8. Le temps au présent (1975-1987):
douze années proches
Le cadre ecclésial de ces vingt dernières années:
Les années 1975 à 1987 forment 12 ans d’une vie
ecclésiale riche et mouvementée, due particulièrement
au changement de personnalités des papes en fonction. L’année
1978, dite année des trois papes (Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul
II), est à marquer d’une pierre spéciale puisqu’elle
vit la réunion de 2 conclaves présidés par le cardinal
Villot, lui-même décédé le 9 mars 1979.
Le pontificat de Jean-Paul Ier, un des plus courts de l’histoire
(33 jours) n’a laissé à celle-ci que le temps d’un
sourire: né le 17 octobre 1912 à Canale d’Agordo,
Albino Luciani est prêtre en 1935, professeur de séminaire
puis vicaire général
du diocèse e Belluno. Sacré évêque de Vittorio
Veneto par Jean XXIII le 27 décembre 1958, il devient archevêque
patriarche de Venise en 1969, fait cardinal le 5 mars 1973. Elu pape le 26
août
1978, accueilli de façon sympathique par l’opinion universelle,
il est trouvé mort au matin du 29 septembre 1978, ce qui donna lieu à des
rumeurs et écrits fantaisistes1.
Le second conclave de 1978 porte au pontificat le 16 octobre un cardinal
polonais Karol Wojtyla, âgé de 58 ans, une première
dans l’histoire
de l’Eglise catholique. Né le 18 mai 1920 à Wadowice
(Cracovie), prêtre le 1er novembre 1946, évêque titulaire
d’Osubi
le 4 juillet 1958, archevêque de Cracovie le 13 janvier 1964, cardinal
le 26 juin 1967, il prit le nom de Jean-Paul II2. Depuis 1522, c’est-à-dire
l’élection du hollandais Adrien Florensz d’Utrecht,
c’est
toujours un italien qui devenait pape. Homme sportif, polyglotte, intellectuel,
de grande sensibilité spirituelle et mariale, il fait entrer la ‘polnitude’ au
Vatican, internationalise fortement la Curie et le Sacré-Collège.
Son pontificat le révèle aussi homme de foi et de doctrine
(nombreuses encycliques), homme chaleureux dans le contact, à l’aise
dans sa fonction, innovateur dans le style (secrétaires particuliers,
participation d’invités à ses messes privées,
longues audiences publiques et homélies, collégialités
cardinalice et synodale) et avide de communiquer (nombreux voyages à l’étranger).
L’Amérique centrale reçoit sa 1ère visite (déc
1979- janvier 1980), la Pologne une 1ère fois en juin 1980, l’Irlande,
les USA, la Turquie en 1979, l’Afrique en mai 1980. La France l’accueille
une 1ère fois en mai-juin 1980, fait nouveau depuis 1802; l’Extrême-Orient
en février 1981, l’Espagne fin oct. début novembre
1982... En juin 1992, nous en sommes au 54ème déplacement
hors d’Italie.
La chronique retient aussi une spectaculaire rencontre inter-religions à Assise
(octobre 1987).
Pape atypique et inclassable, parfois soupçonné en Occident d’opérer
un recentrage ecclésial par le choix de nominations épiscopales,
par une réaffirmation toute traditionnelle de la doctrine, il n’en
condamna pas moins le schisme de Mgr Lefebvre (juillet 1988). Victime d’un
attentat sur la place Saint-Pierre (13 mai 1981), il rendit visite au meutrier,
le turc Ali Agca (27 décembre 1983) pour lui exprimer en personne son
pardon. Le 13 avril 1986, pour la première fois dans l’histoire,
le pape rendit visite aux juifs de Rome dans leur synagogue et le premier décembre
1989, il reçut au Vatican le président soviétique Mikhaïl
Gorbatchev, acteur de la perestroïka et de la glanost. On peut affirmer
sans se tromper que par l’ action inlassable de Jean-Paul II en faveur
des droits de l’homme dans le monde, le pape se trouve être en
partie à l’origine de la chute de l’esprit et du mur de
Berlin (années 1989-1990), mettant fin à l’ère du
communisme étatique. L’œcuménisme avec le monde orthodoxe
dût-il en souffrir, Jean-Paul II se montre soucieux de protéger
les droits des minorités catholiques en Europe centrale et orientale:
rétablissement des hiérarchies, reprise des liens diplomatiques
avec les ex-pays communistes, voyages en Hongrie, Tchécoslovaquie, Grèce
et Bulgarie.
Aspect non négligeable de dix ans de pontificat (1978-1988),
Jean-Paul II avait déjà à cette dernière
date canonisé 254 bienheureux et béatifié 300 serviteurs
de Dieu. En octobre 2002, les chiffres sont montés à 465
canonisations et 1300 béatifications.
La marche de la Congrégation pendant le premier mandat
du P. Stephan:
Le chapitre général de 1975 donne à l’Assomption
un visage en partie renouvelé et rajeuni six ans seulement après
les modifications de structure liées à l’aggiornamento
conciliaire de 1969. Le P. Charpentier ne souhaitant pas un second mandat,
est élu général le 21 avril 1975 le P. Hervé Stéphan (50 ans); le 21 avril est décidé le nombre de 5 assistants.
Sont élus: les PP. Dionisio Solano, vicaire général
et procureur (58 ans), le P. François Péjac (45 ans), le
P. Noël Bugnard, assistant secrétaire général
(56 ans), le P. Thomas de Leeuw (56 ans) et le P. Joseph
Loiselle assistant économe
général (46 ans). Volontairement réduite puisqu’elle
cumule charges et offices, cette équipe se veut d’abord
communauté d’animation pour mettre en œuvre le programme
fixé par le chapitre. Elle se complète à Rome avec,
sur place, 6 autres membres: PP. Pierre Touveneraud archiviste postulateur,
Daniel Stiernon professeur, François Bernard correspondant du
journal La Croix à Rome, Antonino-Maria Corpacci, FF.
Jean L’Heureux économe
local (remplacé par le fr. Richard Mandeville en sept. 1977) et Emmanuel
Abarnou, secrétaire technique.