3. Le temps de la dispersion: le P. E. Bailly.
Le cadre ecclésial de la vie du P. E.
Bailly:
pontificats de Pie X et Benoit XV (1ère partie): * Elu pape le 4 août 1903, Giuseppe Melchiore Sarto (1835-1914), prit le nom de Pie X après avoir connu la vie de prêtre (Salzano), d’évêque (Mantoue 1884-1893) et de patriarche de Venise (1893-1903). Connu comme intransigeant, lecteur du cardinal Pie, de tempérament pastoral et peu politique, d’esprit plus pratique que spéculatif, il donna à son action pontificale l’allure d’une très nette ‘défense’ catholique contre les ouvertures ou les modernités du pontificat précédent. Issu de milieu populaire, il resta fidèle à des modèles sociologiques et ecclésiologiques certainement dépassés. Mais en certains domaines (liturgie, eucharistie, droit canon, curie), ce traditionaliste sut être un véritable précurseur, s’entourant de collaborateurs efficaces, vertueux mais parfois d’esprit étroit: Merry del Val, Segna, Oreglia, de Lai. Béatifié en 1951, canonisé en 1954, ce pape est fêté le 3 septembre. On a pu dire de lui qu’il avait une volonté forte et une autorité faible. * Son pontificat est fertile en encycliques sévères: condamnation du Sillon, démocratie chrétienne de Marc Sangnier, condamnation de la séparation Eglise-Etat, accomplie en France en 1905 et au Portugal en 1910 (Gravissimo officii; Vehementer nos: 1906), condamnation aussi du modernisme; de 1903 à 1907 se succédèrent des mises en garde solennelles (décret Lamentabili 1907; encyclique Pascendi 1907); de nombreuses mesures de la Commission biblique, renforcées par certains procédés d’espionnage, sont prises au détriment de la recherche intellectuelle. En 1914, 7 livres de Maurras, théoricien de l’Action française, sont condamnés mais le jugement n’est pas publié. * Les relations entre le P. E. Bailly et Pie X ne manquèrent ni de chaleur ni de fréquence: l’état d’esprit des deux hommes vibre à l’unisson des mêmes valeurs, des mêmes appréciations. Le P. Bailly mèna le même combat anti-moderniste dans les maisons d’études de l’Assomption; sa conception de l’autorité et de la hiérarchie relèvait des mêmes analyses et se référait aux mêmes modèles. Il est juste de dire aussi qu’un temps de décantation des revendications de l’esprit moderne était plus que nécessaire pour trouver un compromis acceptable dans des questions très controversées, très difficiles et très mêlées. * La 1ère partie du pontificat de Benoît XV (1914-1922), élu pape le 4 septembre 1914, de son nom Giacomo della Chiesa (1854-1922), correspond aux années terribles de la 1ère guerre mondiale. Il exhortait vainement les peuples christianisés à la paix, il offrit sans résultat ses bons offices de médiateur. Dans l’opinion française, il fut regardé comme un ‘pape boche’, dans l’opinion allemande comme un pape francophile! Il renouvela la condamnation du modernisme sans verser dans l’intégrisme, promulgua le Code de Droit canonique (27 mai 1917), encouragea les missions à se libérer de toute sujétion nationaliste (Maximum illud 1919) et s’intéressa beaucoup à l’œcuménisme naissant (Conférences de Malines 1921; encyclique Catholicæ Ecclesiæ 1916). Il créa une Congrégation pour les Eglises orientales en 1917 et un Institut Pontifical Oriental. Son pontificat fut marqué par de grands bouleversements: la révolution russe (1917), des mouvements nationalistes virulents, les apparitions de Fatima (1917), la conclusion de nombreux concordats par le cardinal secrétaire d’Etat Gasparri. L’attitude opposée de l’Italie, dès son entrée en guerre en 1915, interdit au Saint-Siège de participer aux négociations de l’après-guerre. Vu les événements et les orientations de ce pontificat, on ne peut pas dire que les relations entre le pape Benoît XV et le P. Bailly aient été privilégiées, comme elles avaient pu l’être auparavant, malgré les marques officielles contenues dans les Collectanea... * Un élément serait également à dégager pendant cette période, le rôle et le soutien du cardinal ‘protecteur’: le cardinal Vincenzo Vannutelli, cardinal de curie, protecteur de l’Assomption de la fin du XIXème siècle, depuis 1893 jusqu’à sa mort en 1930. Le rôle du ‘cardinal protecteur’ consistait alors à promouvoir le bien de la Congrégation désignée par des conseils et par son patronage: appui de suppliques, demande de faveurs, charge d’exécution des rescrits adressés à l’Institut. Retenons quelques éléments de la biographie de ce premier cardinal protecteur de l’Assomption qui joua un grand rôle dans la reconnaissance de son apostolat oriental: Né le 5 décembre 1836 à Genazzano, délégué apostolique à Constantinople le 20 janvier 1880, nonce à Lisbonne en 1889, cardinal en 1889, préfet de congrégations romaines, doyen du Sacré Collège en 1915 (doyen de préséance, d’âge et de nomination cardinalice: cardinal d’Ostie et évêque de Palestrina), préfet de la Consistoriale, décédé le 9 juillet 1930. |