Ratio Intitutionis

III – Le post-noviciat (RV 147-158, 199-200.)

93. L'étape du post-noviciat doit préparer à l'engagement définitif devant Dieu dans la Congrégation par une vie communautaire pleinement partagée. Elle doit permettre au profès de compléter sa connaissance du Père d’Alzon, de saint Augustin et de l'Assomption. Elle est une période d'intégration progressive dans la vie de la Province, de la Congrégation et de la grande famille de l'Assomption.

94. En entrant à l'Assomption, le jeune religieux se donne un guide : le Père d’Alzon. Il choisit un chemin d'Évangile : la Règle de vie. Il s'intègre dans une famille religieuse qui a un passé, un esprit, une vocation reconnue par l'Église et une mission actuelle dans le monde. Il engage toute sa vie et toute sa personne dans une famille qu'il apprend à aimer.

Objectifs

95. Le post-noviciat sera essentiellement pour le religieux une période :

- d'unification de sa vie. En partageant la vie religieuse, communautaire et apostolique de l'Assomption, c'est toute sa personne, sa vie, ses possibilités, ses projets que le jeune religieux consacre au Seigneur ;

- d'intériorisation et d'approfondissement tant de sa foi en Jésus-Christ, exprimée par l'engagement des vœux et vécue en communauté, que de sa vie affective et relationnelle ;

- d'assimilation et d'appropriation du charisme et de la mission de la Congrégation.

Mise en oeuvre

Ces objectifs, impliquent :

96. - de la part du profès,

Chaque année le profès temporaire établira, avec son formateur, un programme de lectures et de travaux de synthèse, de réflexion ou de recherche, pour compléter sa connaissance du Père d'Alzon, de la spiritualité et de l'histoire de l'Assomption.

97. - de la part de la Congrégation,

98. Lors de chaque renouvellement des vœux, le profès présentera son auto-évaluation au formateur et à la communauté. À cette occasion, il élaborera un projet de vie pour l'année qui suit.

99. Pour la Profession perpétuelle, une relecture de toutes les évaluations depuis la première Profession l'aidera à mûrir sa décision et à affronter les questions qui demeurent.

Dimensions fondamentales

Homme de foi

100. Il importe que la vie du profès soit centrée sur le Christ, nourrie de foi et de prière. Suivre le Christ implique une rencontre quotidienne avec lui, car il n'y a pas d'autre raison à son engagement que le Christ et son Évangile, et il ne faut pas espérer trouver un autre lieu de ressourcement que la prière.

101. L'expérience de Dieu n'est pas faite une fois pour toutes. Elle doit s’approfondir tous les jours, sinon elle manque de racines et reste superficielle. Durant la période du post-noviciat, le profès intériorisera tout l'acquis antérieur en développant le sens du recueillement et de la créativité.

Il importe que le profès s'impose :

102. Plus que pendant le noviciat, sa vie est sollicitée par des occupations multiples et menacée de dispersion. Dans la prière peut se réaliser l'unification de tous les moments et de toutes les occupations qui font la trame de sa vie. Pour réaliser cette unification, il fera sienne la prière de l'Église, même quand elle n'est pas assurée par la communauté, exprimant ainsi qu'elle est une responsabilité personnelle ; il fera passer toute sa vie dans la prière et sa prière dans sa vie ; il cherchera à relire ses études, ses expériences apostoliques, ses relations, à la lumière de l'Évangile, car tout ce qu'il est et fait doit devenir expérience de Jésus-Christ, étudié, contemplé, aimé, imité.

103. La période du post-noviciat confortera le profès par des joies et des réussites, mais elle le confrontera aussi aux conflits et aux épreuves inéluctables, conditions de sa croissance en Dieu. Il importe qu'il rende grâce pour ce que le Seigneur accomplit dans sa vie et qu'il se redise les raisons qui justifient sa persévérance dans la prière : l'appel à s'identifier à Jésus-Christ, ce qui suppose une relation personnelle, et l'exigence de la mission, car on ne peut donner que ce que l'on a reçu.

104. C'est par sa fidélité quotidienne, dans le silence de sa prière, dans son écoute du Seigneur, que le jeune profès trouvera la force de prendre un engagement définitif. C'est par la qualité de son expérience de Dieu qu'il deviendra peu à peu « homme de foi et homme de son temps », « témoin de l'amour du Père et solidaire des hommes ».

Religieux vivant en communauté apostolique

105. La formation à la vie communautaire est progressive, lente, difficile. Elle est à poursuivre toute la vie. Elle exige de chacun une conversion quotidienne pour surmonter conflits et tensions. La participation active du jeune profès à la vie de communauté est un élément essentiel de sa formation. La communauté devra être :

À la suite du Christ, pauvre, chaste et obéissant

106. Le post-noviciat est un temps d'approfondissement humain et spirituel qui doit préparer le profès à un engagement définitif. Cet engagement comporte les aspects suivants :

Pauvreté religieuse

107. Il y a lieu d'insister sur :

Chasteté

108. "Aimer et être aimé", c'est la vocation de l'homme. La capacité d'aimer, pour rester orientée vers l'essentiel, a besoin d'être éduquée. Elle implique :

Obéissance religieuse

109. Par le vœu d'obéissance, le profès se met dans une attitude d'écoute (ob - audire) de l'Esprit et de ses frères avec lesquels il s'engage à être solidaire. Il développera particulièrement :

Apôtre pour l'avènement du Royaume

110. Le post-noviciat est la période durant laquelle le profès doit participer au projet et aux orientations apostoliques de la Province et de la Congrégation dans sa diversité et préciser progressivement avec les responsables ses propres terrains de mission.

111. La mission requiert une formation adaptée durant toute la période du post-noviciat. Cette formation doit aider le profès à connaître ses capacités apostoliques réelles. Elle se fera par :

S'il importe, au cours de cette période, d'avoir une activité consistante, il est tout aussi important d'acquérir des attitudes apostoliques, et pour les vérifier, d'avoir des instances d'accom­pagne­ment.

112. La mission exige des qualités telles que le sens de l'Église, la capacité d'initiative et de travail en équipe, spécialement avec des laïcs, le partage apostolique en communauté, la disponibilité, la capacité d'adaptation, la confrontation dans le dialogue des préférences personnelles avec les orientations de la Congrégation et de l'Église (RV 20).

113. La mission requiert un engagement apostolique effectif, une participation concrète à la vie apostolique de la communauté, des engagements et des stages, décidés d'un commun accord avec le responsable de la formation.

La participation à la mission apostolique de la communauté doit permettre au profès de rencontrer chez ses frères le témoignage :

115. Afin d'être un homme de son temps, en lien avec des mondes et des cultures différents, le candidat ou le religieux en formation aura l'opportunité d'un séjour prolongé dans une communauté assomp­tionniste hors de son pays.

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 Webmestre: D. Remiot