Á la rencontre de Dieu… et des hommes

Mise-en-œuvre du Chapitre Général 2005

Lettre n. 8 du Supérieur Général. Décembre 2005

 

« Comme nous l’écrivions en 1982 : ‘L’Église est tout entière une communauté de disciples, le regroupement de ceux qui se sont mis en marche à l’appel du Christ. Mais prenons bien le terme ‘disciple’ dans toute son extension. Il ne s’agit pas simplement d’imiter le modèle donné par le Christ ou de profiter de son enseignement. Il s’agit surtout de continuer la proclamation du Royaume inaugurée par Jésus à la face d’Israël. Si Jésus rassemble des disciples, c’est pour les associer à sa tâche, c’est pour la contagion du service, c’est pour la libération du peuple.’ En christianisme, même les prophètes sont d’abord des disciples. C’est leur intimité avec le Christ qui les ‘autorise’ à parler publiquement avec vigueur. »

Disciples d’Emmaüs – Bruno Chenu (Paris: Bayard, 2003), p. 13.

« Sous l’action de l’Esprit et à l’exemple de Marie, nous choisissons de risquer notre vie dans l’aventure de la rencontre de Dieu… »  et d’aller « là où Dieu est menacé dans l’homme et l’homme menacé comme image de Dieu. » (Règle de Vie, n° 24 et 4)

Le Conseil général a une mission essentielle : mettre en œuvre les orientations du Chapitre général. Donc, depuis le mois de juin, nous avons étudié ses décisions et fait l’effort de bien comprendre ses visées sous-jacentes. Nous voulons par cette lettre partager la réflexion que nous avons faite et vous communiquer les éléments d’un programme d’animation qui nous permettront de mettre en œuvre les décisions du Chapitre.

Nous adressons cette lettre bien sûr à tous les religieux assomptionnistes, les jeunes et les moins jeunes, ceux qui sont en formation, ceux qui sont en maison de repos, ceux qui œuvrent dans leur propre pays ou dans une mission « lointaine », ceux qui sont en paroisse ou en établissement scolaire, ceux qui travaillent avec les marginalisés dans nos sociétés, ceux qui étudient. Elle est adressée aussi aux assomptionnistes laïcs, qui partagent avec les religieux le charisme de la famille et la mission.

Défis

Le Conseil a mené ce travail de réflexion dans un contexte ecclésial des plus riches, plus précisément pendant les premiers mois du pontificat de Benoît XVI. Son analyse des défis et du programme qu’il est en train de fixer pour son pontificat nous éclaire sur notre propre chemin.

La veille du conclave (le 18 avril 2005), peut-être pour décourager les cardinaux-électeurs qui auraient pensé à lui comme futur Pape, le Cardinal Ratzinger faisait une analyse assez sévère de la situation que le futur Pape, selon lui, devrait affronter dans les années à venir :

L’on est en train de mettre sur pied une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs. Nous possédons, en revanche, une autre mesure : le Fils de Dieu, l'homme véritable. C'est lui la mesure du véritable humanisme. Une foi "adulte" ne suit pas les courants de la mode et des dernières nouveautés ; une foi adulte et mûre est une foi profondément enracinée dans l'amitié avec le Christ. C'est cette amitié qui nous ouvre à tout ce qui est bon et qui nous donne le critère permettant de discerner entre le vrai et le faux, entre imposture et vérité.

Le Cardinal n’a pas dit davantage sur ce qu’il entendait par « une dictature du relativisme », seulement pour dire qu’une de ses conséquences était un individualisme qui isole, qui rétrécit l’univers à son propre égo et ses propres désirs. Par contre, le Cardinal a développé davantage la réponse qu’un chrétien peut donner face à cette situation : le Fils de Dieu, l’homme véritable, l’amitié avec le Christ. « C’est cette amitié qui nous ouvre à tout ce qui est bon et qui nous donne le critère permettant de discerner entre le vrai et le faux… » Cette amitié est la source d’une espérance certaine qui éclairera notre vie et notre mission.

Quelques jours après, pendant la Messe d’inauguration de son pontificat, il exprima la même idée mais d’une façon un peu différente :

Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre mes idées, mais, avec toute l’Église, de me mettre à l’écoute de la parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière que ce soit lui-même qui guide l’Église en cette heure de notre histoire.

Écouter, obéir, en communauté… « de manière que ce soit lui-même qui guide l’Église… » La réponse se trouve en Jésus-Christ. Être attentif à lui, renouveler notre amour pour lui : « Tu as frappé mon cœur de ton verbe et je t’ai aimé. » C’est la formule de saint Augustin. (“Percussisti cor meum verbo tuo, et amavi te.” Les Confessions , x, 6 ,8. ) Faire l’effort de sortir de soi-même en l’écoutant, et de cette façon être « avec toute l’Église », c’est-à-dire en communication avec nos frères et nos sœurs. C’est une relation qui répond aux désirs d’intimité les plus profonds du cœur humain, et en même temps nous fait sortir de nous-mêmes, tournés vers les autres. Ce n’est pas n’importe quel Jésus-Christ que j’aime ; ce n’est pas « mon » Jésus. C’est le Fils de Dieu, le Verbe fait chair, l’homme véritable. Amitié avec Jésus-Christ, mais aussi connaissance de la vérité sur Jésus-Christ. Le Pape Benoît nous invite à un amour profond du Christ et une recherche vigoureuse de la vérité sur Dieu et le monde qu’Il a créé. (Dans son premier discours aux Cardinaux après son élection, voilà comment le Pape l’a exprimé: “Dieu…veut former une grande famille avec tous les peuples, grâce à la force unificatrice de la Vérité et de l'Amour (cf. Lumen Gentium, n. 1).” )

Notre analyse à nous, celle du Chapitre général et celle des membres du Conseil général, ressemble beaucoup à celle du Saint Père. Dans mon rapport au Chapitre, j’ai écrit que « l’individualisme est une maladie qui affaiblit nos communautés. » (page 29) Un tel individualisme, dirait le Pape, est la conséquence d’une certaine conviction selon laquelle il n’y a pas de vérité commune à tous, seulement ma vérité à moi, et ta vérité à toi. Le résultat en est la solitude et l’isolement. S’il n’y a pas de vérité qui nous fait sortir de nous-mêmes pour aller au-delà de notre univers personnel, nous sommes alors condamnés à vivre dans un univers très limité et ennuyeux, une vie sans horizon qui conduit à l’ennui. Bernanos en parlait déjà en 1936 :

Je me disais donc que le monde est dévoré par l'ennui. Naturellement, il faut un peu réfléchir pour se rendre compte, ça ne se saisit pas tout de suite. C'est une espèce de poussière. Vous allez et venez sans la voir, vous la respirez, vous la mangez, vous la buvez, et elle est si fine, si ténue qu'elle ne craque même pas sous la dent. Mais que vous vous arrêtiez une seconde, la voilà qui recouvre votre visage, vos mains. Vous devez vous agiter sans cesse pour secouer cette pluie de cendres. Alors, le monde s’agite beaucoup. ( Journal d'un curé de campagne)

Un genre d’ennui provoqué par un manque de sens, mais un ennui, comme dit Bernanos, dont souvent nous ne nous rendons pas compte. J’ai essayé d’évoquer la question dans une de mes premières lettres. (“Succomber de nouveau à l’amour”, Lettre n° 2, 25 mars 2000. )

L’analyse ne serait-elle pas trop négative (4), car il est évident que dans le monde d’aujourd’hui nous voyons aussi beaucoup de bien. Il s’agit quand même du monde que Dieu aime et qu’il nous invite à aimer. Mais nous avons appris, il me semble, que l’Évangile nous appelle parfois à dire clairement où l’injustice et l’erreur nous égarent, au plan social ou politique, et même au plan philosophique et spirituel.

Peut-être l’analyse s’applique-t-elle davantage à l’Ouest ou à l’hémisphère nord ? Je n’en suis pas certain. Pendant le Chapitre général, un de nos jeunes confrères de l’hémisphère sud m’a fait la réflexion suivante dans un e-mail : « Récemment, j’ai remarqué dans notre petite mais bien-aimée Congrégation qu’il y a plusieurs confrères qui sont ‘fatigués’, qui semblent être accablés par des problèmes, des difficultés, le découragement. Je me demande pourquoi. » Oui, je me le demande.

Il est difficile de dire si cette analyse est juste, mais il m’est évident qu’il faut faire un effort pour comprendre ce qui se passe aux niveaux les plus profonds de notre expérience, les idées mêmes que nous avons sur notre existence humaine : d’où nous venons, pourquoi nous sommes là, où nous allons. Il faut aller jusqu’à ce niveau pour pouvoir répondre de manière à assurer une santé spirituelle et apostolique solide et un avenir pour nos communautés de foi.

Notre réponse

Il est assez évident que le Pape Benoît XVI a réfléchi profondément aux défis de l’humanité aujourd’hui. Sa réponse est aussi claire : l’amitié avec le Christ, le Fils de Dieu. À la Messe d’inauguration de son pontificat, il ne voulait pas développer son programme en détail, mais il avait déjà présenté quelques éléments de celui-ci dans son premier message aux Cardinaux (le 20 avril 2005). À ce moment, il a fait la liste de ses priorités : la mise en œuvre de Vatican II, la cause de l’unité, un véritable développement social, et les jeunes dans l’Église. Se laissant inspirer par saint Benoît de Nurcie, il allait promouvoir une culture authentiquement humaine, ouverte sur Dieu ; accompagner l’Europe dans sa réflexion sur son identité et sa mission ; proposer la Parole de Dieu aux croyants comme aux non-croyants. Dans son premier discours au clergé de son diocèse à Rome, il poursuivit cette réflexion sur la mission de l’Église pour aujourd’hui. Il est évident qu’il a un sens très clair de ce qui est nécessaire et qu’il mettra systématiquement en œuvre son projet(5).
Le programme du Pape est simple, mais il a réfléchi également à la façon dont il allait traduire ce programme dans une série d’initiatives concrètes. Pour l’Assomption aussi, le programme est simple. Notre projet n’est autre que l’avènement du règne de Dieu. « Quoi de plus simple ! » disait le Père d’Alzon au Chapitre de 1868. Notre seule mission : proclamer le nom de Jésus-Christ. Il est notre projet.
Mais les êtres humains sont complexes, et comme le Pape Benoît, il nous faut traduire ce programme très simple en un itinéraire plus détaillé : il faut savoir précisément où nous allons et quels chemins peuvent nous permettre d’y arriver. Ce genre d’itinéraire de voyage nous permet de rester sur la bonne route ; il nous permet de choisir les bons chemins, d’éviter les impasses et de nous encourager quand le voyage devient difficile. Enfin, il peut guider et inspirer ceux qui nous accompagnent sur la route.

L’objectif de notre dernier Chapitre général était d’élaborer un projet pour la Congrégation. Le travail n’a pas été facile. Il suffit de poser la question aux capitulants. On se demandait parfois où on allait. Et ce que nous avons produit est loin d’être parfait, mais je crois que c’est un bon début. Nous avons pu clarifier notre charisme en des termes qui sont à la fois fidèles à notre héritage et pertinents au monde et à ses besoins actuels ; cela nous permettra de communiquer notre charisme à d’autres et, je l’espère, d’orienter nos choix dans les mois et les années à venir.

En fidélité au Chapitre et afin de mettre en œuvre ses décisions, le Conseil général s’est efforcé d’exprimer l’objectif global de celui-ci par une formule très concise ; nous voulons « aider la famille de l’Assomption à devenir encore davantage un foyer de communion, profondément attaché à Jésus-Christ et témoignant de cette foi par son engagement envers les plus faibles. »

Cette formule reprend les trois orientations fondamentales du Chapitre général dans le projet de congrégation : être des hommes de foi et de communion, proposer la foi, être solidaires des pauvres. Encore une fois, on retrouve dans ces orientations les trois éléments principaux de notre vie à l’Assomption : foi, communauté, mission.

Hommes de foi

Le Conseil général parle de la foi dans le sens d’un attachement profond à Jésus-Christ. En utilisant ce langage, nous voulons suggérer qu’au cœur de notre foi il y a cette relation avec Jésus-Christ que le Pape appelle « amitié », c’est à dire une relation personnelle et intime. Cette relation est la source et l’aliment pour toutes les autres dimensions de notre vie humaine et chrétienne. Nous parlons d’un « attachement profond » au Christ afin de souligner la conviction et le courage qui devraient caractériser cette relation. Il s’agit d’une foi qui donne joie même dans des moments difficiles et au milieu de la souffrance. C’est une foi qui n’a pas peur de se dire en public, une foi qui est au cœur de tout et qui a un impact sur toutes les dimensions de la vie. Ce lien avec le Christ est profond, car il est aussi adulte et intelligent. Notre foi ne se fonde pas sur le sentiment, elle n’est pas la foi de notre adolescence, mais plutôt une foi qui cherche à comprendre et qui peut s’expliquer à ceux qui veulent comprendre. C’est une foi, enfin, qui a besoin de se nourrir par l’étude, par la prière personnelle et par la prière avec d’autres en Église.

Foyer de communion

Le Conseil parle aussi de l’Assomption comme foyer de communion. Au Chapitre nous avons parlé de la communauté en termes pauliniens : « plusieurs dons en un seul corps ». Une grande diversité qui a son origine dans la richesse du Dieu trinitaire, vécue dans une unité qui témoigne de l’amour divin qui est l’Esprit lui-même. Cette diversité se manifeste d’abord dans notre caractère international. Nous voulons vivre de façon que toute la diversité culturelle qui existe à l’Assomption puisse enrichir notre vie, nos communautés, et notre mission. Cette internationalité nous appelle à une conversion, pour ne pas nous croire le centre de l’univers, pour accepter le dépaysement, pour entrer dans la culture de l’autre, pour apprendre sa langue et ses coutumes, pour être pauvres et interdépendants les uns des autres.

En parlant de la communauté, le Conseil s’est servi d’une formule empruntée au colloque Inter-Assomption d’octobre 2004 (Le colloque a étudié la question de la vie religieuse en Europe et en Amérique du Nord ; parmi les interventions, il y avait une conférence du Père Philippe Lecrivain, s.j., qui nous a suggéré cette expression. )  : nous voulons que nos communautés soient « fondatrices ». Une communauté fondatrice a son regard tourné vers l’avenir. Même quand l’avenir de la vie religieuse peut paraître plus qu’incertain, les membres d’une communauté fondatrice vivent et travaillent de manière à rester ouverts à l’avenir que Dieu veut ; elle attire donc les autres par la foi et le zèle de ses membres. Au cœur de ces communautés il y a la Parole de Dieu, lue, étudiée, et partagée en communauté de façon régulière. Certaines le font tous les jours ; d’autres moins fréquemment. Mais une communauté fondatrice est façonnée par la Parole, elle y est attentive en permanence, prête à lui obéir et à se laisser conduire là où elle voudra l’amener. Dans de telles communautés, fidèles à l’esprit augustinien, tout est en commun. Les biens sont en commun ; sa vie même est vécue d’une façon transparente. Une communauté fondatrice est soudée dans des liens d’affection et d’appui fraternel ; elle a une identité très claire, une histoire qui lui est propre, et une tradition spirituelle forte. Mais elle est accueillante aux autres, et encourage les autres à partager sa vie. Il va sans dire que dans une communauté assomptionniste il y a des frères, des sœurs, et des membres laïcs.

Solidaire des hommes

Enfin, une communauté assomptionniste est également témoin de la bonne nouvelle dont elle vit et, en particulier, solidaire des faibles. Fidèle à l’inspiration du Père d’Alzon, l’Assomption témoigne au-delà de la sacristie, s’occupant de ceux qui connaissent le nom de Jésus et vivent dans des communautés chrétiennes, mais désireuse de proposer la Parole à ceux qui ne l’ont jamais entendue ou qui l’ont peut-être mise de côté dans leur vie. L’Assomption est toujours attentive à la réalité, aux vrais besoins, et d’une façon spéciale à ceux qui vivent en marge de la société. Un témoin s’engage à cause de l’urgence de la Parole, pas pour sa carrière ou son épanouissement professionnel. Il est toujours disponible, prêt à changer de travail quand le besoin est clair. Imagination, liberté, disponibilité, hardiesse, courage - bref, c’est l’attention à la volonté de Dieu qui définit un témoin de l’Évangile, attention à la volonté de Dieu et toujours en communion avec l’Église. Souvenez-vous des mots de Benoît XVI : « Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, …mais, avec toute l’Église, de me mettre à l’écoute de la parole et de la volonté du Seigneur… »

Le projet adopté par le Chapitre pour la Congrégation nous montre comment construire de telles communautés fondatrices. Il commence avec une formule concise qui résume le tout : « Plusieurs dons en un seul corps, …pour que le monde croie. » Et ensuite il en retire les orientations fondamentales que je viens d’évoquer. Ces trois orientations se concrétisent ensuite en cinq axes apostoliques : l’œcuménisme et le dialogue inter-religieux, les nouvelles fondations, les jeunes et les vocations, la justice et la paix, les médias et l’enseignement. Je vous encourage à relire ce projet de Congrégation, et à en tirer les conclusions concrètes pour votre Province, ensuite pour votre communauté, et enfin pour vous-mêmes comme membre de ce corps.

Le Conseil général, pour sa part, ayant réfléchi à ce projet de Congrégation, s’est mis d’accord sur un certain nombre de moyens concrets qui lui permettront de jouer son rôle dans la mise en œuvre du projet.

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PROJET d’ANIMATION pour la Congrégation

MISE-EN-ŒUVRE DU CHAPITRE GÉNÉRAL

Les priorités du projet de Congrégation

Au Chapitre, la Congrégation s’est engagée à trois priorités en particulier : la mission d’Orient, les fondations en Asie, et les jeunes et les vocations. Pour répondre à ces trois priorités et accomplir notre mission avec fidélité, nous avons besoin d’une formation solide à tous les niveaux. C’est pourquoi le Chapitre a adopté la nouvelle édition de nos directives pour la formation, élaborées selon un processus très sérieux d’étude et de réflexion (la Ratio Institutionis). D’une façon encore plus vigoureuse que dans le passé, le Chapitre a insisté sur le fait que religieux et laïcs sont, ensemble, responsables du charisme et de la mission de l’Assomption. Cette alliance – c’était le mot choisi par le Chapitre – nous appelle à l’action et même à la conversion.

Mission d’Orient

Dans sa réflexion sur les priorités de Congrégation, le Chapitre a reconnu l’importance pour chaque mission et pour chaque communauté d’être accompagnée par une Province et son Supérieur Majeur. C’est de cette façon que la Congrégation est organisée, une structure qui a fait ses preuves. En respectant ce principe, la Mission d’Orient est et continuera d’être la responsabilité directe de la Province de France.

À cause de son importance pour l’Eglise aujourd’hui (voir Chapitre général n°46) et parce qu’elle est très étroitement liée à notre identité et notre patrimoine assomptionniste (CG n°48), le Chapitre a choisi la Mission d’Orient comme la première de nos trois priorités (CG n°50). Il revient au Supérieur Général et à son Conseil d’aider la Congrégation dans son ensemble à assumer sa responsabilité à l’égard de cette mission. Nous voulons le faire de différentes façons.

D’abord, en appuyant la Province de France et en collaborant avec elle et son délégué pour la Mission d’Orient. Ensuite, en inscrivant ce sujet au programme de chaque rencontre du Conseil de Congrégation. Le Chapitre donne au Conseil de Congrégation certaines responsabilités dans ce sens (voir CG n°55 et n°56). Dans l’esprit de la proposition faite à propos de nos fondations en Asie (CG n°78), nous demanderons au Conseil de Congrégation de créer une commission d’aide au gouvernement qui, avec le Provincial de France et son délégué, aidera le Conseil de Congrégation et le Conseil général à trouver les moyens d’appuyer la Mission et, surtout, à éveiller la participation à la mission de toutes les Provinces. Cette commission étudiera la façon dont les décisions du Chapitre sont mises en œuvre (voir CG n°51 à n°64) et proposera les noms de religieux qui pourraient être invités à travailler dans ce domaine. Le Conseil général lui-même fera des propositions au prochain Conseil de Congrégation sur la plaquette qui a été demandée par le Chapitre (voir CG n°58) et sur des possibilités de formation internationale pour les religieux qui aideraient à sensibiliser la Congrégation à cette priorité (voir CG n°59).

Fondations en Asie

Peu après la fondation de la Congrégation, le Père d’Alzon envoya des missionnaires en Australie. Dès le début il avait une vision globale. Fidèle à cette vision, le Chapitre a voulu que la Congrégation porte une attention spéciale au grand continent de l’Asie. Il voulait encourager notre fondation coréenne, qui date maintenant de plus de dix ans, et les nouvelles initiatives pour le Vietnam et les Philippines. En ce moment, ces missions sont la responsabilité de deux Provinces, la France et l’Amérique du Nord, mais le Chapitre était convaincu « de la nécessité de l’engagement de toute la Congrégation dans le développement de notre présence en Asie » (CG n°75).

Pour encourager les efforts dans ce sens, le Conseil général proposera que le Conseil de Congrégation crée la commission d’aide au gouvernement demandée par le Chapitre (CG n°78). Cette commission réfléchira aux questions identifiées dans les Actes du Chapitre : le caractère international, notamment inter-asiatique, de ces fondations ; leur lieu d’implantation ; leur projet et mission communautaire ; la préparation des personnes ; la composition des communautés ; le financement ; et la conscientisation des Provinces et des communautés à l’égard de ces fondations (voir CG n°78). Le Supérieur Général a demandé à celui qui vient d’être nommé Supérieur de la communauté de Manille de nous aider dans cet effort.

Jeunes et vocations

La session pré-capitulaire sur la pastorale des vocations l’a dit clairement : il ne faut pas ajouter de nouveaux programmes, plus créatifs, pour attirer les jeunes à l’Assomption ; il nous faut plutôt vivre d’une façon qui par elle-même les attirera, et travailler à des missions que les jeunes comprendront comme répondant à de réels besoins d’aujourd’hui. La session et ensuite le Chapitre ont parlé de l’importance de la conversion au niveau local et dans le cœur de chaque Assomptionniste.

Il s’agit donc d’un défi encore plus difficile que d’inventer de nouveaux programmes ou publier de nouvelles plaquettes. Le Conseil général s’est décidé d’abord à demander à chaque Province d’évaluer ses efforts dans le domaine de la pastorale des vocations et de lui communiquer ses suggestions sur l’aide que le Conseil général pourrait offrir. Cette évaluation et une première réflexion se feront au prochain Conseil de Congrégation. On enverra également des suggestions plus précises aux communautés locales et à leurs Supérieurs, qui pourraient les aider dans leur travail auprès des jeunes en vue de les orienter à l’Assomption.

Alliance Laïcs-Religieux

Les participants laïcs au Chapitre général ont fait un certain nombre de propositions qui ont été ratifiées par les capitulants. J’ai demandé au Vicaire général de travailler avec un laïc assomptionniste pour préparer des propositions précises qui seront discutées, modifiées si nécessaires, et enfin adoptées par le Conseil de Congrégation. Dans l’esprit des décisions capitulaires (voir CG n°104, n°110, et n°111), nous voudrions créer sans délai une commission internationale laïcs-religieux qui nous aiderait à aller plus loin dans ce domaine. Nous encourageons surtout des initiatives en vue de la formation, comme par exemple la publication d’instruments de formation et l’organisation de programmes et de sessions de formation, et aussi la mise en place d’un cadre institutionnel que les Assomptionnistes laïcs eux-mêmes ont demandé (voir CG n°108). Dorénavant, un bon nombre des publications du Conseil général sera envoyé aux religieux comme aux laïcs.

ANIMATION en général

Visites canoniques

Le Supérieur Général et son Conseil jouent un rôle dans la vie des Provinces de plusieurs manières informelles, e.g. l’échange de lettres avec les Supérieurs Majeurs et avec les autres religieux et la participation aux Conseils, Assemblées et célébrations. Il y a d’autres manières, plus formelles, parmi lesquelles les Visites canoniques, qui sont une des plus efficaces. Pendant mon premier mandat, j’ai visité toutes les communautés, et j’ai parlé avec presque tous les religieux au cours d’un entretien personnel. La plupart du temps, j’ai pu faire les visites avec l’aide d’un Assistant général. Maintenant, il s’agit de profiter de cette expérience et de cette connaissance qui nous ont été fournies par cette première série de visites.

À travers les visites que nous ferons pendant ce deuxième mandat, nous voudrions insister sur un travail avec différents groupes dans chaque Province et sur des questions précises proposées par la Province elle-même. Il y aura un moment prévu également pour des rencontres personnelles. Les visites seront donc différentes selon les besoins des Provinces. Selon ces besoins et à la lumière du récent Chapitre général, les sujets à étudier pourraient être : la qualité de la vie commune, la mission commune, les trois priorités du Chapitre, l’alliance laïcs-religieux, la pastorale des vocations, l’apostolat et notre charisme assomptionniste, la formation initiale et la formation permanente, notre présence auprès des pauvres, la pastorale en paroisse, l’éducation, etc. On pourrait étudier ces questions avec le Provincial, avec son Conseil, avec le Conseil de Province, avec des groupes de jeunes en formation, avec des groupes de laïcs, en assemblée provinciale, etc.

Le travail des membres du Conseil et le suivi des Provinces

Comme dans le passé, les membres du Conseil portent ensemble la responsabilité pour l’animation de toute la Congrégation. Chaque membre, cependant, a des responsabilités qui lui sont particulières. Le Père Julio, par exemple, continue comme Vicaire général, mais aura une responsabilité spéciale pour les religieux de l’Amérique du nord et l’Amérique du sud et pour la formation, l’alliance laïcs-religieux et les « relations publiques » à Rome. Le Père André est le Procureur de la Congrégation, mais a une responsabilité particulière pour les religieux de l’Europe, pour la Mission d’Orient et pour les fondations en Asie. Le Père Emmanuel a la responsabilité particulière pour l’Afrique et le Madagascar, ainsi que pour la pastorale des vocations et des questions spéciales en lien avec la mission (e.g. justice et paix). Le Père Jean-Daniel est responsable de l’économat général et local, mais sera également membre du Conseil local et du bureau international de la RIAD. Le Père Lucas, au-delà de ses responsabilités comme Secrétaire général, sera responsable pour les communications en général et fera partie du Conseil local. J’aurai également un souci particulier pour toutes questions qui touchent à la communauté apostolique, à l’éducation et aux médias, et pour les autres Congrégations de la famille de l’Assomption.

Les Assistants désirent d’une façon particulière accompagner les religieux et surtout les responsables des différentes Provinces. Ils s’efforceront d’être présents sur le terrain, surtout aux moments importants dans la vie des religieux. Ils souhaitent que les Provinciaux en particulier restent en contact étroit avec eux, surtout quand des nécessités précises se présentent.

Formation et réflexion en général : sessions, groupes de travail, etc.

Le Conseil général a toujours voulu rassembler des religieux en vue d’une formation déterminée ou pour pouvoir réfléchir ensemble sur différentes questions. Nous continuerons, dans la même optique, à encourager ce type de formation aux niveaux international, continental et provincial. Nous envisageons la possibilité de créer des équipes qui pourraient voyager en différents lieux pour donner une formation adaptée sur un sujet particulier. Il y a des « sessions » qu’il faut prévoir à plusieurs reprises. Il nous semble que c’est ce que le Chapitre envisageait pour les sessions de formateurs (CG n°124) et quand il insistait sur l’importance de sessions pour la formation permanente des religieux (CG n)122). Nous prévoyons également d’autres sessions pour sensibiliser les religieux à la Mission d’Orient (voir CG n°59), pour encourager les Provinces dans la pastorale des vocations, et pour continuer notre réflexion sur le charisme et dans les domaines de l’éducation, des média et de la pastorale en paroisse.

Lettres

Les publications du Supérieur Général et de son Conseil doivent être inspirées par les soucis du Chapitre. Certaines lettres du Supérieur Général doivent aider la Congrégation à approfondir sa réflexion sur certaines questions cruciales et transversales ; il ne faut pas qu’elles soient nombreuses ou longues. Il pourrait y avoir d’autres publications qui ont davantage le caractère d’instruments pédagogiques pour aider les religieux à comprendre et à assimiler les décisions du Chapitre. Elles peuvent être concises, traiter de tous les éléments importants du Projet de Congrégation, et si possible être publiées toutes à la fois et aussitôt que possible. Une troisième catégorie de publications sera plutôt ciblée et envoyée à des groupes précis dans la Congrégation : Supérieurs de communauté, jeunes religieux en formation, religieux impliqués dans des apostolats déterminés, etc.

COMMUNICATION

Encourager l’unité au sein de la Congrégation, voilà une des grandes responsabilités du Gouvernement général (voir Règle de Vie n° 105). C’est notamment en encourageant la communication à l’intérieur de la Congrégation que nous pouvons y contribuer.

Site-Web – Le Chapitre de 1999 a demandé que la Congrégation crée un site-web. Cela s’est fait dans les deux années qui suivirent, malgré nos ressources très limitées. Le site-web lancé pour le récent Chapitre a été très apprécié. Depuis lors, une nouvelle équipe a pris le site de la Congrégation en main, lui a donné un nouveau « look », et l’a réorganisé. Cela a entraîné quelques inconvénients, mais les résultats sont prometteurs.

AA-Info – Les Provinces et plusieurs Régions de la Congrégation ont leurs propres bulletins ; ils sont distribués assez largement dans la Congrégation. Le bulletin publié à Rome est très apprécié dans la Congrégation et encourage un sens d’appartenance à un corps international. Publier un tel bulletin quatre fois par an et en quatre langues n’est pas simple, mais le Conseil général reste toujours convaincu qu’il faut continuer dans ce sens et est très ouvert à toutes suggestions et aide que vous pouvez lui donner.

Documents Assomption, etc.– Le Secrétariat produit également un grand nombre de documents, qu’il continuera de faire en respectant les délais appropriés. La collaboration de tous est très appréciée.

Une lecture rapide des Actes de notre Chapitre général permet de faire une liste de quatre pages de décisions qu’il faut mettre en œuvre au niveau des communautés locales, des Provinces ou du Gouvernement général. Nous n’achèverons pas le travail demain, mais les premiers pas ont été faits. Ce sont des pas sur une route qui comportera certainement ses embûches, mais avec un ami, celui que les disciples d’Emmaüs ont rencontré sur leur chemin, nous pouvons avoir confiance : nous pourrons faire face aux défis avec joie et sérénité. Soyez assurés que nous, ici à Rome, vous accompagnerons sur cette route.

Richard E. Lamoureux, a.a., Supérieur Général,
et le Conseil général
3 ème dimanche de l’Avent, 11 décembre 2005

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