction de notre nouvelle Règle de vie, il s’agissait de “réinventer” les rôles du Supérieur et du Provincial. La perspective du manuel sur la mission du Supérieur est très riche et pastorale, mais il traduit également une remarquable sagesse pratique, et propose des orientations bien précises qui donnent chair au service propre au Supérieur.

Lorsque nous nous sommes réunis à Rome au mois de mai 2003 pour réfléchir à notre mission de « leaders » dans la Congrégation, il nous a semblé que ce manuel gardait beaucoup de sa valeur encore aujourd'hui, mais que les concepts de base sur le « leadership » que nous avions découverts dans la session constituaient un très bon cadre dans lequel on pourrait intégrer le travail précédent. Ce que vous trouvez dans cette nouvelle publication provient de sources variées. Tout d’abord, de notre héritage augustinien et alzonien. Et ensuite de la vision de la vie religieuse que présente notre Règle de vie. Il est inspiré aussi par la pensée contemporaine sur le thème du « leadership ». Notre façon de comprendre le rôle du Supérieur a changé au cours des années. Ce manuel reflète une pensée systématique sur ce rôle, qui tient compte des recherches récentes (1) et essaie d’aller plus loin dans la compréhension de la responsabilité particulière du Supérieur.

Cette publication comporte un livret avec une réflexion sur le leadership aujourd’hui, un manuel sur la façon dont ces idées s’incarnent dans le travail du Provincial, et un autre sur le leadership au niveau local. Ces deux manuels reproduisent en grande partie deux documents déjà existants.(2)

Richard E. Lamoureux , a.a.,
Supérieur général
Janvier 2008

(1) Une grande partie du contenu de ce manuel est tiré directement de la présentation faite par M. Ghislain Lafont à la « Session sur le Leadership à l’ Assomption », tenue à Rome en mai 2003. L’enseignement et les écrits de Bill Hybels, pasteur de l’Église de Willow Creek Community en Illinois, nous a spécialement aidés aussi. Son plus récent ouvrage, Courageous Leadership, est un bon résumé de sa pensée sur ce thème et a inspiré de nombreux passages de ce manuel.

(2) Cités plus haut : Un Provincial à l’ Assomption (Rome, 1987 ; nouvelle édition 1993) et Le Supérieur local-Suggestions pratiques pour l’animation (Rome, 1990).

Et maintenant, dans la pastorale…  

Chaque apostolat a ses propres exigences dans le domaine du leadership, et celles-ci seront mieux cernées par ceux qui y sont impliqués de près. Malgré cela, les principes dont il est question dans ce manuel, qui s’appliquent très bien dans l’animation d’une Province ou d’une communauté locale, peuvent être également très efficaces dans le travail pastoral, qu’il s’agisse d’une paroisse, d’un établissement scolaire, d’une agence sociale, d’une maison d’édition, d’un centre de conférence ou de retraites, etc.

Un religieux ou un prêtre, doit-il être également un « leader » ? Ne suffit-il pas d’être tout simplement un « agent apostolique », membre d’une équipe apostolique ? Suivre ou être membre d’une équipe plutôt que d’être leader n’est pas si facile que cela ; il faudrait qu’un autre manuel traite la question. Mais dans l’Eglise aujourd’hui et de par sa vocation, le religieux et le prêtre se trouvera la plupart du temps dans des situations où il sera obligé d’assumer beaucoup de responsabilités, et souvent une de celles-ci sera la responsabilité d’animation ou de leadership de l’équipe ou d’une communauté.

Il faut insister sur le fait qu’être leader dans un domaine pastoral ne consiste pas d’abord à exercer un pouvoir, à être le « chef ». Il ne s’agit pas tout simplement de dire aux autres ce qu’ils doivent faire, de prendre seul toutes les grandes décisions, « d’être en charge », d’avoir accès aux fonds, de résoudre tous les problèmes ou de faire ce que les autres n’arrivent pas à faire.

Il est essentiellement question de communiquer une vision, de s’assurer que la communauté arrive à définir son projet et à élaborer un plan d’action, que chacun occupe la place qu’il faut et que tous travaillent bien ensemble.

Le leader pastoral doit sans cesse poser les mêmes questions : à quoi voulons-nous arriver (…dans la paroisse, à l’école, dans notre travail œcuménique, dans les pèlerinages que nous organisons, etc.) ? Quels sont nos objectifs ? Ces questions qui touchent à la vision sont souvent ignorées, car le travail de tous les jours est tellement prenant. Mais si les réponses apportées à ces questions sont claires, alors il sera plus facile de dire si oui ou non on a trouvé les bons moyens pour réaliser les objectifs. Dans ce sens, le leader pastoral pose les questions fondamentales les plus importantes, mais il insiste aussi pour que ceux avec qui il travaille évaluent régulièrement le travail qui se fait, afin de voir s’il correspond aux objectifs qui ont été fixés. C’est lui qui fait l’effort de prendre du recul pour pouvoir réfléchir à la direction dans laquelle la communauté ou l’équipe se dirige. C’est là le sens véritable du rôle d’un leader ou d’un animateur. Les prêtres (et les frères également) sont assez aisément fidèles à leur fonction sacerdotale (la sanctification, les sacrements), mais ils sont souvent hésitants face à leur fonction « royale » (de gouvernement) et pas suffisamment attentifs à l’importance de leur rôle prophétique (d’enseignement). C’est peut-être mieux ainsi s’ils comprennent la fonction royale en termes de pouvoir ou d’administration, mais ils feraient mieux de la comprendre en termes de leadership et d’animation.

 


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