10. L’entrée dans un millénaire neufUn calendrier chargé, fort de symboles: Le calendrier assomptionniste en cette fin de siècle et de millénaire a un peu anticipé sur le calendrier de l’ère chrétienne. Du 2 au 21 mai 1999, s’est tenu en effet à Rome le 30ème chapitre général de l’Assomption alors qu’allait s’ouvrir quelques mois plus tard, en décembre, l’année jubilaire 2000, une façon pour l’Assomption de recevoir la grâce des changements à vivre dans la fidélité et la conversion. Au cœur du mois de mai, le 11 exactement, est élu le P. Richard Lamoureux, nouveau supérieur général, américain USA. Une nouvelle curie généralice est très vite constituée, avec deux ‘anciens’, les PP. Bernard Holzer, français, et Marcel Poirier, canadien-québécois, et deux ‘nouveaux’: les PP. René Mihigo Marhegane, premier congolais assistant général, et Julio Navarro Roman, chilien. Le caractère international de la Congrégation en est accentué. L’âge moyen, 52 ans et demi, reflète modérement le vieillissement de l’ensemble de la famille, plus accentué dans l’hémisphère Nord, il est vrai, que dans l’hémisphère Sud où l’accueil de vocations se poursuit avec une belle régularité depuis les années 1980. C’est cette équipe généralice qui reçoit la charge de faire entrer toute l’Assomption dans une double célébration d’envergure, celle du jubilé de l’an 2000 et celle des 150 ans officiels de la Congrégation. Très vite un ton nouveau est donné: le renforcement du caractère international par la traduction systématique de tous les écrits émanant du centre dans les presque 5 langues officielles1 , une définition plus collégiale des tâches d’animation, une adaptation plus réaliste des structures. La Vice-Province du Brésil passe au statut désiré de Province (1999) tandis que la Province d’Angleterre, née ne 1946, accepte d’être rétrogradée au stade de Région de la Province de France (2000). Les Vice-Provinces en France, supprimées pour être réunies dans le cadre d’une seule Province (1999), ont fait le deuil non d’une représentation surnumérique quand celle-ci était comparée à la loi d’airain des chiffres, mais à une estimation plus sage des forces vives, compte tenu de la pyramide des âges. Ce premier amenuisement du nombre des Provinces ne semble qu’un préambule et l’idée se dessine de regroupements structurels continentaux mieux adaptés. Evolutions en cours: Parcourant la planète assomptionniste, le P. Richard Lamoureux prend sur le terrain la mesure des attentes, des besoins et des réalités de la Congrégation. L’une après l’autre, Province, Vice-Province ou Région reçoivent sa visite, perçoivent davantage aussi la mesure des défis qui sont à relever, élaborent des projets de Province suite à leurs chapitres d’application, envisagent des solutions d’avenir. Une façon de préparer cet avenir, sans subir le présent. Le jeu des échéances du calendrier a conduit à un renouvellement partiel des mandats de provinciaux: en juin 1999, sont nommés le P. André Antoni, 40 ans, à la tête de la Province de France, reconduit en 2002, le P. Arnold Castro, 59 ans, Provincial de Belgique-Nord, reconduit pour un an en 2002, le P. José-Géraldo Da Cruz, 58 ans, à la tête de la toute neuve Province du Brésil, reconduit dans sa charge en 2002, le P. John Franck, 52 ans, reconduit en 1999 à celle d’Amérique du Nord, renouvelé en 2002, le P. Jean-Marie Denis, 60 ans, à celle de Belgique-Sud, qui sera remplacé en 2002, et le P. Manuel Martinez Alaminos, 51 ans, à la tête de la Province d’Espagne, renouvelé dans ses fonctions en 2002. Célébrations et événements en l’an 2000: L’imminence de l’Année Sainte et de la célébration
des 150 ans de la Congrégation détermine pour une part
l’agenda de la Curie: le 21 novembre 1999 mobilise l’Assomption
pour un triduum de prières pour les vocations. En la nuit de Noël
2000, tous les religieux ont été invités à renouveler
leurs vœux en union avec les membres du Conseil général
réunis à Nîmes sur le tombeau du fondateur. De partout
ont fleuri, tout au long de cette année-mémoire, livres,
films, conférences, expositions, visites, rencontres des cinq
derniers Supérieurs Généraux à Paris (mars
2000), pèlerinages, messes télévisées, pièces
de théâtre, disques CD, autant d’initiatives qui attestent
la vitalité et la variété d’expression du
corps tout entier avec pour toile de fond la rencontre des Journées
Mondiales de la Jeunesse en plein été à Rome auxquelles
a participé une délégation nourrie de jeunes draînés
par les familles religieuses de l’Assomption (août). A été programmé pour
novembre 2000, à Valpré, un colloque sur l’aventure
missionnaire assomptionniste lequel tient ses promesses de visiter en
quelques jours toute l’histoire de la Congrégation. La joie
de toutes ces célébrations est assombrie par les continuels
témoignages de guerre ouverte au Congo qui ne cessent de désoler
cet immense pays depuis 1997 et frappent à maintes reprises plusieurs
communautés locales. En octobre 2000 disparaît un grand
serviteur de l’Eglise au Congo et un ami très aimé de
l’Assomption, Mgr Emmanuel Kataliko, archevêque de Bukavu,
qui avait succédé en 1966 au siège de Mgr Piérard,
Butembo-Béni. C’est le deuxième évêque
cher à la famille de l’Assomption qui est rappelé en
cette année jubilaire, Mgr Cristea, évêque des Roumains
de la diaspora, étant décédé en janvier 2000,
après une longue retraite. D’Asie parvient une bonne nouvelle:
grâce aux communautés des Religieuses de l’Assomption,
des jeunes du pays s’intéressent à la vie assomptionniste
et le premier d’entr’eux, Ricky Montanez, gagne le collège
de Worcester en août 2000 pour une approche concrète des
réalités de la vie religieuse. Ce serait pour l’Assomption
une troisième porte d’entrée en Asie, l’une
en mouvement, la Corée qui espère un enracinement avec
un candidat du cru, Joseph Baïk-Ho,les deux autres encore en espérance,
le Vietnam et les Philippines. Parmi le train des nominations en l’an
2000, relevons le choix du Père Jean-Marie Meso Paluku comme provincial
d’Afrique, [son compatriote P. Kanyororo relevé n’ayant
pas été appelé à bisser], et le renouvellement
pour un 4ème mandat du P. Mart Lemmens aux Pays-Bas, signe d’un
essoufflement évident de l’Assomption au pays des tulipes.
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