Qu'est-ce qu'un bienheureux ?

 Pas de réponse !

Aussi curieux que celaparaisse, il n'y a pas de réponse officielle à cette question dans la législation actuelle de l'Église catholique ! Il y a simplement une pratique, à la fois juridique et liturgique, qui n'est assurée que depuis quelques siècles et que l'ancien Code de droit canonique (en vigueur de 1917 à 1983) énonçait en ces termes: "Les Saints peuvent être honorés en tout lieu et par tout acte de culte; les Bienheureux ne peuvent l'être que dans le lieu et la façon concédée par le Pontife Romain" (canon 1277 § 2).

 "Bienheureux" ou "saint" ?

Jusqu'au XIVème siècle, on employa indifféremment l'un ou l'autre mot, même si le vocable "canonisation" apparaît déjà dans un document de l'an 1016 et si la réserve pontificale pour les canonisations s'affirme progressivement du XIème au XIVème siècle.

Bienheureux, saint ... Les termes ne doivent surtout donc pas cacher ce qui est semblable et essentiel dans les deux cas, à savoir la reconnaissance officielle, par l'Église catholique, qu'un chrétien a aimé et suivi de manière admirable le Christ, le "seul Saint", et sa conviction qu'elle peut dès lors le proposer à l'ensemble du Peuple de Dieu comme modèle et intercesseur?

 La cérémonie de béatification.

Elle se veut certes moins solennelle qu'une canonisation: la mémoire d'un bienheureux n'est pas, comme celle d'un saint, proposée, voire imposée, à toute l'Église universelle. Mais, une fois "élevée sur les autels", la personne béatifiée pourra être célébrée dans un pays, dans un ou plusieurs diocèses, ou au sein d'une congrégation religieuse.

Cette différence de portée ne traduit cependant aucune "différence de degré" dans la sainteté, surtout quand il s'agit de chrétiens qui, tels les trois assomptionnistes bulgares appelés à être béatifiés ce 26 mai 2002, "ont vécu la Passion" - ainsi que l'Église orthodoxe russe appelle les martyrs. Il s'agit, en fait, de deux phases d'un seul et même processus, qui obéit à des règles strictes que Jean-Paul II a réaffirmées dans une Constitution apostolique le 25 janvier 1983.

 Page réalisée par D. Remiot
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