Elpide (Iannis) STEPHANOU
|
Religieux grec de la Province
de France, fondateur des Sœurs de la Croix. Un pilier de l'Assomption grecque. Iannis Stephanou est né en Grèce, dans une île des Cyclades, Syra, à Anachora, le 8 janvier 1896. Il est baptisé quelques jours plus tard en l'église de Saint-Sébastien. Il fait 5 ans d'études primaires à Hermoupolis, chef-lieu de Syra. En septembre 1908, il part pour Constantinople. Dans le vieux quartier de Stamboul, près de Sainte-Sophie, les Assomptionnistes ont fondé, quelques années plus tôt, un petit séminaire où de jeunes adolescents font des études secondaires en grec et en français. Iannis y reste jusqu'en 1914. La première guerre mondiale oblige les religieux à quitter la Turquie et à demander asile en Grèce. Mgr Louis Petit, archevêque latin d'Athènes, assomptionniste, cède provisoirement aux religieux une propriété de l'archevêché à Héraklion, à 12 km d'Athènes, où les jeunes peuvent continuer leurs études. Malgré les difficultés et l'atmosphère de guerre, cinq parmi eux réussissent à les terminer. Le 23 novembre 1916, le P. Emmanuel Bailly donne l'habit religieux au noviciat de Lumières (Vaucluse) à Iannis qui devient le Frère Elpide. Ce dernier prononce ses premiers vœux à Lumières le 29 novembre 1917. Au mois de juillet 1918, il est rappelé en Grèce pour ses obligations militaires qu'il accomplit en Grèce du Nord, à Athènes puis en Asie Mineure pendant 4 ans. Pendant son séjour à Athènes, il a l'occasion de rendre visite au séminaire d'Héraklion et d'y rencontrer Georges Sommaripa, le futur Père Théoctiste. En 1922, le Frère Elpide et le Frère Nicéphore Dounavis peuvent se rendre à l'abbaye de Saint-Gérard en Belgique. Ils gagnent en 1923 la communauté de Taintegnies pour une première année de philosophie, la seconde se faisant à Louvain. C'est dans cette dernière ville qu'il peut accomplir tout son parcours théologique. Profès perpétuel depuis le 13 septembre 1924, le Frère Elpide est ordonné prêtre le 29 juillet 1928. Après son ordination, il est envoyé à Kadi-Keuï (Constantinople, rive asiatique) où il va rester jusqu'en 1935. Il travaille à la bibliothèque byzantine fondée par le P. Louis Petit, collaborant aux Echos d'Orient. Depuis 1934, quatre religieux grecs, les PP. Athanase Raymoundos, Basile Roussos, Nicéphore Dounavis et Théoctiste Sommaripa, se sont installés à Athènes, à la rue Heptanissou. Ils ont pour activité l'aumônerie des Frères des Ecoles chrétiennes, des Sœurs de Saint-Joseph (Le Pirée), des Frères Maristes à Patissia et Heraklion. Le 3 octobre 1935, le P. Elpide arrive à son tour à Athènes, comme supérieur. Il a la joie de pouvoir fonder un petit alumnat-séminaire dont un des premiers élèves est le jeune Antoine Varthalitis, devenu archevêque de Corfou. En 1938, le P. Elpide a l'intuition de fonder une Congrégation féminine qu'il nomme Sœurs de la Croix (1). Durant tout son séjour à la rue Heptanissou, il a en charge la construction de la chapelle Sainte-Thérèse et l'animation spirituelle de sa fondation religieuse. A partir de 1965, après une courte responsabilité de supérieur régional en Orient, c'est chez elles qu'il demeure de façon permanente. L'action apostolique du Père Elpide s'est étendue non seulement au diocèse d'Athènes, mais encore au bénéfice de toutes les communautés catholiques de Grèce. Il rend en particulier de grands services à la hiérarchie catholique grecque par ses profondes connaissances théologiques, donnant de nombreuses retraites aux communautés religieuses et au clergé diocésain. Il participe à la préparation du concile Vatican II, entretenant de bonnes relations avec plusieurs métropolites et théologiens orthodoxes qui l'estiment grandement à cause de son esprit de dialogue et de ses dispositions spirituelles. Le 4 janvier 1978, le P. Elpide meurt à la communauté athénienne des Sœurs de la Croix, rue Aghia Paraskevi, après une longue maladie qui pendant plus de trois mois l'a obligé à rester alité. Il s'éteint comme une chandelle consumée. Une heure auparavant, le P. Jean Gad a célébré l'Eucharistie dans la chambre du malade, unissant tous les amis du Père dans cette assemblée priant pour leur directeur spirituel. (1) Dizionario degli Istituti du perfezione, Roma, t. IX (1997), col. 240 (Stephanou) et t. VIII (1988), col. 649 (Sœurs de la Croix). |
Athènes,
1961. « On vient de m'annoncer la prochaine session plénière de notre commission préparatoire des Eglises Orientales pour le 22 juin. Elle se prolongerait jsqu'au 1er juillet. Si la Congrégation accepte de me payer les frais de voyage, je m'y rends, mais je n'ai pas bougé pour les sessions de février et d'avril, me contentant de répondre par écrit aux questions posées. Je ne veux pas faire porter les frais de voyage à la communauté d'Athènes. L'église en construction absorbe toutes ses économies. Nous sommes en train de résoudre le problème de l'étanchéité de la crypte qui a été envahie par l'eau en octobre dernier et transformée en bassin. La municipalité d'Athènes nous a permis de canaliser les eaux dans les égoûts environnants et ces jours-ci les ouvriers ouvrent une tranchée profonde tout le long de la rue Heptanissou. Le travail ne tardera pas à être fini et nous sommes enchantés de pouvoir enfin redevenir les maîtres de notre crypte. Le seul problème, c'est de savoir qui, sainte Thérèse ou sainte Rita, a fait le miracle. Si l'Imitation ne défendait pas expressement de comparer les saints du ciel, je serais tenté de pencher plutôt en faveur de sainte Rita, la sainte des impossibles ». |
Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 52. Lyon-Assomption, février 1978, n° 58, p. 11-12. Lettre du P. Elpide Stephanou au P. Wilfrid Dufault, Athènes, le 31 mai 1961. Dans les ACR, du P. Elpide Stephanou, correspondances (1918-1968), rapports sur Athènes (1962-1963), sur l'Assomption en Grèce (1952,1957,1962-1963), sur des événements importants de l'Eglise orthodoxe grecque, des rencontres œcuméniques, la Conférence panorthodoxe de Rhodes (1964), le 11ème centenaire des sts Cyrille et Méthode (1967), l'alumnat d'Athènes (1937, 1960), sur les publications grecques des religieux assomptionnistes (1946). Le Père Elpide a donné de nombreux articles d'information, notamment dans les deux revues: Missions des Augustins de l'Assomption et L'Assomption et ses Œuvres. L'Assomption en Grèce: Missions des Augustins de l'Assomption, 1952, n° 18, p. 52-56 et 1955, n° 34, p. 76-77.. |