4. Le temps incertain de l’épreuve.

Le cadre ecclésial du vicariat du P. Maubon:
pontificat de Benoît XV (2ème partie):

* Il n’y a pas grand’ chose à reprendre de ce qui a été dit à propos de ce pape dans la partie précédente, mais peut-être à revenir sur l’importance, à cette heure cruciale pour l’Assomption, de l’œuvre législatrice du Code de Droit canonique, publié en 1917.
* Décidée par la bulle Arduum de Pie X le 19 mars 1904, cette œuvre fut entreprise en fait par le cardinal Gasparri entouré de nombreux collaborateurs, pour être promulguée le 27 mai 1917 par la bulle Providentissima de Benoît XV. Le Code rentra en vigueur le jour de la Pentecôte 1918 (19 mai).

* Il contient 5 livres: règles générales, personnes, choses, procès, peines, en 2414 canons et numérotation continue. Un Motu proprio du 15 sept. 1917 instituait une commission pontificale pour l’interprétation authentique du Code. Promulgué pour l’église latine, il va être abondamment commenté et étudié, en france notamment par Cimetier, Jombart et Naz, auteur d’un fameux dictionnaire. Ses traits marquants sont la souplesse, la sobriété, la réforme dans le sens du droit des personnes.

* Deuxième directive et intuition apostolique du pontificat, traversé par les conséquences de l’après-guerre mondiale, les missions eurent une grande place dans les préoccupations de ce pontificat. En face des nationalismes exacerbés des pays colonisateurs, le pape comprit qu’il fallait assurer l’indépendance ecclésiastique des colonies par rapport à leurs métropoles. Il mit en garde contre le danger de présenter l’action des missionnaires comme un moyen d’expansion nationale au profit de leur pays d’origine. Il trancha par l’affirmative la question de l’établissement de clergés indigènes et ordonna à la Propagande de créer des séminaires régionaux pour former immédiatement ces clergés (encyclique Maximum illud du 30 nov. 1919).

* On ne peut qu’admirer la docilité et la volonté d’obéissance ecclésiales des religieux, dont le P. Maubon, aux directives particulièrement fortes du Saint-Siège pendant toute cette période, qualifiée à l’Assomption d’atmosphère de défaveur romaine’.

Le calendrier des incertitudes et des épreuves ‘romaines’:
le film des difficultés:

* Le 7 février 1918:
Le cardinal Tonti, préfet de la congrégation des religieux, écrit au procureur de la Congrégation, le P. Baudouy, la volonté pontificale de voir réuni un prochain chapitre général dont le but établi consiste à réviser les Constitutions, conformément au nouveau Droit, donc de surseoir aux élections. ‘Ca ne va pas chez vous, il faut arranger vos affaires’.
Le 17 février, le saint Père accorde une audience au P. Maubon: il lui fait état de ‘plaintes venues de religieux’.

* du 21 au 28 avril 1918:
A Notre-Dame de Lumières, se déroule le XVIIème chapitre général A.A.: le travail est réparti en 10 commissions.

* 16 décembre 1918:
Le P. Raudouy remet au Saint-Siège le texte imprimé des Cons-titutions, accompagné d’un long rapport. Un résumé en est également présenté au cardinal protecteur, le cardinal Vannutelli. Il lui adjoint 7 lettres de recommandation de cardinaux, 29 lettres d’évêques français et 20 autres d’évêques non français. Deux jours avant, une audience était accordée au P. Maubon le 14 décembre 1918, le pape fit une allusion à 3 points qui font difficulté: généralat à vie, division de l’Institut en régions et non en provinces, composition non élective du chapitre. D’après le rapport, on sait que la Congrégation compte à cette date 543 profès, 51 frères convers et 52 novices.

* 31 mars 1919:
Une nouvelle audience est accordée au P. Maubon. L’entretien fait allusion aux différents apostolats de l’Assomption et aux pourparlers avec la France.

* 11 novembre 1919:
Une nouvelle audience du pape est encore accordée au Père Maubon et au P. Ernest Baudouy.

 

Vers le texte précédent
Retour à la table des matières
Vers le texte suivant

 Page réalisée par D. Remiot