| Les grands traits de l’histoire de l’Assomption
1° Le temps du fondateur et de la fondation. 2° Le temps de l’entre deux expulsions. 3° Le temps de la dispersion. 4° Le temps incertain de l’épreuve. 5° L’expansion et l’aventure missionnaires. 6° Le mouvement pré-conciliaire et conciliaire à l’Assomption. 7° L’Assomption post-conciliaire. 8° Le temps au présent. 9° En marche vers l’Assomption au 3ème millénaire. 10° L’entrée dans un millénaire neuf.
Pour chaque trait, nous essayons de présenter le cadre ecclésial
du pontificat en cours, un rappel sur la personne en responsabilité générale,
les faits marquants de la vie de la Congrégation, un regard sur
les statistiques et les structures de la Congrégation, une évocation
succincte de quelques religieux. Nous croyons en effet pouvoit résumer
les 158 ans d’histoire de la vie religieuse assomptionniste en neuf
grands traits généraux que nous faisons correspondre volontairement,
mais plus ou moins parfaitement, à une double chronologie:
* La chronologie des généralats dans la congrégation:
1/ 1850-1880;
2/ 1880-1903;
3/ 1903-1917;
4/ 1918-1923;
5/ 1923-1952;
6/ 1952-1969;
7/ 1969-1975;
8/ 1975-1987;
9/ 1987-1999.
* La chronologie des pontificats dans l’Eglise catholique:
1/ 1846-1878: Pie IX;
2/ 1878-1903: Léon XIII;
3/ 1903-1914: Pie
X;
4/1914-1922: Benoît
XV;
5/ 1922-1939: Pie XI;
6/ 1939-1958: Pie XII;
7/1958-1963: Jean
XXIII;
8/ 1963-1978: Paul VI;
9/ 1978-... Jean-Paul Ier et Jean-Paul
II.
Toute vie religieuse est imprégnée fortement par la
vie ecclésiale
et ses grands moments que nous considérerons du point de vue
central de l’unité de l’Eglise, à travers
la fonction pontificale.
1. Le temps du fondateur, le P. d’Alzon, et de la fondation.
Le cadre ecclésial de la vie du P. d’Alzon,
le pontificat de Pie IX:
* Elu en 1846, salué comme un pape libéral, Pie IX, alias
Giovanni Maria Mastai Ferretti (1792-1878), évolue rapidement
en raison des événements politiques en Italie vers une
forme d’intransigeance à l’égard des idées
modernes. On peut considérer le P. d’Alzon comme un des
amis intimes de sa personne et de ses idées. Le P. d’Alzon
l’a rencontré plusieurs fois en audience: 18 mai 1855 à Castelgandolfo,
le 29 mai 1855 à Rome, le 27 mai 1862, le 3 juin 1862 (audience
publique), le 6 juin 1862 (audience privée), le 30 avril 1863,
le 10 nov. 1869, le 28 janvier 1877 et 1er février 1877 (audience)... * La fin des Etats de l’Eglise en 1870, fortement amputés
depuis 1860, correspond à une perte générale de
l’influence politique de l’église dans des pays traditionnellement
catholiques: Italie (1831-1832; 1870), France (1879, 3ème république
fortement anticléricale), Espagne (après la chute d’Isabelle
II en 1868; pendant la flambée anticléricale de 1873-1875),
mais aussi dans certains pays protestants (Suisse: Sonderbund de 1848;
exil de Mgr Mermillod 1873-1883), Prusse (Kulturkampf de Bismarck 1871-1878).
Par contre, l’église catholique trouve une audience nouvelle
dans quelques pays: Irlande 1829; Danemark 1849; Autriche-Hongrie 1849,
Angleterre: mouvement d’Oxford 1850; USA... En Belgique et aux
Pays-Bas, la question scolaire est résolue de façon positive
pour les intérêts de l’église. Par contre,
l’influence morale de l’Eglise ne cesse de grandir avec le
renforcement de l’autorité du pape (Vatican I: 1870), le
développement prodigieux des missions et l’essor des congrégations
de droit pontifical. * Il est à noter quelques grands faits religieux marquants: 1854
dogme de l’Immaculée Conception; 1858: apparitions de Lourdes;
1859: décès de Jean-Marie Vianney et naissance des Salésiens;
1864: le Syllabus; 1870: concile de Vatican I. D’une façon
générale, l’attitude de l’Eglise pendant ce
pontificat est ressentie comme négative par les condamnations
des courants majeurs (libéralisme, socialisme, idées modernes,
rationalisme) et sa position considérée comme de défense à l’égard
du monde. Pie IX meurt largement incompris (7 février 1878). Mais
déjà, sous la plume de d’Alzon, on trouve des accents
en faveur de la béatification de ce pape, proclamée en
l’an 2000. La Congrégation,
la personne du fondateur:
Il ne s’agit pas ici tant de rappeler les traits de sa biographie
largement présentés ailleurs que de dresser les faits marquants
et l’esprit de la fondation assomptionniste en ses origines: * Un fondateur de 35 ans, viganais de naissance (Gard), nîmois
d’adoption et de choix, vicaire général sous quatre épiscopats
successifs: Mgrs de Chaffoy, Cart, Plantier, Besson, au service d’une église
diocésaine , ceci sans faiblir. A lui seul, le P. d’Alzon
assume la continuité de cette vie diocésaine de Nîmes
entre 1835 et 1878; il inspire, avec le concours généreux
de ses premiers disciples, les grandes orientations pastorales de “ses” congrégations:
la conquête de la liberté de l’enseignement, le développement
de fondations religieuses et d’œuvres au tempérament
ultramontain, la perspective apostolique de christianiser toutes les
couches sociales de la population, l’esprit fortement missionnaire. La
congrégation: les faits marquants de la fondation
et des premières implantations:
Il suffit de rappeler brièvement la liste des principaux événements:
* 1845-1850 (naissance de la congrégation, avec prise en charge
d’un collège), 1855 (1ères constitutions, aperçu
général), 1857 (décret de louange), 1863 (2ème
matrice de nos Constitutions), 1864 (approbation), 1865 (fondation des
Oblates), 1869-1870 (participation au 1er concile du Vatican), 21 déc.
1869 dépôt des Constitutions à Rome, 1873 (chapitre
des grandes impulsions apostoliques: presse, pèlerinage, action
sociale, alumnats), 1876 (premier régime de provinces: Paris avec
Picard, Nîmes avec E. Bailly, Andrinople avec Galabert), 1880 (mort
du fondateur). * Les implantations assomptionnistes sont nombreuses si on les compare
au petit nombre de religieux, fondations courageuses mais parfois éphémères:
Nîmes (1838, 1843, 1845: le collège de l’Assomption,
berceau),
Paris (1851-1853, essai d’un collège parisien au faubourg
Saint Honoré),
Mireman (1852-1855, orphelinat agricole, égal. noviciat des frères
convers),
Clichy (1853-1860, second essai de collège à Paris),
Rethel (1858, prise en charge d’un collège dans les Ardennes,
sans succès), 3 mois!
Auteuil (1858-1860, résidence provisoire chez les RA, noviciat),
Australie (1860, première mission lointaine de l’Assomption
1860-1875),
Paris, rue François Ier (1860 acquisition de la bande de terre,
future maison d’œuvres importante 1860-...),
Bulgarie (1862, première pierre de la fondation dite d’Orient
avec deux pôles: Philippopoli en 1863 et Andrinople en 1867. A
partir de 1868, la mission se renforce avec l’arrivée des
premières Oblates),
Le Vigan (1864-1874, premier noviciat constitué),
Alès (1866-1881, première implantation de type paroissial),
en 1869 paroisse St Joseph, en 1876 alumnat,
Arras (1868-1972, prise en charge de l’orphelinat du P. Halluin),
Notre-Dame des Châteaux en Savoie (1871-1900, naissance du premier
alumnat qui va essaimer à Nice, Nîmes-L’Espérou,
Alès, Arras à partir de 1874),
Montmau (1871: essai d’un orphelinat agricole),
Clairmarais (1875, implantation solide d’alumnat qui va être
tête de pont des futurs alumnats dans le Nord de la France: Mauville
en 1879),
En 1880, mort du fondateur et première menace d’expulsion. Vigoureuse sur le plan de l’esprit et des œuvres, la Congrégation
des Augustins de l’Assomption végète statistiquement:
environ 73 membres en 1880, novices compris (43 profès, 15 novices,
quelques frères: répartis en 12 communautés en France
et en Orient. La congrégation est française, avec quelques ‘étrangers’ (bulgares
et orientaux). Malgré cette faiblesse numérique, la congrégation
s’est donné des moyens de gouvernement et d’animation
avec des institutions fortes: généralat à vie, chapitres
réguliers, système de cooptation, grand conseil, assistants
et économat, provinces en 1876. Sur le plan économique,
le régime de vie reste pauvre, mais le soulagement des finances
est réel non pas tant du fait de l’héritage familial
du P. d’Alzon en 1860 (‘martyre des écus’) que
de la prospection d’un généreux réseau de ‘bienfaiteurs’ qui
soutient en particulier l’éclosion des alumnats. |