AUX: Postulants, novices et jeunes profès assomptionnistes

DATE: 3 janvier 2003


Chers frères,

Je ne peux, à présent, célébrer la fête de S. Jean sans penser à vous. Encore cette année, j’ai prié d’une façon spéciale pour vous, et je voulais vous écrire, mais le temps me manque. Je suis, en effet, en train de préparer un voyage à Paris puis aux USA, ensuite en Equateur et enfin en Corée. J’aurais beaucoup de choses à vous dire. Depuis ma lettre de l’année passée, nous avons eu plusieurs entretiens (je m’en souviens très bien) en plusieurs endroits du monde (le Brésil, le Mexique, la France, l’Italie, Madagascar…). Et j’ai encore des pensées à partager, mais pour le moment je me retiens.

Par conséquent, je ne pensais pas vous écrire tout de suite, mais hier nous avons célébré la fête des saints Basile et Grégoire de Nazianze. Lorsque j’ai lu le passage suivant dans l’Office des Lectures pour leur fête, j’ai de nouveau pensé à vous. Le texte est extrait d’un sermon dans lequel Grégoire pense à son ami Basile :

Nous étions ensemble à Athènes. Comme le courant d’un fleuve, à partir d’une source unique, se divise en plusieurs bras, Basile et moi, nous nous étions séparés pour aller chercher le savoir dans des régions différentes. Mais nous nous sommes retrouvés comme à la suite d’un rendez-vous, alors que c’était Dieu qui nous menait…

Au bout d’un certain temps, nous nous étions avoué notre passion commune, à savoir que nous n’avions d’ardeur que pour la philosophie. Alors nous fûmes tout l’un pour l’autre ; ayant même toit, même table, même vie, même horizon, unissant chaque jour notre commun désir avec plus de chaleur et plus de force.

Nous étions conduits par les mêmes espérances envers la richesse la plus enviée : la science. Mais il n’y avait entre nous aucune envie, nous ne cherchions que l’émulation. Il y avait lutte entre nous deux, non pas à qui obtiendrait la première place, mais comment chacun la céderait à l’autre. Car chacun considérait l’éloge obtenu par l’autre comme étant le sien.

On aurait cru que nous avions à tous deux une seule âme, responsable de deux corps. Et s’il ne faut pas croire ceux qui prétendent que tout est dans tout, il faut nous croire quand nous disons que nous étions l’un dans l’autre et l’un auprès de l’autre.

Nous n’avions tous deux qu’une seule affaire : la vertu, et notre vie était dirigée vers les espérances futures, pour nous préparer à quitter ce monde en y renonçant déjà.

Cela ne vous rappelle-t-il pas ce dont nous avons parlé l’année passée ? Ce qui me frappe dans ce texte :

La réflexion de Grégoire vaut la peine d’être approfondie, mais je voulais tout simplement y attirer votre attention. Peut-être pourriez-vous en discuter parmi vous ? Peut-être aurais-je la chance d’en parler avec vous prochainement ?

Je suis sincèrement reconnaissant pour la grâce de l’amitié que j’ai pu vivre dans ma propre vie.

Mes meilleurs vœux à vous tous pour le nouvel an 2003. Soyez assurés que je vous porte chacun dans mon cœur et dans ma prière.

Bien fraternellement,

P. Richard

 Page réalisée par D. Remiot
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