1970

Adresse à Marie

D'abord éducateur dans nos alumnats, le Père René LE BOULLEC devient en 1959 directeur de NOTRE-DAME DE SALUT. Il anime l'Association et l'Hospitalité avec dynamisme et zèle surnaturel. Le pèlerinage de l'Assomption à Lourdes était l'occasion d'exprimer sa dévotion filiale à Marie.

Très sainte Vierge,

comme nous comprenons maintenant que vous soyez venue vers nous, et que nous-mêmes, de partout, par milliers, nous soyons venus vers vous !

Vous avez simplement vu, ô Marie, de par l'amour de Dieu, notre peine, le désordre accumulé en nous par la négligence de tous les jours, le vide de nos cœurs et de nos vies, notre détresse, nos égarements, nos souillures …Vous avez vu le désarroi de notre monde, son incroyance, son insouciance, son inquiétude, ses péchés de toutes sortes, qui sont aussi les nôtres …

Vous avez vu, de par l'amour de Dieu, notre humanité coupable et malheureuse, et malheureuse parce que coupable, son besoin naturel de Dieu, son besoin infini de votre Fils Jésus.

Oh, oui, il fallait que vous veniez, et il fallait que nous venions !

Le savions-nous bien jusqu'à ce soir où nous allions de notre existence, à travers tant de péchés, mais aussi au milieu de tant de doutes, de tant de questions, de tant de lassitudes, de tant de découragements, de tant de révoltes ! C'est si dur quelquefois la vie, c'est si désespérant, dans un monde qui nous paraît si inexplicable et absurde, et qui, pour s'être dérobé à Dieu, ne répond plus aux aspirations les plus profondes de nos cœurs.

Oui, le savions-nous bien jusqu'à ce soir où nous allions ?

Atteints on ne sait comment par l'appel de votre voix, touchés par l'attrait mystérieux de votre présence en ces lieux, nous voici parvenus jusqu'à vous, très sainte Vierge, comme des voyageurs perdus, qui n'en peuvent plus de vivre comme des égarés.

Oui, il fallait que vous veniez, et il fallait que nous venions !

Il fallait ces rencontres intimes et prolongées avec vous. Notre cœur, vous le savez, n'est déjà plus le même au-dedans de nous. Votre présence, ô Marie, nous est toute apaisante, toute purifiante. Elle nous attire auprès de notre Dieu, dans son amour. Nous nous cherchions, et voici que nous nous trouvons dans Celui dont vous êtes la Mère, et que votre mission est de toujours donner : Jésus, dont nous comprenons ici, à votre contact, la parole, quand il dit :

" Je suis le chemin, la vérité, la vie. Qui me suit, ne marche pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. "

Pour cette grâce insigne, Vierge Marie, qui nous ressuscite, laissez-nous vous dire merci.

P. René Le Boullec
Adresse à Marie, 1970

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