Chapitre troisième

Les Supérieurs Généraux A.A.

Galerie des portraits

L’Assomption des hommes existe dans les faits depuis Noël 1845, date de la mise en œuvre effective au collège de Nîmes d’un projet de fondation et d’un noviciat constitué de cinq membres dont le fondateur, le P. d’Alzon. Sur le plan canonique, l’évêque de Nîmes, Mgr Cart, n’autorisa l’émission des premiers vœux annuels qu’à Noël 1850. L’année suivante, à la même date, quatre firent profession perpétuelle, les PP. d’Alzon, Henri Brun, Etienne Pernet et Hippolyte Saugrain, le Frère Victor Cardenne étant déjà décédé.

La question de la nomination du premier Supérieur Général fut présentée au vote du chapitre de 1852. Le P. d’Alzon fut en fait élu à vie par acclamation unanime. Cette disposition allait se maintenir jusqu’au P. Emmanuel Bailly, dernier supérieur général à vie à l’Assomption. Le portrait du Fondateur ainsi que celui de son premier successeur, le P. François Picard, ont été donnés dans le chapitre précédent. Il est inutile d’y revenir ici. Nous donnons pour mémoire ci-dessous la liste des 10 religieux qui ont été mandatés au poste du généralat ou qui ont fait fonction, le cas du P. Maubon présentant en effet une exception notable.


  1. P. Emmanuel d’Alzon (1810-1880), fondateur et premier supérieur général de 1852 à 1880.
  2. P. François Picard (1831-1903), deuxième supérieur général de 1880 à 1903, premier successeur du P. d’Alzon.
  3. P.Emmanuel Bailly (1842-1917), troisième et dernier supérieur général à vie, de 1903 à 1917, deuxième successeur du P. d’Alzon. - L’intérim du P. Joseph Maubon (1849-1932), vicaire général de 1918 à 1923.
  4. P. Gervais Quenard (1875-1961), quatrième supérieur général et troisième successeur du P. d’Alzon, nommé par le Saint-Siège en 1923, élu par le chapitre en 1929 pour douze ans, prorogé de 1941 à 1946, réélu en 1946 pour douze ans, démissionnaire à la fin de l’année 1951.
  5. P. Wilfrid Dufault (1907-...), cinquième supérieur général élu en 1952 pour douze ans, réélu en 1964 pour douze ans, démissionnaire en 1969, quatrième successeur du P. d’Alzon.
  6. P. Paul Charpentier (1914-...), élu en 1969 pour six ans, cinquième successeur du P. d’Alzon.
  7. P. Hervé Stéphan (1925-...), élu en 1975, réélu en 1981, sixième successeur du P. d’Alzon et septième supérieur général.
  8. P. Claude Maréchal (1935-...) huitième supérieur général et septième successeur du P. d’Alzon. Elu en 1987, réélu en 1993.
  9. P. Richard Lamoureux (1942-...) élu en 1999, neuvième supérieur général et huitième successeur du P. d’Alzon.

Quelques remarques ou précisions de chronologie, comparatives ou distinctives, peuvent être apportées sur les personnes et la fonction. L’âge de l’entrée en charge est assez variable, la durée des mandats également:

Le P. d’Alzon, fondateur à 35 ans, a 42 ans en 1852, il assume la fonction sans discontinuer en fait pendant plus de trente ans, record absolu; le P. Picard commence ses fonctions en 1880, c’est-à-dire à 49 ans. La mort l’enlève après 23 ans de généralat. Le P. Emmanuel Bailly est élu en 1903 à 61 ans, indice d’un vieillissement général des responsables dans la Congrégation à cause du système de cooptation, alors que le corps social de l’Assomption n’a cessé de se rajeunir. Son mandat a duré 14 ans, réduction conséquente à l’âge de départ. Le P. Maubon est désigné comme vicaire général en 1918 alors qu’il a 69 ans, effet maximal du système à l’ancienneté pour les charges, qui perdurait à l’Assomption. Le P. Gervais Quenard est nommé à 48 ans, en 1923, il est élu six ans plus tard à 54 ans, en 1929. Sa seconde réélection en 1946 alors qu’il a atteint les 71 ans et qu’il a bénéficié, à cause de la guerre, du système de la prorogation dans la charge manifeste à la fois une stature de Père estimé, mais aussi un non-choix d’avenir de la part des capitulants de 1946. Ses différents mandats composent une durée de presque 29 ans. Le P. Wilfrid Dufault est le premier supérieur général américain et non-français. Jeune Provincial à 39 ans, il est après le P. d’Alzon le plus jeune d’âge à assurer sa succession en 1952 alors qu’il n’a pas encore 45 ans. Ses deux mandats successifs totalisent 17 ans. Le P. Paul Charpentier, élu à 55 ans, n’exerce sa charge que 6 ans. Le P. Hervé Stéphan a 50 ans lors de son entrée en fonction; réélu en 1981, il se maintient 12 ans, durée maximale normale prévue par le nouveau texte des Règles. Le P. Claude Maréchal, également supérieur général pendant 12 ans, est élu en 1987, à l’âge de 52 ans. Quant au P. Richard Lamoureux, deuxième supérieur général américain, il entre en fonction à l’âge de 57 ans en 1999. D’où le tableau comparatif:

P. d’Alzon: 42 ans (1852)
P. Dufault: 45 ans (1952)
P. Quenard: 48 ans (1923)
P. Picard: 49 ans (1880)
P. Stéphan: 50 ans (1975)
P. Maréchal: 52 ans (1987)
P. Charpentier: 55 ans (1914)
P. Lamoureux: 57 ans (1999)
P. Bailly: 61 ans (1903)
[P. Maubon]: 69 ans (1918)

Les variations de durée des généralats s’explique en partie par les traditions ou règles en usage au cours du temps. Le système du généralat à vie jusqu’en 1918 a pour effet de pérenniser un homme dans la fonction, règle d’exception qui peut se concevoir pour un fondateur, mais pose rapidement problème quand elle déborde la période des origines. En 1923, les Constitutions fixent le mandat du généralat à 12 ans, ce qui explique la longévité dans la charge du P. Gervais. A partir de 1969, la législation raccourcit cette durée à six ans avec possibilité d’un renouvellement.

Commençons donc cette galerie de portraits par celui du P. Bailly:

Il n’est pas possible d’évoquer la figure des Supérieurs Généraux de l’Assomption sans rappeler la composition des charges officielles de la Congrégation au cours de leurs mandats, charges confiées aux équipes des différentes curies:

 

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