Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

Inscrivez-vous à l'info-lettre

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Samedi 15 juillet

Print
Dans son célèbre roman d’anticipation « 1984 », Georges Orwell évoque unenovlangue (nouvelle langue) aux accents tantôt inquiétants, tantôt prometteurs.

Pour mieux prendre le chapitre au mot

Dans son célèbre roman d’anticipation « 1984 », Georges Orwell évoque unenovlangue (nouvelle langue) aux accents tantôt inquiétants, tantôt prometteurs. Isabelle Jarry dans une émission de la radio France Culture en tirait quelques conclusions pour aujourd’hui, puisées dans les médias, comme ailleurs : « Orwell disait que [...] le langage qui est parlé à la télé, qu'on entend à la radio, qui est utilisé dans la presse, est finalement un langage qui oriente votre pensée. Faites attention à la façon dont vous parlez, faites attention aux mots qui vous sont répétés. Et j'aime beaucoup cette idée que tout peut finalement passer par le langage et qu'on peut vous décerveler complètement : non pas en vous racontant des histoires, mais en utilisant les mots dans un sens qui pervertit la langue et qui lui donne un pouvoir sur la liberté de l'individu. »

Que faut-il en tirer concernant la langue capitulaire utilisée au fil de la seconde session de juillet ? Un premier sondage, réalisé avec l’équipe technique, dans les textes et les débats du chapitre, laisse entendre du nouveau et du classique. Parmi les plus inattendus de ces mots pour le dire est venu, dans les couloirs, alors que le vin nouveau coulait dans les votes et les nominations : l’adjectif « disruptif. » Comme son nom l’indique, on y entend une innovation marquant une rupture. Chacune et chacun évaluera où se situe la rupture initiée dans cette session. Une fois constaté ce climat général, le dictionnaire de la novlangue 2017 de la session du chapitre d’Europe est fourni. Comme ce souci, ce leitmotiv, de mise en réseaux, de connections. Pas facile, a-t-on reconnu. Peut mieux faire, mais nous n’avons pas le choix a-t-on décidé. Les mots s’imposent encore : comme ce souhait de promouvoir la subsidiarité et de la diversité (parfois bio) avec force délégués et impératif de l’unité, expression du charisme renouvelé. Sans oublier au titre des mots favoris l’omniprésence de celui de forum, pour « Commencer à réfléchir » et éviter cette « alter congrégation » qui pourrait nous menacer. Toutes et tous se voulant apôtres. Pour eux-mêmes et dans leurs apostolats.

Au registre des nouvelles réalités, voici encore le mot de visitation. Ainsi utilement défini par notre lexicographe et pourvoyeur de virgules, Sylvain Gasser : « La visitation signifie valider une attente, un désir et raconter ensemble nos histoires, le récit de nos vies. En même temps, la visitation doit susciter un chemin, une ouverture, un élan nouveau. » On pourrait retenir aussi le mot de vicariat. Au final, le pape François apparaît comme un inspirateur de nombre de citations utilisées dans les textes des commissions et débats. Avec une intention particulière pour le mot de « polyèdre » qui incarne une représentation nouvelle du monde et de la congrégation. Cette forme géométrique qui présente plusieurs dimensions, des points forts. Mieux que le cercle. Plus question de tourner en rond. Et si on nous prenait au mot !

Fr. Robert Migliorini

Télécharger l'info-chapitre n°6

Télécharger l'info-chapitre n°6 (version espagnole)